soin


Le billet du jour : Plus on est dans la merde, plus les gens ne disent et ne font rien. DESESPERANT !

Être malade un dimanche, devoir se rendre aux urgences ce même jour, armez-vous de patience !
Mais jusqu’où allons-nous aller ?
Au nom de la rentabilité, la santé est devenue comme le reste une simple, marchandise.
Arrivée 19 heures 45, départ 00 heure 15, quatre heures d’attente.
Quatre heures, à te demander pourquoi tu paies la sécu, et ta mutuelle ?
Quatre heures, à entendre tout, et n’importe quoi.
Quatre heures, dont au moins deux debout, pour laisser la place à ceux qui sont plus malade que toi.
Une salle d’attente exigüe, il y a bien un distributeur de boissons, une TV, pour que les gens patientent sans trop voir le temps passer, et c’est tout, t’attends, et t’attends toujours.
Certains pètent les plombs, surtout ceux qui viennent avec un bébé, et la personne de l’accueil a beau dire et redire, qu’elle ne peut pas faire autrement, faute de personnel, ça râle, et c’est à la limite de la bagarre de rue.
Tu écoutes, sans écouter les autres, car faut avouer que souvent ce que tu entends vole très bas.
Tu te demandes, après un moment si tu es bien dans un hôpital.
Alors tu fais le vide, tu essaies de te bancher sur la TV, mais à chaque entrée et sortie, la porte grince, même pas de l’huile pour mettre sur les gonds, ils ont.
Arrive minuit, c’est chaud, les esprits s’énervent de plus en plus. Un jeune homme arrivée vers les vingt heures, avec je suppose un mal de dos à te claquer la tête contre le mur, n’est toujours pas passé.
Une dame, avec le front ouvert la même chose.
Et voilà qu’à la TV il y a les informations de la nuit.
Et là, alors que cela fait déjà quatre heures que tu attends, tu entends qu’il est envisagé de revoir les services d’urgences.
On te dit, que cela coûte trop cher, qu’il faut revoir les modalités des urgences.
On te donne des exemples sur la région Parisienne, on te dit qu’à l’heure actuelle, il y a sur Paris une quarantaine d’hôpitaux qui ont un service d’urgence. Et que pour minimiser les coûts, ils vont passer à 6.
Puis une tête de nœud répond, que tout cela est fait pour mieux accueillir le public, et pour être plus réactif.
Si, la quarantaine reçoit une dizaine de personnes par nuit, j’en doute, mais pour mesurer ce que l’autre tête de con a dit il faut bien imaginer. 40 hôpitaux fois dix personnes cela fait 400 (qu’est-ce que je suis fort !). Il en reste six, ça fait déjà 60 personnes, plus les 340 qui vont venir vers ces six hôpitaux, on arrive à 66 (j’enlève ce qui a derrière la virgule) patients, donc ce ne sera plus quatre heures, mais deux jours d’attente.
A ce moment, un Monsieur qui attend déjà depuis trois heures, crie, oui il cri, (connard, tu te fous de la gueule du monde !) et le débat, comme par enchantement commence.
Tu laisses faire, tu écoutes en espérant que tu vas entendre enfin, que ce gouvernement va trop loin.
Que tout est fait, pour que les pauvres soient encore plus pauvres, et que la santé, pour les pauvres devient peau de chagrin.
Eh ben ! Figure-toi que ce n’est pas le cas, une majorité a eu le courage, de répondre que le gouvernement n’y pouvait rien, puisqu’il y avait la crise.
Là tu rêves, là tu te dis, mais que se passe-t-il dans ce pays ? Les gens deviennent-ils des moutons ? Comment démontrer que l’on peut faire autre chose et autrement ?
Celles et ceux qui me connaissent, le savent, je n’ai pas pu me taire, pourtant, croyez-moi, après 4 heures d’attente, je n’avais pas trop envie de discuter.
Mais je ne pouvais laisser passer l’occasion.
Le débat est forcément monté d’un ton, les paroles devenaient plus auditives, ça dépassait les décibels autorisés dans une salle d’attente.
Malgré les propos de ce Monsieur, et des miens, avec des preuves que nous devenions de plus en plus pauvres, malgré le fait de leur dire que les riches se remplissaient bien les poches, nous étions les contestataires de service.
Pour celles et ceux qui étaient là, ce qui se passe, est normal, c’est la fatalité, et rien absolument rien, ne fera changer le cours de l’histoire.
Il est minuit quinze, je m’en vais, et laisse ce Monsieur, dans les griffes de celles et ceux qui deviendront encore plus pauvres, et qui diront c’est normal, on ne peut rien y changer.