urgence


Le ras-le-bol des travailleurs de l’urgence sociale

Témoignages. Ce mardi, dans une trentaine de départements les travailleurs de l'urgence sociale, se sont déclarés en grève pour dénoncer les coupes budgétaires de l'Etat. Cette manifestation intervient deux semaines après la démission surprise du président fondateur du Samu social, Xavier Emmanuelli. Démission qui souligne la crise de l'hébergement d'urgence en France, laissé à l'abandon par le gouvernement qui a annoncé en mai une baisse budgétaire d'ici à la fin de l'année. Ainsi ce sont se sont plus de 4 500 places d'hébergement d'urgence qui vont disparaître.
A Paris, le rassemblement avait lieu dans le VIIème arrondissement, dans le square Boucicaut. "Pour moi c'est insupportable de voir à notre époque des mères avec des enfants dans la rue" explique Christine Remadere, éducatrice dans le Val-de-Marne, venue manifester comme quelques 300 personnes.
"Des familles se retrouvent avec des hébergements qui sont à des kilomètres"
Christine Remadere, éducatrice dans le Val-de-Marne: "Mes collègues et moi sommes épuisés. Sur le terrain on a de moins en moins de moyens, et on manque de personnel. L'autre jour une de mes collègues a appelé le 115 pour trouver un hébergement d'urgence pour une famille. Au départ, elle n'a pas eu de réponse. Après plusieurs appels, on a trouvé un hébergement pour cette famille qui venait de Créteil. Mais cet hébergement était à Fresnes. Cette histoire n'est pas anodine. De plus en plus de familles se retrouvent avec des hébergements qui sont à des kilomètres de leur lieu de travail ou des écoles de leurs enfants. Du coup, ces personnes ne reviennent plus et préfèrent dormir dans la rue. La suppression par le gouvernement de 4 500 places hébergements d'urgence d'ici la fin 2011 et leur remplacement par 4 500 logements, ne va pas arranger les choses. Pour le moment, les logements ne sont toujours pas construits et les personnes restent dans la rue. Ces derniers temps, nous voyons de plus en plus de mères avec leurs enfants qui dorment dans la rue ou dans leur voiture, à défaut d'avoir accès aux hébergements d'urgence. Et ce soir, comment ça va se passer avec le 115 en grève ?".
► "Les gens appellent mais nous n'avons pas de réponses à leur donner"

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Homme décédé suite à un tir de flash-ball – Le PCF demande la tenue d’un moratoire de toute urgence

L’homme touché par un tir de flash-Ball est décédé. Faisant suite aux nombreux accidents ayant entraînés des blessures graves depuis sa mise en service, le flash-Ball, arme supposée non-létale, démontre aujourd’hui que son utilisation peut être fatale. La politique du rendement, la banalisation de la violence et même du faux témoignage deviennent d’authentiques facteurs d’insécurité. Les bavures se multiplient.
Très loin des promesses électorales du candidat Sarkozy, son règne aura été marqué par une détérioration de la tranquillité publique et par une systématisation de la violence dans les relations humaines. Tout comme le Taser qui avait mortellement blessé un homme il y a quelques jours, la dangerosité du Flash-ball doit officiellement être reconnue et son usage doit être remis en cause. Le PCF demande la tenue d’un moratoire sur l’utilisation de ces armes dangereuses, conformément aux recommandations du Comité contre la torture des Nations Unies.


Le billet du jour : Plus on est dans la merde, plus les gens ne disent et ne font rien. DESESPERANT !

Être malade un dimanche, devoir se rendre aux urgences ce même jour, armez-vous de patience !
Mais jusqu’où allons-nous aller ?
Au nom de la rentabilité, la santé est devenue comme le reste une simple, marchandise.
Arrivée 19 heures 45, départ 00 heure 15, quatre heures d’attente.
Quatre heures, à te demander pourquoi tu paies la sécu, et ta mutuelle ?
Quatre heures, à entendre tout, et n’importe quoi.
Quatre heures, dont au moins deux debout, pour laisser la place à ceux qui sont plus malade que toi.
Une salle d’attente exigüe, il y a bien un distributeur de boissons, une TV, pour que les gens patientent sans trop voir le temps passer, et c’est tout, t’attends, et t’attends toujours.
Certains pètent les plombs, surtout ceux qui viennent avec un bébé, et la personne de l’accueil a beau dire et redire, qu’elle ne peut pas faire autrement, faute de personnel, ça râle, et c’est à la limite de la bagarre de rue.
Tu écoutes, sans écouter les autres, car faut avouer que souvent ce que tu entends vole très bas.
Tu te demandes, après un moment si tu es bien dans un hôpital.
Alors tu fais le vide, tu essaies de te bancher sur la TV, mais à chaque entrée et sortie, la porte grince, même pas de l’huile pour mettre sur les gonds, ils ont.
Arrive minuit, c’est chaud, les esprits s’énervent de plus en plus. Un jeune homme arrivée vers les vingt heures, avec je suppose un mal de dos à te claquer la tête contre le mur, n’est toujours pas passé.
Une dame, avec le front ouvert la même chose.
Et voilà qu’à la TV il y a les informations de la nuit.
Et là, alors que cela fait déjà quatre heures que tu attends, tu entends qu’il est envisagé de revoir les services d’urgences.
On te dit, que cela coûte trop cher, qu’il faut revoir les modalités des urgences.
On te donne des exemples sur la région Parisienne, on te dit qu’à l’heure actuelle, il y a sur Paris une quarantaine d’hôpitaux qui ont un service d’urgence. Et que pour minimiser les coûts, ils vont passer à 6.
Puis une tête de nœud répond, que tout cela est fait pour mieux accueillir le public, et pour être plus réactif.
Si, la quarantaine reçoit une dizaine de personnes par nuit, j’en doute, mais pour mesurer ce que l’autre tête de con a dit il faut bien imaginer. 40 hôpitaux fois dix personnes cela fait 400 (qu’est-ce que je suis fort !). Il en reste six, ça fait déjà 60 personnes, plus les 340 qui vont venir vers ces six hôpitaux, on arrive à 66 (j’enlève ce qui a derrière la virgule) patients, donc ce ne sera plus quatre heures, mais deux jours d’attente.
A ce moment, un Monsieur qui attend déjà depuis trois heures, crie, oui il cri, (connard, tu te fous de la gueule du monde !) et le débat, comme par enchantement commence.
Tu laisses faire, tu écoutes en espérant que tu vas entendre enfin, que ce gouvernement va trop loin.
Que tout est fait, pour que les pauvres soient encore plus pauvres, et que la santé, pour les pauvres devient peau de chagrin.
Eh ben ! Figure-toi que ce n’est pas le cas, une majorité a eu le courage, de répondre que le gouvernement n’y pouvait rien, puisqu’il y avait la crise.
Là tu rêves, là tu te dis, mais que se passe-t-il dans ce pays ? Les gens deviennent-ils des moutons ? Comment démontrer que l’on peut faire autre chose et autrement ?
Celles et ceux qui me connaissent, le savent, je n’ai pas pu me taire, pourtant, croyez-moi, après 4 heures d’attente, je n’avais pas trop envie de discuter.
Mais je ne pouvais laisser passer l’occasion.
Le débat est forcément monté d’un ton, les paroles devenaient plus auditives, ça dépassait les décibels autorisés dans une salle d’attente.
Malgré les propos de ce Monsieur, et des miens, avec des preuves que nous devenions de plus en plus pauvres, malgré le fait de leur dire que les riches se remplissaient bien les poches, nous étions les contestataires de service.
Pour celles et ceux qui étaient là, ce qui se passe, est normal, c’est la fatalité, et rien absolument rien, ne fera changer le cours de l’histoire.
Il est minuit quinze, je m’en vais, et laisse ce Monsieur, dans les griffes de celles et ceux qui deviendront encore plus pauvres, et qui diront c’est normal, on ne peut rien y changer.


LE TRAVAIL DANS LA SORTIE DU CAPITALISME. Alias “La sortie du capitalisme a déjà commencé”.

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

[1] L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser.

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La valise et la misère

Si la loi permet aux directions de jouer ainsi avec la vie des salariés, alors il faut de toute urgence la changer.

Le groupe allemand Schläffer a provoqué un désastre industriel dans la région de Compiègne en fermant le site Continental de Clairoix. Une liquidation qu’aucune raison économique ne motivait. Simplement, le sort des quelque 1 120 salariés dépend des savants calculs au sein du groupe. C’est ainsi que les Conti furent sacrifiés pour permettre à la famille Schläffer de payer des dettes contractées pour des aventures hasardeuses.
C’était il y a un an, la lutte des Conti eut une résonance nationale. L’écho parvint-il jusqu’à l’Élysée ? Le palais paraît insonorisé puisque l’occupant de ces lieux, celui-là même qui dans la campagne électorale présidentielle en 2007 s’était autoproclamé le candidat de la valeur travail, a laissé dans ce coin de la région picarde le même souvenir que dans la vallée de la Fensch. Il avait promis de ne pas abandonner les sidérurgistes de Gandrange. Il y règne maintenant un silence de mort. Le mépris, l’absence totale de considération pour le monde du travail se lisent en toutes lettres sur l’offre adressée par Continental à une partie de ses anciens salariés : des postes rémunérés 137 euros mensuels dans une usine du groupe en Tunisie. Des ouvriers qui ont économisé, ont souscrit des emprunts pour faire construire la maison familiale, qui se sont levés tôt pendant des années et ont accepté de travailler plus, comme disait Nicolas Sarkozy, sont invités à s’exiler pour un salaire de misère. « C’est la loi ! » objecte une direction aussi hypocrite que cynique. Si la loi fait obligation de proposer des reclassements, les entreprises ne sont pas contraintes à faire des propositions aussi scandaleuses. Huit heures par jour à couler des pneus valent un salaire digne, en France comme en Tunisie. Et si la loi permet aux directions de jouer ainsi avec la vie des salariés, alors il faut de toute urgence la changer, établir des critères stricts limitant les différences de rémunération et de conditions de travail.

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