L’effacement diffus de l’électricité : une nouvelle niche de marché qui va coûter cher aux usagers

effacementQui n’a pas déjà entendu l’argument qui consiste à dire que l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas ? Et bien Voltalis l’a rêvé, le gouvernement le fait ! C’est à travers l’article 46 bis de la loi de « transition énergétique pour une croissance verte » en débat au Sénat à partir du 10 février que « l’effacement diffus», ce nouveau marché juteux, va voir le jour. L’effacement est un concept qui consiste à couper temporairement le fonctionnement des appareils électriques (radiateurs, chauffe-eaux) chez un professionnel ou un particulier pendant quelques minutes lors de pics de consommation ou non. Ce qui revient à décaler une consommation et non à l’annuler. Un méthode bien différente du concept de maîtrise de la demande qui est vertueuse en soi, car il s'agit de réduire un gaspillage, donc sa consommation et donc sa facture. Une confusion adroitement entretenue par Voltalis sous couvert de vertu écologique.
Il est prévu d’indemniser la Société Voltalis, dont la famille Mulliez est le principal soutien alors qu’elle est plutôt connue dans la grande distribution (AUCHAN), par un prélèvement supplémentaire sur les factures de tous les usagers d’électricité via la Contribution du service public de l’électricité (CSPE).Il sera donc attribué une prime de 16,00 € /Mwh pour les opérateurs effaçant l’électricité chez les particuliers et les petites entreprises entre 7 heures et 23 heures. Ce système permet de faire pression sur les investissements pour le renouvellement de nouveaux moyens de production dont notre pays a besoin à court terme et il organise le concept de la décroissance énergétique.
On s’oriente vers une autre conception à l’opposée du système électrique actuel qui consistera à adapter les besoins au regard de la production. Le Parti communiste français est opposé à ce racket pur et simple. C’est encore en faisant les poches des usagers que l’on va enrichir les grands groupes capitalistes comme les petits affairistes.

Tarifs de l’énergie : le nom de la loi change, le système de malus pour les usagers reste !

energie_2La proposition de loi sur la « tarification progressive de l’énergie » retoquée au Sénat en octobre dernier, a été adoptée hier à l’Assemblée nationale sous sa nouvelle dénomination de loi de « transition vers un système énergétique sobre ». Le nom de la loi change, mais le système de malus pour les usagers reste.
Les députés et sénateurs communistes sont parvenus à faire adopter au cours de la discussion un élargissement des tarifs sociaux, et une interdiction des coupures et des résiliations de contrats durant la trêve hivernale. Mais ces avancées sociales sont entachées par de nombreux reculs en matière de politique énergétique.
Ne tenant pas compte du débat démocratique et récusant les avancées adoptées au Sénat sous l’impulsion des sénateurs communistes et Front de gauche, les députés socialistes ont adopté unilatéralement un texte s’attaquant au principe fondamental d’égalité devant l’accès à l’énergie sur tout le territoire.
En guise d’économie d’énergie, ce texte ne va produire à compter de 2016 qu’un alourdissement du prix de l’énergie dans les foyers les plus mal logés, ceux vivant dans des passoires thermiques. La complexité du dispositif de bonus-malus n’a d’égale que son injustice. Les usagers les plus mal lotis supporteront seuls le coût de la progressivité des tarifs.
Une vraie loi sociale aurait du s’attaquer aux tarifs indécents pratiqués par les opérateurs d’énergie privés. Les prix du gaz et de l’électricité ont augmenté respectivement de plus de 60% et de 17% depuis la privatisation d’EDF et GDF en 2005. Or cette loi, non seulement ne les remet pas en cause, mais elle accentue le phénomène. En assouplissant les règles d’implantations des éoliennes et en limitant tout contrôle démocratique sur leurs installations, cette loi livre une manne financière aux opérateurs privés et aux fonds de pensions, qui s’approprient cette très lucrative production d’énergie renouvelable.
L’adoption à marche forcée du malus énergétique et de la libéralisation de l’éolien, augure de bien mauvaise façon le grand débat national sur la transition énergétique qui vient d’être lancé.
Le Parti communiste réaffirme son attachement à la constitution d’un pôle public national de l’énergie, qui seul permet de garantir une égalité de traitement entre tous les usagers et permet de leur garantir les prix les moins chers.

Hausse du gaz : un nouveau coup de poignard contre le pouvoir d’achat

La Commission de régulation de l'énergie a annoncé une augmentation des tarifs du gaz naturel de 5,2% au 1er avril, ce qui porte l'augmentation des prix à 21% sur un an et plus de 60% depuis 2005. Ce nouveau coup de poignard contre le pouvoir d'achat est insupportable !
Les bénéfices du gazier échappent une fois de plus à l'effort de solidarité nationale. Pourtant en mars, le groupe GDF Suez a annoncé un résultat net de 5,63 milliards d'euros, dont 70 % reversés aux seuls actionnaires. Le PCF demande le gel du prix du gaz. Les bénéfices de GDF doivent être consacrés en priorité à la baisse des tarifs pour les usagers, alors que l'usage du gaz devient un luxe. Ce nouvel effort demandé aux français est d'autant plus inacceptable qu'il s'ajoute aux augmentations continus de l'essence.

GDF Suez, distribue aux actionnaires, augmente le prix du gaz et oublie les salariés : la conception de l’équilibre !

Après Total (10,57 milliards d'euros), BNP (7,84 milliards d'euros); Sanofi-Aventis (5,46 milliards d'euros) ; France Télécom (4,88 milliards d'euros), Société Générale (3,91 milliards d'euros) etc, GDF Suez annonce un résultat net (Groupe) de 5,63 milliards d'euros, un chiffre d'affaires en augmentation de 5,7 % à 84,5 milliards d'euros.
Comme les pétroliers et les banques, GDF Suez engrange les profits pour les actionnaires mais rien pour les usagers gaz et les salariés. Comble du cynisme, en même temps que ces bénéfices, GDF SUEZ annonce une nouvelle augmentation des tarifs gaz (+5%).
GDF SUEZ redistribue 70 % de son résultat aux actionnaires (3, 93 milliards d'euros).
L’augmentation des tarifs du gaz est d’autant plus injustifiée (5 % au 1er avril après plusieurs hausses qui se montent à 20 % sur un an et 60 % depuis la privatisation) que l’effet prix sur les ventes du gaz a permis à GDF SUEZ d’engranger de l’ordre de 250 millions d’€ supplémentaires en 2010, et plus 350 millions supplémentaires grâce à l’hiver froid.
Au contraire, la CGT propose de baisser de 8 % les tarifs en restituant ces 600 millions d’euros aux consommateurs. Alors que, dans le Groupe, des salariés survivent avec 1 070 euros par mois, les 18 membres du comité exécutif GDF SUEZ, les plus gros salaires du Groupe, se partageaient 19.5 millions d’€ (2009), sans compter les actions de performance et autres.
S’il était prélevé 25 % des versements aux actionnaires alors il serait possible d’augmenter les salaires des 204 000 salariés d’environ 10 %.
Le Groupe, considérant que les salariés ne sont pas encore suffisamment pressurés, met en place un 2ème plan de performance qui après le 1er (1,5 milliards d’euros) devrait réduire les dépenses de 900 millions d’euros en 2011. Les salariés vont apprécier !
L’Etat premier actionnaire est responsable autant que les dirigeants de cette répartition des richesses au détriment des salariés et des consommateurs. Rappelons-nous de la règle des 3 tiers proposée par le Président de la République !
Des actions, pour l’augmentation générale des salaires, sont déjà en cours dans le Groupe (Savelys, Novergie, Lyonnaise des eaux, Sita etc) d’autres vont suivre.
La CGT, par la coordination de ses fédérations, appelle les salariés et les usagers à se mobiliser afin de réclamer leur dû.

EDF : les actionnaires s’enrichissent, les usagers paient

EDF annonce pour 2010 :
– Un bénéfice net de 1 milliard d’euros. En baisse de 74% sur 2009
– Il versera 2,1 milliards d’euros à ses actionnaires. Le double du bénéfice annoncé.
Précision : EDF a versé 2,9 milliards d’euros de provisions pour ses implantations aux USA et en Italie qui ne donnent pas les résultats escomptés. Cette politique n’est que la conséquence logique de l’ouverture du capital à la concurrence en vue de la privatisation totale.
En réalité son chiffre d’affaire de 65,16 milliards d’euros est en hausse de 10,25% sur 2009, et son bénéfice a été de 4 milliards.
Par ailleurs il a réduit son endettement de 8 milliards (de 42,5 milliards en 2009 il est passé à 34,4 milliards)
Henri Proglio, PDG d’EDF annonce une nouvelle hausse de 11,3% de son résultat courant.
Les usagers paient,
-Le prix de l’électricité aux usagers a augmenté de 3% en Juillet dernier et ce n’est qu’un début.
Les augmentations annoncées en 2011 vont de 7 à 11,4%, puis elles seront de 3,5% les années suivantes. C’est l’application de la nouvelle loi d’organisation du marché de l’électricité dite loi NOME qui met en conformité EDF avec les directives européennes sur la concurrence capitaliste.
– L’ouverture à la concurrence (décidée par le gouvernement Jospin en accord avec Chirac en 2001) en livrant l’énergie ce grand service public national stratégique créé en 1945 aux appétits financiers internationaux, met en cause la capacité, l’indépendance énergétique de la France, en détournant l’investissement vers la recherche du profit capitaliste maximum. On a vu cet hiver par grand froid des régions françaises au bord de la rupture, il y a eu des coupures, les usagers sont appelés à réduire leur chauffage au moment où ils en ont le plus besoin.
Le détournement des investissements productifs nécessaires pour faire toujours plus de profits pour engraisser les actionnaires se fait comme toujours sur le dos du peuple et au détriment de la nation.
C’est ça le capitalisme. Il n’est pas aménageable.