Fichage des allocataires sociaux et chasse aux étrangers : la droite profite de la crise pour durcir encore sa sale politique

Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Santé, a annoncé la mise en place d'"un fichier unique des allocataires sociaux avant la fin de l'année", que proposait ce week-end Thierry Mariani, le fondateur de la Droite populaire et ministre des transports.
Après le fichier ELOI qui renseignait les étrangers en situation irrégulière, et le fichier EDVIGE qui fichait notamment les syndicalistes, voici donc le fichier « spécial pauvres ».Cette consternante annonce a lieu au moment même où le Samu social se voit amputé par ce même gouvernement de moyens pour agir. Non seulement on met en danger les plus fragiles mais voici maintenant qu'on les suspecte d'escroquerie.
Dans le même temps, c'est le Ministre Claude Guéant qui fanfaronne en "espérant le meilleur résultat historique pour les expulsions en 2011". Il y a une cohérence dans ces annonces successives. Pour satisfaire les marchés financiers et les agences de notation sur le chemin d'une hyper-austérité présentée comme inéluctable, la droite profite de la crise pour durcir encore sa sale politique !

Le ras-le-bol des travailleurs de l’urgence sociale

Témoignages. Ce mardi, dans une trentaine de départements les travailleurs de l'urgence sociale, se sont déclarés en grève pour dénoncer les coupes budgétaires de l'Etat. Cette manifestation intervient deux semaines après la démission surprise du président fondateur du Samu social, Xavier Emmanuelli. Démission qui souligne la crise de l'hébergement d'urgence en France, laissé à l'abandon par le gouvernement qui a annoncé en mai une baisse budgétaire d'ici à la fin de l'année. Ainsi ce sont se sont plus de 4 500 places d'hébergement d'urgence qui vont disparaître.
A Paris, le rassemblement avait lieu dans le VIIème arrondissement, dans le square Boucicaut. "Pour moi c'est insupportable de voir à notre époque des mères avec des enfants dans la rue" explique Christine Remadere, éducatrice dans le Val-de-Marne, venue manifester comme quelques 300 personnes.
"Des familles se retrouvent avec des hébergements qui sont à des kilomètres"
Christine Remadere, éducatrice dans le Val-de-Marne: "Mes collègues et moi sommes épuisés. Sur le terrain on a de moins en moins de moyens, et on manque de personnel. L'autre jour une de mes collègues a appelé le 115 pour trouver un hébergement d'urgence pour une famille. Au départ, elle n'a pas eu de réponse. Après plusieurs appels, on a trouvé un hébergement pour cette famille qui venait de Créteil. Mais cet hébergement était à Fresnes. Cette histoire n'est pas anodine. De plus en plus de familles se retrouvent avec des hébergements qui sont à des kilomètres de leur lieu de travail ou des écoles de leurs enfants. Du coup, ces personnes ne reviennent plus et préfèrent dormir dans la rue. La suppression par le gouvernement de 4 500 places hébergements d'urgence d'ici la fin 2011 et leur remplacement par 4 500 logements, ne va pas arranger les choses. Pour le moment, les logements ne sont toujours pas construits et les personnes restent dans la rue. Ces derniers temps, nous voyons de plus en plus de mères avec leurs enfants qui dorment dans la rue ou dans leur voiture, à défaut d'avoir accès aux hébergements d'urgence. Et ce soir, comment ça va se passer avec le 115 en grève ?".
► "Les gens appellent mais nous n'avons pas de réponses à leur donner"

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