Espagne : élections en proie à la fronde sociale

L' Espagne, en proie à une rébellion sociale inédite contre le chômage et la crise économique, votait dimanche pour des élections locales.
A Madrid, les manifestants qui ont pris possession de la place de la Puerta del Sol ont voté la poursuite de cette occupation "jusqu'à dimanche prochain au moins", alors que celle-ci devait prendre fin ce dimanche. La foule des jeunes "indignés" restait mobilisée autour du village de bâches bleues et de tentes, devenu le coeur d'une contestation qui dans la nuit de samedi à dimanche, a encore rassemblé des dizaines de milliers de manifestants dans toutes les villes d'Espagne.
Cette fronde soudaine a été l'invitée surprise de la campagne électorale, au moment où les socialistes s'apprêtent, selon les sondages, à affronter une sévère défaite aux élections régionales et municipales, face à leurs adversaires conservateurs du Parti populaire (PP).
Le mouvement, qui rassemble beaucoup de jeunes mais aussi des citoyens de tous horizons, a surgi depuis le 15 mai via les réseaux sociaux, pour très rapidement s'amplifier, gagner tout le pays et se structurer. Spontané, coloré, pacifique, laboratoire d'idées pour des réformes à venir, ce mouvement citoyen, qui se veut apolitique, dénonce l'injustice sociale, les dérives du capitalisme, la "corruption des hommes politiques".
Si les revendications sont des plus diverses, le chômage, avec un taux record de 21,19% et près de la moitié des moins de 25 ans, revient sur toutes les lèvres. Et aussi la défiance envers les grands partis politiques, les socialistes et le Parti populaire, qui pourrait alimenter dimanche le vote blanc, l'abstention tant redoutée par la classe politique ou le vote pour de petits partis.
A 14h00 (12h00 GMT), la participation était de 35,79%, en légère hausse par rapport aux dernières élections de 2007.
Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a appelé après avoir voté à Madrid à une "large participation" tandis que son adversaire Mariano Rajoy, chef du PP, rappelait que "la démocratie, c'est le vote". Mais les jeunes n'y croient pas. "Bien sûr, bien sûr qu'ils ne nous représentent pas", est l'un des slogans favoris, répété à l'infini chaque nuit à la Puerta del Sol. "Bien sûr je vais voter, mais pour un petit parti", confiait dimanche Ana Rodriguez, ingénieur au chômage de 29 ans, qui venait de passer deux nuits avec les manifestants. "Il faut un changement dans le système politique, pour que les petits partis soient mieux représentés".
Le défi est double pour les socialistes, déjà en très mauvaise posture à dix mois des législatives de mars 2012, puisque les rassemblements se sont poursuivis samedi et dimanche en dépit de la trêve électorale qui interdit toute activité politique. Sous la pression de la rue, le gouvernement a dû renoncer à faire évacuer les manifestants.
Dans ce contexte troublé, toutes les communes d'Espagne élisent leurs conseils municipaux et 13 des 17 régions autonomes leurs Parlements. La Catalogne, le Pays Basque, la Galice et l'Andalousie votent à d'autres dates.
34,6 millions d'électeurs sont appelés à élire 8.116 maires, plus de 68.400 conseillers municipaux et 824 députés régionaux.
L'annonce le 2 avril par M. Zapatero qu'il ne se présenterait pas pour un troisième mandat en 2012 semble être restée sans effet sur la chute de popularité des socialistes.
A partir de lundi, ils pourraient ne plus contrôler qu'une seule des 17 régions espagnoles, l'Andalousie, et devraient perdre des fiefs historiques comme la Castille-la Manche et l'Estrémadure, ainsi que les grandes villes de Barcelone et Valence.

Lettre de José Luis Centella, secrétaire-général du PC Espagnol, aux militants du PCE

Chers camarades,
Ces jours-ci se développent un mouvement de rébellion qui depuis les manifestations du 15 mai mobilise des milliers de personnes qui protestent contre la situation de crise que nous subissons et les sorties que nous imposent le gouvernement et les institutions de l'UE suivant les diktats du capital financier-spéculatif qui cherchent seulement à maintenir son taux de profit au détriment des travailleurs et des couches populaires.
La réalité de ce mouvement est très plurielle et diverse. Malgré le fait que, de façon intéressée, les médias mettent en avant les positions minoritaires, les attitudes anti-partis, abstentionnistes et mettent l'accent sur son caractère anti-système, avec toute la connotation péjorative que ces médias y mettent, l'essentiel est que ses propositions politiques, ses propositions pour sortir de la crise sont celles qu'en tant que Parti communiste (PCE), Jeunesse communiste (UJCE) et Izquierda Unida (IU) nous avons porté dès son déclenchement. Ainsi, on pointe les coupables (les banques et/ou les marchés), on dénonce ceux qui avec leurs politiques nous font payer la crise et nous privent de nos droits de citoyens (le PSOE et le Parti populaire) et on exige un système électoral plus juste et un changement de système qui redonne sa dignité à la politique et garantisse les droits des citoyens.
En ce sens, j'estime nécessaire de revenir sur certaines réflexions concernant la situation actuelle.
Le succès de la mobilisation du 15 mai dernier a surpris en premier lieu ceux qui l'avaient convoqué, les militants de diverses organisations, parmi lesquelles les nôtres (PCE, UJCE, IU).

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