Toute réforme fiscale qui ne remet pas en cause l’austérité est une impasse.

ayrault_3Jean-Marc Ayrault cherche à rassurer, alors que gronde une contestation sociale considérable. Il veut faire croire qu'il serait disposé à engager des changements profonds sur la seule fiscalité, en cherchant à empêcher l'expression d'une colère généralisée sur tout ce qui touche à l'emploi, au revenu et à la croissance réelle.
En réalité, le Premier ministre entend maintenir le cap de l'austérité pour la dépense privée : hausse de la TVA sur laquelle « il n'est pas question de revenir », parce qu'elle conditionne « la baisse du coût du travail » ; maintien de l'écotaxe. Pareil pour les dépenses de services publics : 60 milliards d'euros « au moins » d'économies de 2014 à 2017.
La fusion envisagée entre l'impôt sur le revenu et la CSG aurait des conséquences nocives : transfert du financement de la protection sociale des profits des entreprises vers l'impôt sur le revenu ; transformation de ce dernier en un prélèvement proportionnel et non plus progressif ; inclusion de cet impôt dans un système de prélèvement à la source qui désavantagerait surtout les salariés.
Disons-le tout net : toute réforme fiscale qui ne remet pas en cause l’austérité est une impasse. Il faut au contraire engager un changement fondamental pour sécuriser vraiment l'emploi, la formation, les revenus du travail et de remplacement, baisser le coût du capital (intérêts et dividendes) avec un nouveau crédit aux entreprises et une réforme radicale de la fiscalité. Il faut relancer massivement tous les services publics, au lieu des privatisations et de la capitulation devant le dogmatisme monétaire de la BCE.
Avant la révolution de 1789, il y avait aussi une crise financière généralisée et une protestation contre les impôts excessifs qui nécessitaient de mettre en cause les privilèges de l'aristocratie. Aujourd'hui, ce sont les privilèges des grands actionnaires, des grands groupes, des grandes banques et la domination de la rentabilité financière sur toute l’économie qu'il s'agit de mettre à bas avec une nouvelle construction sociale et politique.

 

Allocations familiales : « cette politique d’austérité à la petite semaine nous mène dans le mur »

ayrault_0Les annonces du gouvernement concernant les allocations familiales s'inscrivent dans une logique purement d'économie. Leur seul objectif est de gagner 2 milliards d'euros sur les politiques familiales. Une nouvelle fois, le gouvernement use et abuse du rabot. Cette politique ne repose sur aucune vision d'ensemble de l'avenir de la société, si ce n'est sur la volonté de répondre aux injonctions européennes de rigueur budgétaire. Alors qu'une loi sur la famille est annoncée pour fin 2013, le gouvernement fait le choix d'une réforme avancée des allocations, excluant par là même tout débat et toute réflexion globale.
Cette politique d'austérité à la petite semaine nous mène dans le mur. S'attaquer aux allocations familiales et à leur universalité, c'est remettre en cause le socle social et solidaire du pacte républicain, c'est menacer la démographie française, pourtant un des atouts du redressement national. Si le gouvernement souhaite trouver de l'argent qu'il s'attelle à lutter contre les 80 milliards de fraude fiscale et à mettre en œuvre une large réforme fiscale. Ce sera plus efficace économiquement et plus juste socialement.

Pourquoi Liliane Bettencourt paiera 4 fois moins d’impôt ?

En raison de la réforme fiscale, la femme la plus riche de France se vera appliquer le même taux d'imposition qu'un contribuable touchant 1.300 euros net par mois.
Liliane Bettencourt paiera 4 fois moins d'impôt. La nouvelle ne manque pas de faire grincer des dents les contribuables lambda. Mais qu'on se rassure, cela ne devrait durer qu'un an ou deux. Explication.
Grâce à la réforme de l'impôt sur la fortune et l'enterrement de première classe du bouclier fiscal, "Liliane Bettencourt verra ses impôts divisés par quatre en 2012" avant que cela remonte en 2013.
La raison de cette subtilité fiscale: pour compenser la suppression du bouclier fiscal, les contribuables fortunés paieront l'ISF nouvelle formule à un taux plus bas…
Sauf que la réforme de l'ISF doit être mise en application dès 2011 alors que la suppression du bouclier fiscal n'intervient qu'en 2013.
Résultat : durant deux ans les contribuables soumis à l'ISF auront donc le beurre et l'argent du beurre, résume Le Canard Enchaîné.
En effet, les contribuables très fortunés verront leur taux d'ISF largement abaissé et seront encore remboursé du bouclier fiscal qui est calculé sur les revenus perçus deux ans auparavant.
Pour la femme la plus riche de France, 2012, période de transition pour l'instauration de la réforme fiscale, sera donc tout benef pour elle. Elle devrait payer 10 millions d'euros d'impôt, soit quatre fois moins qu'en 2010.
Son taux d'imposition s'élève donc à 4%, c'est à dire autant qu'un contribuable touchant 1.300 euros net par mois.
L'avocat de la milliardaire, Pascal Wilhelm, s'est "refusé à commenter ces chiffres" conclut Le Canard.

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