RSA


Chez Camaïeu : “Des salariés en CDI qui se retrouvent à toucher le RSA en 2012, mais c’est Germinal !”

Des salariés de l'entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, qui se retrouvent à toucher un complément du RSA en raison de leur trop faible salaire, demandent à rencontrer "au plus vite" le ministre du Travail, Michel sapin, pour dénoncer leur situation salariale.
"Lorsque je suis allé voir mon DRH pour lui demander une augmentation de salaire, il m'a clairement dit: Pourquoi tu veux une augmentation? Tu as le complément du RSA pour ça", a expliqué Cherif Lebgaa, délégué syndical Force ouvrière (FO). "Cette mesure, c'est clairement un effet d'aubaine pour la direction de Camaïeu, qui en profite pour maintenir ses salariés dans la misère. C'est écoeurant d'exploiter les gens ainsi", a ajouté le syndicaliste employé logistique dans les entrepôts roubaisiens de la marque. Il précise qu'après 18 ans d'ancienneté dans l'entreprise, il touche 1.180 euros net de la part de son employeur et 296 euros au titre du RSA.
Selon lui, son cas est "très répandu dans l'entreprise". "Rien que dans l'entrepôt à Roubaix, on est au moins une vingtaine dans le même cas. Je dis au moins une vingtaine, mais c'est sans doute plus, car beaucoup de gens ont honte d'en parler. Toucher le RSA, personne n'aime s'en vanter", a souligné le représentant FO. "Cela fait des années que la direction nous refuse la moindre augmentation. Et pendant ce temps-là, les actionnaires touchent chaque année 500 millions de dividendes. Et en plus de ça, nous n'avons aucun avantage social : pas de tickets resto, pas de chèques vacances, pas de primes, rien!", a dénoncé le syndicaliste. Camaïeu nous maintient sciemment au statut de travailleurs pauvres. Des salariés en CDI qui se retrouvent à toucher le RSA en 2012, mais c'est Germinal ! Si Zola avait été là, il aurait soutenu notre combat, c'est sûr!", a relevé le délégué syndical.
Les salariés de Camaïeu, qui avaient déjà mené une grève de plusieurs semaines en janvier 2011, réclament une augmentation de 100 euros par personne. Après avoir envoyé un courrier au président François Hollande pour dénoncer leur situation, ils réclament d'être reçus "au plus vite" par le ministre du Travail. Un débrayage de deux heures est déjà prévu dans les magasins du groupe le 22 juin.
Créé en 1984, le groupe Camaïeu, majoritairement détenu par le fonds d'investissement Cinven, a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 810 millions d'euros et un bénéfice net de 84,5 millions d'euros. Il possède plus de 1.000 magasins dans le monde (600 en France) et emploie 5.800 personnes, dont 4.000 en France.


Assurance tout fric pour les assistés du CAC 40

Alors que s’organise une campagne de la droite contre les allocataires du RSA et d’autres aides sociales, les grands patrons s’attribuent des revenus pharamineux. Une quarantaine d’entre eux ont empoché en 2010 l’équivalent de ce que touchent 18300 personnes victimes du chômage et de l’exclusion. Un scandale qui soulève l’indignation. (source "L'Humanité" du 14 juin 2011)


Des indignés jusque sur la place Darche, et déjà un nouveau rendez-vous le dimanche 19 Juin 2011- Place DARCHE – LONGWY-HAUT

Alors que les indignés de la puerta del Sol à Madrid levaient le camp ce week-end en promettant d’autres mouvements d’ampleurs, Longwy a rassemblé dimanche matin une dizaine de ces « citoyens révoltés. »
Les manifestations continuent de se multiplier un peu partout en France et en Europe, sans les mêmes effectifs malgré tout, et Longwy est entré « dans la danse » des indignés dimanche matin.
Une dizaine de personnes se sont retrouvées sur la place Darche pour eux aussi remettre en cause « le système actuel » et les « hommes politiques ».
Sous le regard des passants, dont quelques-uns se sont arrêtés pour échanger et soutenir ce petit mouvement, Philippe Marx a pris la parole : « On est là en tant que citoyens, pour lancer un rassemblement, qui sera journalier, hebdomadaire peu importe. On est indignés, oui, mais aussi acharnés, car on ne peut concevoir qu’une minorité possède tout, et la majorité rien.
Dans le pays, à Nancy, des choses se passent. Pourquoi pas ici ? »

Le « divorce » entre peuple et élus
Eduardo Galeano, le grand écrivain uruguayen, s’est alors invité dans le discours pour motiver les troupes. « Je voudrais commencer par vous lire un de ses textes. "C’est, il me semble, une expérience incroyable, qui m’émeut beaucoup, cet enthousiasme, cette vitamine E d’enthousiasme qui semblait perdue dans ce monde, toutes ces places remplies de monde. J’espère que ça durera, l’enthousiasme est un joli mot. En grec cela signifie avoir les dieux en soi, c’est ce que j’ai ressenti en déambulant sur la puerta del Sol." »
De l’énergie, la dizaine de personnes présentes en avait pour critiquer frontalement cette « répartition inégale des richesses », et pas seulement. « Il y a clairement un divorce entre le peuple et le système politique. Deux siècles de mouvement ouvriers ont permis d’acquérir un certain nombre de droits. La technocratie et l’oligarchie qui se croient élues des dieux pour gouverner nous les confisquent. Le FMI et la banque mondiale, les agences de notation qui classifient les pays selon que ces derniers ont pris ou non le "bon" chemin, celui-ci étant celui de l’obéissance, méritent d’être traînés en justice et jugés. Mais certains politiques se sont élevés contre ça, et ont annoncé qu’ils ne paieraient pas cette dette illégitime, causée par les banques. C’en est fini de l’obéissance du plus petit envers le plus fort. »
D’autres rendez-vous
Pointant du doigt les « indignes », dans la ligne de mire de ces « indignés », Philippe Marx a ensuite proposé de remplacer le G20 pas le G7milliards, « c’est-à-dire celui de l’Humanité. Toutes les décisions du Gouvernement vont dans le même sens : accroître les revenus du Capital. Les services publics sont attaqués, on privatise ce qui devient rentable pour les patrons comme la santé, le transport, l’énergie, la Poste. Des suppressions massives d’emplois sont programmées. Se nourrir, se loger, se déplacer, financer les études des enfants devient pour beaucoup insurmontable. Tout ça est conforme au traité européen voté en février par une majorité de députés PS et la quasi-totalité de droite. Mais nous sommes la majorité, et nous pouvons les faire reculer. »
Il s’agira donc de continuer à militer, et à lutter, pour fédérer. « Les choses ne changent pas en une semaine ou en un mois, et même si ce mouvement prenait fin, il restera l’énergie qui s’en est dégagée. Les révolutions arabes sont parties d’un seul homme, qui s’est suicidé. Il faut réhabituer les gens à bouger. Ils ont fait confiance aux politiques depuis 81, et toutes les ont déçues. Ils n’y croient plus, et c’est ce que veut dire l’abstention. Il est important de faire comprendre aux élus qu’ils le sont pour écouter le peuple. »
Les paroles fortes
Aux côtés de Philippe Marx et des autres indignés se trouvait Yann, étudiant villeruptien habitué de ce type de mouvement. « Je participe aux rassemblements de Metz, qui ont lieu tous les soirs à 19 h place Saint-Louis. On sera présents aussi le 19 pour la grande manifestation. Les gens sont tellement enfoncés qu’ils n’arrivent pas à se relever. Si c’était de la résignation, il n’y aurait pas autant de mouvements en France (les retraites, les indignés etc.) Ce n’est pas aux peuples de payer la dette de l’État. Notre pays est une dictature sous un masque de démocratie. »
Un peu plus loin, un autre indigné enchaîne lui aussi les phrases fortes, suite à une discussion sur le thème des Restos du cœur, du RSA et du Smic : « qu’ils puissent exister m’indigne. Et que des (anciens) ministres comme Ferry, qui gagne 4 500 € par mois sans donner ses cours, puissent tranquillement faire ce qu’ils font, ça me révolte. Si je ne vais pas au travail, on me vire. Et si je fais mal mon travail, pareil. Voilà pourquoi il faut réinventer la démocratie : que les élus rendent des comptes, et que s’ils ne tiennent pas leurs promesses, ils puissent être révoqués. C’était le fonctionnement de La Commune. »
Jean-Marie acquiesce, et ne veut plus d’un « capitalisme qui a ôté la parole au peuple, qui détruit l’environnement et ne provoque que pauvreté. »

Sébastien Bonetti. Républicain Lorrain du 14 Juin 2011


Du RSA au STO, on n’arrête pas le progrès à l’UMP

Le secrétaire national de l'UMP a trouvé son crédo : la chasse aux pauvres. Directement inspiré par les propositions du ministre Laurent Wauquiez qui aura servi de poisson pilote dans cette affaire, Jean-François Copé propose qu'une partie des titulaires du RSA travaille gratuitement pour une collectivité territoriale. En somme le retour du Service du Travail Obligatoire de sinistre mémoire. Décidément du RSA au STO, on n'arrête pas le progrès à l'UMP !
Faire travailler des personnes sans les payer est sans doute un bon calcul pour l'UMP ! Mais sanctionner les plus pauvres parce qu'ils sont les plus fragiles est particulièrement cruel, injuste. S'il y a aujourd'hui 8 millions de travailleurs pauvres, si 13% des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, c'est d'abord et à cause de la politique du gouvernement aux ordres des marchés financiers et du MEDEF. Le responsable du chômage, ce n'est pas le chômeur ! S'en prendre à eux pour en faire des boucs émissaires est indigne et n'honore pas ceux qui se servent de telle méthode.


AMBITION SOCIALE…

Les revendications salariales reviennent au premier plan malgré les leurres largués par l’appareil UMP : un jour d’hypothétiques primes, un autre la tentative d’opposition entre salariés mal payés au smic et titulaires du RSA qui survivent misérablement. La question sociale sera au cœur de l’année qui vient. Elle est l’enjeu à vif qui suscite des colères que certains s’acharnent à dévoyer vers l’extrême droite. Elle constitue aussi l’écueil que voudraient éviter les tenants de politiques sociales-libérales, au point que la fondation strauss-kahnienne Terra Nova propose à la gauche de délaisser le sujet – et les couches sociales (ouvriers, employés…) qui y sont le plus sensibles – pour un discours vague sur les valeurs. Ce serait laisser le champ libre à l’imposture lepeniste ou aux mirages sarkozystes, et finalement vider la gauche de sens.
Au-delà des échéances présidentielle 
et législatives, la tentative 
de reléguer au second rang les préoccupations sociales et l’impératif de progrès dans ce domaine apparaît comme un choix 
de civilisation. Les ténors 
de l’UMP veulent châtier 
les pauvres d’être pauvres 
et les rendre responsables 
du sort que de riches patrons ont décidé. 
Les libéraux en cour répètent que 
la rémunération du travail est toujours trop forte. Les dépenses utiles à l’intérêt général (services publics notamment) seraient à compresser et les dividendes à libérer… Voilà à quoi se réduiraient les « valeurs universelles » que le président de la République prétendait « faire vivre » !
L’aspiration à changer 
la vie, le travail, l’entreprise s’exprime de multiples manières, quelquefois douloureuses ou tragiques. Elle tape 
à la porte sans attendre 
les prochains scrutins.


Ces « assistés » qui payent l’ISF…

La réforme de la fiscalité était soumise mercredi 11 mai au Conseil des ministres. Avec son projet de nouvel impôt sur la fortune (ISF), le gouvernement tente de ressusciter ce qu'il a du se résoudre à abandonner : le très injuste et très impopulaire bouclier fiscal. Avec la nouvelle formule de l'ISF « made in Sarko/Baroin », les 1700 plus gros contribuables voient leur impôt diminuer en moyenne de 30.000 euros. Quel beau témoignage d'affection pour les plus riches quand ce sont les plus faibles qui sont insultés d'assistés !
Cette tentative d'escamotage qui ne trompe personne est révoltante. Elle s'ajoute aux accusations proférées par une partie de la droite à l'encontre des plus pauvres, Laurent Wauquiez parlant de « cancer de la société » pour désigner les allocataires du RSA. Au final et tout bien considéré, si il y a bien un procès en « assistanat » à ouvrir, il concerne celui de ceux que le gouvernement couvre de cadeaux : les nantis.


Wauquiez / RSA : « L’écart auquel il faut s’attaquer, c’est celui des inégalités sociales ! »

Laurent Wauquiez qui ne doit pas savoir ce qui signifie perdre son emploi et devoir survivre avec 460 euros par mois propose de "plafonner le cumul de tous les minima sociaux" et faire travailler gratuitement, 5 heures par semaine, celles et ceux qui se trouvent exclus du marché du travail.
Au moment même où le gouvernement peaufine sa réforme de l'ISF dont 1 900 foyers sortiront grands bénéficiaires avec un gain de 300 millions d'euros, le ministre n'affiche d'ambitions sociales que pour les priviligiés, actionnaires, rentiers et très hauts revenus.
La crise financière et la politique de Nicolas Sarkozy aux ordres des directives de l'Europe libérale ont cassé des centaines de milliers d'emplois et quand la situation exige d'augmenter significativement les salaires – et les minimas sociaux -, de créer des emplois stables, ce gouvernement cherche à opposer les travailleurs sans emploi aux travailleurs précaires et les travailleurs français aux travailleurs étrangers, en suggérant de priver de protection sociale pendant 5 ans les travailleurs immigrés légaux. Cette dernière "proposition" est aussi illégitime que scandaleuse et n'est rien d'autre qu'une incitation au travail non déclaré dont les premières victimes seront tous les travailleurs. Ceux qu'il faut plafonner sont les très hauts revenus et les revenus du capital Le PCF propose :
– l'augmentation immédiate du SMIC à 1600 euros bruts et l'augmentation significative des salaires et minima sociaux, d'abord en diminuant drastiquement la part des profits des entreprises qui est aujourd'hui captée par la finance,
– l'interdiction de tout licenciement aux entreprises qui distribuent des dividendes,
– la création de nouveaux pouvoirs d'intervention pour les salariés dans leur entreprise pour leur permettre de décider de l'utilisation des profits dégagés par son activité,
– un changement des critères du crédit bancaire et des aides publiques pour réorienter l'argent au service des besoins humains,
– une réforme de la fiscalité réellement progressive qui augmente la contribution des revenus du capital et des plus hauts revenus.