La confrontation : Pierre Laurent et Pierre Gattaz. Humanité journalière du 12 décembre 2014

g1Quelques heures après que Pierre Laurent, indigné par les déclarations sur la «souffrance patronale» et la  monopolisation par le Medef du discours sur l’entreprise, eut proposé un débat public au patron des patrons, un tweet #gattaz relevait le gant et souhaitait l’Humanité comme champ clos. La confrontation s’est déroulée jeudi 11 décembre comme une conclusion aux mobilisations patronales de la semaine dernière et à leur réplique orchestrée par les militants du PCF.
Climat courtois, écoute mutuelle mais débat sans concession, animé par le directeur de la rédaction de l’Humanité, Patrick Apel-Muller, et par le chef du service politique, économique et social du quotidien, Sébastien Crépel.
Pierre Gattaz veut afficher un «esprit d’ouverture» afin de « faire avancer la démocratie » et se présente soucieux d’une «économie humaine». Pierre Laurent souligne que le travail est à l’origine de toute richesse créée dans  l’entreprise et relève leur opposition fondamentale à propos de son accaparement par le capital.
La controverse est lancée; elle déborde le temps d’abord imparti à cet échange; elle n’en restera pas là…
Jugez-en.


g21. LE CHÔMAGE EN FRANCE, LA FAUTE AU
COÛT DU TRAVAIL OU AU COÛT DU CAPITAL ?

PIERRE GATTAZ Une entreprise est une communauté d’hommes et de femmes. Il faut donner du travail aux Français, aux jeunes, aux chômeurs. C’est mon obsession. Nous sommes bien évidemment pour donner du salaire net, du pouvoir d’achat à nos salariés. C’est fondamental, il faut que la  fiscalité et le coût du travail ne pèsent pas trop sur ces salaires nets. Second constat, il faut  impérativement que ce travail soit compétitif, dans une économie ouverte et mondialisée. Sinon les entreprises risquent, qu’elles soient françaises ou étrangères, de partir de France pour s’installer ailleurs, ce que nous ne voulons pas, au Medef. Lorsque vous évoquez le coût du capital, le sujet est le financement des entreprises. Il y a un coût du capital qui s’appelle dividendes ou plus- values. Cette somme-là est la rémunération d’un risque.
On  oublie  souvent dans mes propos que je suis pour une  économie humaine, et mon combat n’est pas de distribuer plus de dividendes aux actionnaires, de vider de leur sens les  entreprises. Comment puis-je créer de la croissance,  préserver mes usines et au maximum les hommes et les femmes qui y travaillent, et faire que la mondialisation soit vertueuse ? Ce sont ces deux questions qu’au Medef, on se pose pour le pays.

PIERRE LAURENT Vous parlez «d’économie humaine», mais c’est incompatible avec le discours permanent de  culpabilisation qui est le vôtre sur le coût du travail. Le travail n’est pas un coût, c’est l’origine de toute la  richesse créée. Quand vous mettez en cause «les charges» sociales, en  prétendant protéger le salaire net, vous  attaquez aussi le  salaire, parce que ces charges sont des cotisations sociales qui sont du salaire socialisé. Vous dites: «Il faut du capital pour l’entreprise», mais le problème c’est que, depuis trente ans, le coût de la  rémunération de ce capital n’a cessé  d’augmenter au  détriment du travail. Vous masquez en  permanence dans votre discours qu’il y a une confrontation d’intérêts entre la rémunération excessive du capital et une pression sans cesse accrue sur le travail. La France ne se  développe pas dans la mondialisation en cherchant à  concourir dans les catégories des pays à bas salaires et à  emplois précaires. Vous en demandez toujours plus pour le capital, alors que nous devrions investir toujours plus dans les salaires, la formation et la qualification.
PIERRE GATTAZ Nous avons beaucoup de points de  convergences ! La valeur travail, magnifique, merveilleuse, il faut réhabiliter le travail, c’est au sommet de la pile.
PIERRE LAURENT Mais tous vos actes concrets, toutes vos  revendications sont à l’inverse !

G3PIERRE GATTAZ Mais non, pas du tout ! C’est là où j’insiste, j’ai géré durant vingt ans ma société Radiall en me posant une unique question : comment garder mes quatre usines françaises dans un marché parti principalement en Chine?J’ai perdu 40 % de mon chiffre d’affaires entre 2001 et 2002 mais, dix ans après, j’ai cinq usines en France. Mon chiffre d’affaires à l’exportation, c’est 90 %. Mais j’ai préservé le travail, j’ai préservé mes salariés français, et je les ai fait monter en gamme. Chez Radiall, 75 ou 80% des profits sont réinvestis dans la technologie, la  formation des salariés, dans la recherche-développement, principalement en France. Une boucle vertueuse s’est donc développée pour préserver les usines et les salariés français afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, et ça marche. Deuxième point de convergence, à propos du salaire et du pouvoir d’achat. Je veux des salaires nets les plus élevés possibles, mais vous avez une masse de charges qui représente 600 milliards, et que vous  nommez salaire différé. Moi, je pense que c’est un bousin qui n’est pas géré. Qui finance cette masse ? Ce sont les impôts que nous payons…
G5PIERRE LAURENT Il y a un problème sérieux, quoi que vous en disiez, de gâchis dû au coût du capital. Qu’est-ce qui justifie cette augmentation continue des dividendes ?  Sûrement pas l’efficacité des entreprises ! Vous répétez sans cesse qu’il faut baisser la dépense publique, mais  regardons plutôt l’efficacité de cette dépense, car il y a une dépense inefficace : celle qui consacre de plus en plus d’argent à compenser des exonérations et des niches  fiscales sans effet en matière d’emploi… Je récuse donc vos propos sur le coût du travail. Nous ne rendrons pas les entreprises françaises compétitives en laissant les jeunes à la porte de l’entreprise et en faisant travailler plus longtemps les seniors. Il faut investir dans le travail, la formation et la qualification, et pas seulement dans le haut de gamme. Nous devons cesser de sacrifier des pans entiers de notre industrie avec ses métiers de base, au point d’être devenus complètement dépendants de l’étranger pour la machine-outil et les biens  d’équipement. Il faut aussi changer les règles du marché pour permettre à tous un développement équilibré et des coopérations, faute de quoi nous irons vers des tensions internationales croissantes. Il y a donc une cohérence à changer les choix de gestion dans l’entreprise.
Nous devons envisager un autre type de «mondialisation» fondée sur le partage. La France et nos entreprises  devraient être actives dans ce domaine. Pour cela, il faut commencer par reconnaître plus de droits aux salariés. Vous dites que l’entreprise est une communauté humaine, mais aujourd’hui, ceux qui sont les plus nombreux – les salariés – n’ont jamais leur mot à dire sur les choix de gestion.

PIERRE GATTAZ Il faut cultiver, par la formation,  l’employabilité permanente. Dans le futur, un salarié connaîtra sans doute au cours de sa carrière trois, quatre, cinq, sept métiers. L’important est de ne pas rester au chômage longtemps durant ces transitions. Il y aura des crises, des montées et des baisses de marchés. Le modèle danois de flexisécurité est intéressant sur ce point. Vous évoquez les métiers en tension, il y a 400 000 emplois non pourvus en France face à 3,3 millions de chômeurs. Vous avez raison, ces métiers sont pestiférés, je dirai.
PIERRE LAURENT Comment voulez-vous y arriver avec 84% d’embauches en CDD ?
PIERRE GATTAZ Merci de cette question : pourquoi a-t-on ce taux de CDD ? Parce que le patron, ça va vous faire mal aux tympans, a peur d’embaucher en France. Des  petits patrons me disent : « J’ai eu quatre salariés, et bien j’ai eu quatre prud’hommes. Ne comptez plus sur moi pour embaucher. » Il faut impérativement sécuriser ou clarifier les conditions dans lesquelles nous pouvons nous séparer de nos salariés en CDI.
PIERRE LAURENT À quel salarié allez-vous faire croire qu’en supprimant toutes les garanties sociales vous allez libérer la possibilité d’embaucher ? Ce que vous allez libérer, c’est la possibilité de licencier. Nous, nous  proposons depuis très longtemps de construire une  nouvelle branche de la Sécurité sociale qui permettrait aux salariés, quand ils doivent changer d’emploi, de ne pas passer systématiquement par la case chômage. On pourrait très bien, plutôt que de dépenser de l’argent dans une indemnisation du chômage de plus en plus  inégale et injuste, investir dans un système de sécurité d’emploi et de formation.
PIERRE GATTAZ Sur le constat final, on est à peu près  d’accord, mais pas sur le moyen d’y arriver. Il y a deux choses à régler en France : il y a la peur des salariés de se faire licencier et la peur des patrons d’embaucher. Il faut trouver des moyens de les faire baisser. C’est ce que nous avons fait dans l’accord interprofessionnel des partenaires sociaux en décembre : nous avons essayé de pousser des droits supplémentaires, comme le compte personnel de formation. Qu’est-ce que je fais au niveau de Radiall ? Je fais des classes en entreprise depuis dix ans. J’emmène des professeurs et des classes, une fois par an, trois jours dans mes usines. Ils font classe de  français, de philo et de maths avec les profs qui viennent pendant deux heures. Je fais des groupes de 6 élèves et ils vont voir mes salariés, mes décolleteurs.
Le  décolleteur explique l’amour de son travail, il  explique la précision, il décollète à dix microns. C’est une pièce qui va dans l’horlogerie, dans un satellite. Il explique son métier avec passion. C’est tout ça, la vraie vie. Et au bout de trois jours, vous avez des enfants qui voient des métiers d’ingénieurs, de techniciens,  d’ouvriers professionnels qui sont des artistes dans leur métier. L’entreprise, ce n’est pas Germinal ou Zola, ce n’est pas vrai. Les ingénieurs tutoient les ouvriers, on s’entraide sur des projets, c’est propre par terre,  l’entreprise, c’est bien. Aimons l’entreprise.

PIERRE LAURENT Vous n’allez pas m’expliquer à moi qu’il faut respecter la classe ouvrière. Le monde de la création, le monde ouvrier, le monde du travail, c’est l’ADN des communistes. Et c’est pour ça d’ailleurs que je  revendique notre propre parole sur la question de  l’entreprise et que je récuse le monopole patronal sur cette question. Vous avez évoqué l’Allemagne.
Vous savez très bien que si l’Allemagne a maintenu un niveau de production industrielle bien supérieur au nôtre, c’est pour plusieurs raisons. Ils ont mieux protégé le  travail et la rémunération du travail dans l’industrie. Ils ont su mettre leurs services bancaires au service du dé-veloppement industriel. Où sont les banques françaises quand il s’agit de faire un tour de table pour sauver une entreprise industrielle française ? Et enfin, ils ont  continué à développer une politique de filières que nous avons totalement abandonnée. Les grands donneurs  d’ordres français, ceux du CAC 40, se comportent comme des groupes qui rançonnent toute la filière, les  salariés en dernière instance, et aussi leur PME. Donc plutôt que de montrer sans cesse le travail comme un
problème, comme un coût, nous devrions plutôt défendre ce travail et nous attaquer à ces problèmes structurels. Nous avons un capitalisme qui, en France, est en grande partie un capitalisme rentier.
PIERRE GATTAZ Il y a des excès et des problèmes à régler en France. Des directions d’achat qui pressurisent les PME qui utilisent le CICE, ça existe, maintenant est-ce que c’est 100 %, 95 % ou 1% ? Au Medef, on regarde les excès à chaque fois. Le CAC 40, c’est un porte-avions qui entraîne de plus en plus des PME et des ETI. Il y a quelques années, on a créé le pacte PME, avec le patron de Schneider Electric, pour motiver nos grandes  entreprises à chasser en meutes, c’est-à-dire à pousser leurs PME, leurs ETI dans leur sillage. Ça fonctionne. Nous allons continuer ce combat. Les banques françaises ont été les plus vertueuses au monde dans la crise de 2007-2008. Pour autant, nous n’allons pas tout attendre des banques. Au Medef, on pense qu’en dehors des banques, il faut utiliser toutes les autres sources de  financement : le crowdfunding, source de financement sur Internet, est intéressant. Si vous avez 1000 personnes qui mettent 15 euros, ce n’est pas énorme pour une  start-up, mais c’est un début. C’est un système attractif parce que plus il y aura d’employeurs, plus nous aurons la chance de créer des emplois. C’est mécanique. Personne ne m’a démontré le contraire pour l’instant mais  peut-être allez-vous le faire. Il faut donc absolument que ces gens qui arrivent avec peu, voire pas de moyens, puissent trouver des capitaux. Il faut également développer les fonds de pension à la française et une fiscalité incitative pour que les gens puissent mettre 2000 euros dans une boîte sans que tout le bénéfice du risque pris soit  confisqué en impôt.
PIERRE LAURENT Votre indulgence à l’égard du système bancaire est très étonnante. Car il y a effectivement un énorme problème de financement de l’économie. Le  système bancaire joue un rôle malheureusement très  important. Nous devons reprendre la main pour piloter différemment l’utilisation de ces fonds du système  bancaire et d’épargne. D’ailleurs, le problème est aussi européen. L’« indépendance » consacrée de la Banque centrale européenne est une aberration. On oblige et les entreprises et les États à aller se refinancer à des coûts prohibitifs sur le marché alors qu’on pourrait très bien  financer autrement. Quant à la fiscalité, vous prétendez qu’elle ne pèse pas assez sur la consommation et qu’on pourrait augmenter la TVA alors que la fiscalité sur le  capital est affreuse et insupportable. La réalité des  recettes fiscales de l’État, c’est l’exact inverse. La TVA est de loin la première recette fiscale, elle rapporte deux fois plus que l’impôt sur le revenu et six fois plus que l’impôt sur les sociétés. Nous avons une fiscalité d’une injustice totale au travers de laquelle passent des  richesses considérables. Je suis le premier à penser qu’il faut repenser totalement la fiscalité française et remettre à plat toutes les niches et toutes les exonérations fiscales accumulées ces dernières années et qui n’ont donné aucun résultat en matière d’emploi.
PIERRE GATTAZ Nous avons un point de divergence majeur sur la fiscalité.

2. QUEL RÔLE DE L’ÉTAT POUR PILOTER
ET STIMULER L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ?

PIERRE GATTAZ De 1200 milliards d’euros aujourd’hui, la sphère publique augmente de 50 milliards par an grosso modo, et représente 57% du PIB. Qui paye ? C’est  l’entreprise in fine, celle qui crée de la richesse. L’entité qui paye les missions régaliennes, c’est l’entreprise. Le domaine de l’État doit se limiter à ses fonctions  régaliennes. Il faut revenir à un niveau de dépense qui  s’approcherait de 50% du PIB dans un premier temps. Et contrairement à ce que vous dites, pour moi,  effectivement, nous avons une fiscalité qui est inversée. Nous avons une TVA à 20% au taux maximum, alors que dans les pays à haute protection sociale que sont les pays du nord de  l’Europe, vous êtes à 23, 24, 25 et jusqu’à 27%. Nous sommes en compétition avec la moyenne européenne. Et le coût du travail montre en effet que, depuis 2000, nous étions à 8% de moins en taux horaire par  rapport aux  Allemands, nous sommes aujourd’hui à plus 12%. Et les 35 heures sont passées par là. On a donné 10% de plus aux gens en temps, sans baisser les salaires. C’est un problème. Ensuite, je terminerai par le capital et l’épargne. Tous les rapports du monde l’expliquent : quand vous mettez 10000 euros dans une entreprise, il faut que votre taxation soit simple et connue si vous  revendez. Or, aujourd’hui, ce n’est pas motivant, parce que la taxation des plus-values est compliquée, donc c’est décourageant. Après, vous avez ce problème des  dividendes. Je réinsiste, la question des dividendes qui est très diabolisée en France, c’est la  rémunération d’un risque. Donc, je veux bien tout ce que vous voulez, mais toutes les PME et toutes les TPE pour acheter des robots ont besoin de fonds propres. Ces fonds propres sont  apportés par des actionnaires. Ces  actionnaires, idéalement, ça devrait être nos salariés. Et je suis très content parce qu’on a poussé ça, d’améliorer la fiscalité de l’épargne des salariés, d’améliorer la possibilité pour nos salariés d’être actionnaires. C’est dans la «loi  Macron», et je m’en félicite.
PIERRE LAURENT L’impôt n’est pas là pour payer la  «dépense publique» mais sert au contraire à investir dans des domaines où justement l’entreprise ne le fera pas. Et dans des domaines qui participent au développement de la collectivité nationale. Nous avons besoin d’impôt pour financer le système d’éducation, pour soutenir les  infrastructures, dont d’ailleurs les entreprises se servent, que ça soit les routes, le ferroviaire, les installations  portuaires… Donc l’impôt n’est pas une charge. Je ne  méprise pas le rôle de l’entreprise, c’est un lieu de  création, mais l’entreprise ne résume pas non plus toute la société. Faire maigrir brutalement l’investissement  public, comme vous le proposez, ne va faire que dégrader la  situation.  Ensuite, on ne travaille pas trop en France. Il n’y a pas assez de gens qui travaillent, et la productivité des  travailleurs français est extrêmement élevée. Nous laissons à l’écart du travail une part croissante de la  société  française. Enfin, vous rendez hommage à la  «loi Macron», car elle va dans votre sens, après le CICE qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas produit de résultat probant en matière de créations d’emplois. Avec cette loi, on va déré-glementer le marché du travail, flexibiliser  encore davan-tage, mais sans résultat efficient sur  l’activité économique.
3. LE GOUVERNEMENT VALLS,
UN GOUVERNEMENT MEDEF COMPATIBLE ?

PIERRE GATTAZ Non, je ne le sens pas du tout comme ça. Il faut que l’on dépasse le débat gauche-droite, parce qu’il est obsolète. Ni l’entreprise, ni l’économie de  marché, ni la mondialisation, ni le dialogue social ne sont une affaire de gauche ou de droite. Il faut avoir la lucidité de voir le monde qui tourne et qui bouge et qui est en  mutation accélérée, et d’en finir avec des postures, des dogmes et des idéologies. Nous avons travaillé au Medef sur notre projet « France 2020, faire gagner la France ». C’est une France qui retrouve de la croissance et c’est une France du plein-emploi. Car je suis persuadé qu’en France, on peut retrouver le plein-emploi : moins de 7%de chômeurs. C’est mon obsession absolue.
Et concernant le travail du dimanche, il faut demander à nos consommateurs et à nos salariés. Sur les Champs-Élysées, j’ai vu des jeunes femmes salariées qui pleu-raient parce qu’on les interdisait de travailler après 21 heures : c’est quand même scandaleux d’en arriver là !Ça ne vous aurait pas ému ?

PIERRE LAURENT Vous ne pouvez pas dire ça ! Allez dans la grande distribution : qui empêche les caissières de  travailler à temps plein ? Ce sont les patrons de la grande distribution, qui multiplient les contrats à temps partiel. Toutes les enquêtes le montrent !
PIERRE GATTAZ Vous parlez de travail subi, alors que moi, je dis qu’il faut s’adapter aux demandes de ces jeunes femmes qui veulent travailler après 21 heures parce qu’elles touchent des primes ou des salaires augmentés de 25 %.
PIERRE LAURENT Mais leurs salaires sont bloqués !
PIERRE GATTAZ Ça c’est complètement faux, si vous  travaillez après 21 heures sur les Champs-Élysées, votre salaire sera augmenté.
PIERRE LAURENT Allez discuter avec les salariés du  commerce et vous verrez ce qu’ils vous diront sur leur salaire !
PIERRE GATTAZ Je suis pour le travail le dimanche et après 21 heures sur volontariat des salariés quand cela a du sens. Amazon fait 25 % de son chiffre d’affaires le  dimanche. La consommation, c’est de la création de  richesses, c’est de l’emploi. Nous avons estimé que si on ouvrait certaines zones touristiques, pas partout, et avec autorisations des maires, les Chinois n’iraient plus faire leurs courses à Londres, à Madrid ou à Amsterdam.
PIERRE LAURENT L’avenir de nos sociétés n’est pas de  travailler en permanence, jours, nuits et dimanches. Concernant le volontariat des salariés, vous savez très bien que c’est une fable. Les salaires sont tellement bas dans le commerce – et ils sont de fait bloqués – les temps partiels sont tellement imposés, que certains acceptent, mais ça n’a rien à voir avec le volontariat. Il y a des choix de société qui ne sont pas les mêmes. Ce n’est donc pas aux chefs d’entreprise d’imposer leurs volontés.

g6G7Pourtant, j’ai l’impression que le Medef se comporte comme le  premier parti politique de France et qu’il fait la pluie et le beau temps dans les choix politiques. Vous vous vantez d’être un homme de terrain, mais je constate que le Medef est plus sûrement introduit dans les arcanes du système que je ne le suis et que ne le sont les  syndicalistes et les salariés. La vérité, c’est que vous jouez un rôle  politique permanent dans ce pays.
PIERRE GATTAZ Il faut observer ce qu’il se passe dans le monde. Dans les 150 pays en concurrence avec la France, les 30 qui ont bien réussi depuis 15 ans, sont celles qui ont mis l’entreprise au-dessus des considérations  politiques. Les clients doivent gagner de la satisfaction, les hommes et les femmes doivent garder de l’épanouis-sement, de la formation permanente. Et les actionnaires, qui sont, je suis désolé, propriétaires de l’entreprise,  récupèrent, en effet, des sommes qu’ils ont investies. Nous sommes dans une compétition mondiale où les  règles du jeu sont quand même tournées autour de ces trois valeurs clés. Et je constate que des gouvernements de gauche ou de droite jouent selon cette règle du jeu.
PIERRE LAURENT Derrière ce discours qui peut paraître de bon sens, en vérité vous développez l’idée qu’il peut y avoir des alternances politiques, mais finalement qu’il n’y aurait toujours qu’une seule politique possible.
Et c’est malheureusement ce à quoi on assiste. La  mondialisation telle qu’elle fonctionne ne ravit pas le monde entier. Il y a beaucoup de gens qui la contestent, de nations qui  cherchent d’autres voies que celles de la mondialisation actuelle. Oui, il y a des propriétaires, mais un des  problèmes justement c’est que ceux qui ne sont pas les propriétaires de l’entreprise, et qui pourtant en créent la richesse, n’ont pas assez leur mot à dire sur les choix faits.

4. LE PACTE DE RESPONSABILITÉ,
UNE FAUTE OU UNE CHANCE ?

PIERRE GATTAZ Le pacte de responsabilité, on l’a suggéré au départ par notre pacte de confiance. Il est sorti, on l’a applaudi, on l’accompagne. C’est une démarche non politique de la part
g8du Medef. Pour moi, l’état d’esprit de ce pacte, c’est de réduire le coût du travail, non pas en salaire net, mais sur les charges qui pèsent sur le coût du travail lui-même. C’est de réduire, aussi, la fiscalité qui pèse sur la productivité des entreprises françaises. Ce pacte a été voté en juin dernier, nous attendons encore un certain nombre de décrets d’application sur la baisse des charges. On parle de baisse de la fiscalité pour les  entreprises  depuis le début, et bien figurez-vous qu’en ce moment  encore, il y a des augmentations de charges sur les  entreprises : le versement transports, les taxes de  séjour. Il y a un manque de cohérence entre les discours et l’état d’esprit du pacte et les mesures qui sont prises. C’est pour cela qu’il y a eu une mobilisation la semaine dernière des chefs d’entreprises.
PIERRE LAURENT Nous sommes en désaccord total. Le pacte de responsabilité qui effectivement a été initié par le Medef a déjà prouvé son inefficacité et son échec. Ce pacte vient s’ajouter à toute une série de crédits d’impôts, de niches fiscales et d’exonérations de cotisations  sociales qui se sont accumulées aux cours des 20  dernières années sans aucun résultat en matière d’emploi. Malheureusement avec le pacte de responsabilité qui  coûtera la somme énorme de 41 milliards d’euros, nous nous dirigeons vers un immense gâchis de fonds publics.
PIERRE GATTAZ En France on a toujours l’habitude  d’augmenter les charges comme je vous l’ai expliqué. Donc vous avez un poison, et vous inventez l’antipoison (avec le pacte – NDLR)…
PIERRE LAURENT Non, mais vous ne pouvez pas dire que les charges sur les entreprises ont augmenté…
PIERRE GATTAZ 40 milliards. 40 milliards de plus. Je suis désolé, c’est les statistiques.
PIERRE LAURENT C’est faux. Il faut compter toutes les  exonérations de cotisations sociales, les crédits d’impôt, la suppression de la taxe professionnelle, tout ce qui s’est accumulé ces dernières années… La petite augmentation du versement transports va servir à construire des  infrastructures qui sont utiles aux entreprises, parce que les salariés en région parisienne ne se rendent pas à leur travail à pied, que je sache. Vous ne pouvez pas nier que sur les 20 dernières années, nous avons empilé  successivement toute une série de dispositifs, de niches fiscales et d’exonération de cotisations sociales.
PIERRE GATTAZ Monsieur Laurent, ce que je vous propose, c’est : gardez vos aides, gardez vos subventions, surtout ne nous donnez plus rien, mais baissez les charges.  Prenons le chiffre de 200 milliards que vous avez  annoncé, qui est faux, mais prenons-le : vous faites 200 milliards d’économies en gardant les subventions, mais baissez nos charges de 200 milliards.
PIERRE LAURENT Je suis pour remettre à plat toutes les aides financières accordées aux entreprises et pour  baisser  radicalement le coût du crédit. Les dividendes versés, les frais financiers, les frais bancaires, dont vous ne parlez  jamais, représentent le double de la totalité des cotisations sociales payées par toutes les entreprises  françaises.  Attaquons-nous ensemble à ces charges  financières, plutôt qu’aux dépenses sociales et publiques utiles.
COMPTE RENDU RÉALISÉ PAR MARION D’ALLARD, KÉVIN BOUCAUD,  SÉBASTIEN CRÉPEL, JULIA HAMLAOUI, CLOTILDE MATHIEU, AURÉLIEN  SOUCHEYRE ET LIONEL VENTURINI.
– PHOTOS RÉALISÉES PAR PATRICK
NUSSBAUM

Assises : la première pierre du changement posée

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Les assises pour changer de cap en France et en Europe, initiées par le Front de gauche, ont constitué un « événement ». Au-delà de la nécessité d’une alternative, partagée par les forces de gauche, la stratégie a concentré les échanges.
Le débat n’aura pas été un long fleuve tranquille mais, si la stratégie diffère parfois, l’ambition « de changer de cap » a traversé le débat de l’ensemble des forces présentes, hier, à la halle Dufriche de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Les assises citoyennes, initiées par le Front de gauche, y ont réuni plus de 2 500 militants syndicaux, politiques, associatifs et citoyens.
« Comment change-t-on de cap ? »
« On n’obtiendra pas un changement de cap si on ne construit pas de majorité. Nous avons donc décidé d’aller au-delà de nous-mêmes », prévenait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, quelques minutes avant de rejoindre la tribune pour participer à la deuxième séance plénière de l’après-midi, opportunément intitulée « Comment change-t-on de cap ? » La question ne va pas sans créer d’agitation, surtout lorsque les forces en présence n’ont pas choisi la même stratégie.
« Nous sommes en colère mais cela ne suffit pas, nous avons à la transformer en espérance », a prévenu Clémentine Autain, porte-parole de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), en déclinant sa conception de la « nouvelle période politique ». « Aujourd’hui, on ne demande pas “un peu plus” aux socialistes mais un changement de cap radical », a-t-elle lancé, évoquant l’Italie, où « toute la gauche réunie autour de Prodi » a mené « une politique qui a conduit à la désespérance ». « Nous allons incarner l’alternative », a-t-elle ajouté.

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Conférence de presse de Pierre Laurent lundi 8 avril 2013

Face à la crise politique actuelle d'une extrême gravité (affaire Cahuzac, fraude et évasion fiscale…), nous avons besoin d'une politique et d'une majorité alternative à gauche, une politique de lutte contre la finance, une politique qui permette la rénovation démocratique de la République.
Pierre Laurent, secrétaire national, a présenté les propositions du PCF, lundi 8 avril à 16h, à l'occasion d'une conférence de presse au siège du PCF.

La proposition de loi sur l’amnistie sociale fait des vagues à droite

parisot_2Décision ahurissante, encouragement à la destruction et au "cassage", un chèque en blanc pour la violence… La patronat et l'opposition sont vent debout contre la proposition de loi d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, votée mercredi au Sénat. Florilège.
L'ancien ministre UMP Eric Woerth
a qualifié vendredi de "décision ahurissante" le vote au Sénat d'une proposition de loi d'amnistie estimant que c'est "un chèque en blanc pour la violence". "Je pense que le Sénat a pris une décision ahurissante, avec le soutien de la garde des Sceaux, parce que c'est un chèque en blanc pour la violence", a estimé sur Europe 1 le député-maire de Chantilly (Oise). "Alors que souffle dans le pays un vent de colère assez considérable, dans toutes les catégories sociales, c'est aussi une gifle au dialogue social puisque c'est le contraire au dialogue social, et c'est aussi une manière assez curieuse d'intervenir sur les décisions de justice", a-t-il poursuivi. "Personne ne peut accepter la violence, même lorsque c'est pour des raisons sociales, la violence, c'est le contraire de ce qu'il faut faire, c'est un reniement supplémentaire de la part du gouvernement", a encore dit l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas privilégier le dialogue social et en même temps amnistier ceux qui ont fait preuve de violence, quand on va casser une préfecture ou une entreprise, à ce moment là on prend ses risques", a-t-il insisté, affirmant que le précédent gouvernement n'avait "jamais cédé à la pression de la rue".
Le député UMP Bernard Accoyer a demandé vendredi que le Conseil économique et social (CESE) soit saisi avant son examen à l'Assemblée nationale. L'ancien président de l'Assemblée "regrette les conditions" dans lesquelles ce texte a été adopté "sous la pression inadmissible d'une manifestation de syndicalistes instrumentalisés par Jean-Luc Mélenchon", écrit-il dans un communiqué. "Si une telle amnistie était accordée, elle serait de nature à légitimer des violences prétendument syndicales au détriment d'un dialogue social responsable dans les entreprises", regrette le député, qualifiant de "nouvelle démarche électoraliste de la majorité" cette initiative.

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Amnistie: une première victoire qui en appelle d’autres (Pierre Laurent)

senat-francaisUne première marche a été franchie et elle est un signe d’espoir pour de très nombreux militants qui attendaient ce vote. La proposition de loi du Front de gauche visant à amnistier les faits commis lors de mouvements sociaux et revendicatifs a été adoptée hier à l’issue de son examen en séance publique. C’est une première victoire pour les luttes sociales et associatives. Cette amnistie arrachée au Medef qui hurle déjà à la mort, est un point d'appui pour gagner, toujours en lien aux militants syndicalistes et associatifs, un élargissement de la loi dans les prochaines semaines.
Enfin, après des années de criminalisation de l'action syndicale, des personnes qui n’ont fait que se battre pour le respect de leur droit pourront reconquérir cette dignité largement piétinée. Après le vote pour le mariage pour tous, c’est une nouvelle démonstration : Quand la gauche travaille et se rassemble sur des valeurs, avec la justice sociale comme boussole, elle peut faire de belles choses.
La bataille est loin d’être finie. Elle doit se prolonger à l’Assemblée nationale où cette fois aucune personne ne doit être écartée de cette amnistie, qu’elle soit militante écologiste ou associative. Cette bataille à l’issue positive peut être, par effet d’entrainement, une victoire qui en appelle d’autres. Plus que jamais l’heure est à la mobilisation.

Sommet européen : lettre de Pierre Laurent au président de la République : “Ne signez pas !”

Monsieur le président de la République,
Le sommet européen des 28 et 29 juin auquel vous vous apprêtez à participer est d'une extrême importance. L'Union européenne, toujours dans la tourmente, « doit être réorientée », comme vous l'avez souligné dans votre campagne électorale. L'élaboration de mesures nouvelles, rompant avec les logiques d'austérité qui s'avèrent chaque jour plus injustes et plus désastreuses, demeure un impératif pour sortir durablement de la crise.
C'est aussi le premier sommet où vous engagerez la parole et la politique de la France. Il s'agit maintenant de traduire, dans les actes, le changement pour lequel les Français vous ont élu.

À l'occasion de votre discours le 22 janvier au Bourget, vous avez pris l'engagement de « renégocier le traité européen, issu de l'accord du 9 décembre », c'est-à-dire le traité élaboré par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Cinq mois plus tard, le respect de cet engagement paraît plus nécessaire que jamais.
Les Français ont décidé de tourner la page de la politique de Nicolas Sarkozy. Il serait donc incompréhensible que nos politiques budgétaires continuent à être dictées par ce traité, et pire, qu'elles soient soumises à un contrôle accru de Bruxelles au mépris de la démocratie parlementaire et de la souveraineté populaire.
Nos concitoyens ont déjà été floués après leur « non » au TCE en 2005. Aujourd'hui, le maintien en l'état du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) serait un nouveau déni de démocratie.
Ensuite, et surtout, les développements de la crise au sein de l'UE montrent qu'aucun assainissement de la situation financière des États membres ne sera obtenu en s'entêtant dans la voie actuelle.

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Ca bouge en Lorraine : Social – Journée de la cgt sidérurgie hier à Florange. – Un cortège rouge pour le « fossoyeur de la sidérurgie »

Full Mittal Racket : le slogan que Jérôme a inscrit sur son casque de métallo florangeois, toute la France l’a vu. La CGT l’a même fait imprimer sur des autocollants distribués à tour de bras hier, à Florange. A l’appel du syndicat, les ArcelorMittal se sont retrouvés à Florange, venus du Luxembourg et de Belgique, des sites de Dunquerke, Fos-sur-Mer, Bourg-en-Bresse, Basse-Indre, Montataire… Les unions locales et départementales de toute la Lorraine étaient représentées, ainsi que la fédération nationale. Le Front de Gauche, le NPA et le PCF étaient largement présents aussi mais les élus socialistes du secteur avaient également fait le déplacement jusqu’à la mairie de leur collègue Philippe Tarillon. Dans le respect de l’intersyndicale locale, FO et la CFDT se sont joints au rassemblement… mais pas au cortège. Une fois le soutien marqué, la CFDT s’est retirée. Voilà pour la version officielle. En fait, quelques cégétistes de Fos-sur-Mer – dont un passablement énervé, voire imbibé – ont pris à partie Edouard Martin (CFDT). Rideau sur l’incident.
Accueil policier
Les sandwiches avalés, le cortège a pris la direction des grands bureaux où bien sûr, les militants ont trouvé grilles closes. Et derrière, d’impassibles vigiles d’une société privée, récemment engagée par le géant de l’acier pour tenir le portier de Florange. Le face-à-face n’a duré que le temps de faire céder la grille centrale. Pour se retrouver cette fois devant un quarteron de gendarmes mobiles et derrière eux, une dizaine de policiers en civil, matraques dans le dos. Empêchés d’avancer plus loin que l’infirmerie, interdits d’accès par l’arrière, les manifestants n’ont pas cédé à la violence, malgré ce comité d’accueil. Tandis que Thierry Renaudin, directeur du site, recevait une délégation de quatre personnes, les manifestants ont tourné les talons. Dans le calme. Ne laissant derrière eux que les lettres CGT tracées au sol et quelques faux dollars à l’effigie de Mittal. Le prix du travail ou celui du chômage ?

Républicain Lorrain du 23 Mars 2012 – E. de R. Photos : Pierre HECKLER

 

 

 

 

 

 

 

 

• La CGT sidérurgie a rameuté ses troupes hier, pour montrer son soutien à Florange mais aussi pour dénoncer les menaces qui pèsent sur ce secteur.
• Ils étaient un bon millier de manifestants selon la police… 3 voire 4 000 selon le syndicat. La vérité se situe probablement entre les deux.
• Parmi eux, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF et Olivier Besancenot qui était venu, lui, en simple militant du NPA.

« Sakineh ne doit pas être exécutée » : Pierre Laurent écrit à l’ambassadeur d’Iran

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF a adressé ce jour à Seyed Mehdi Miraboutalebi, ambassadeur de la République islamique d'Iran, à propos de Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette femme iranienne condamnée à mort dans son pays.
« Je me suis adressé à vous le 3 novembre 2010 afin de vous faire part de l'indignation suscitée par la menace de condamnation à mort qui pesait sur Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani. Une condamnation prononcée alors même que des doutes entachaient déjà les circonstances judiciaires de cette douloureuse affaire.
J'avais souligné avec force que les autorités iraniennes doivent renoncer à cette exécution. Aujourd'hui, des informations convergentes prolongent sérieusement notre inquiétude: Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani ne serait plus menacée de lapidation mais… de pendaison.
Je tiens à vous faire part, Monsieur l'Ambassadeur, de ma consternation devant de telles informations. Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani ne doit pas être exécutée. Je vous demande une nouvelle fois de transmettre cette exhortation aux autorités de votre pays.
La peine de mort, quelles que soient les formes qu'elle peut prendre, est inacceptable. L'Iran se grandirait en abandonnant cette pratique inhumaine et en respectant la dignité et les droits des femmes. »

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon à Roissy ce matin pour soutenir les salariés grévistes

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du Conseil national de campagne du Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à élection présidentielle étaient ce matin à Roissy pour soutenir les salariés grévistes.
Depuis un mois, les salariés des entreprises de sûreté aérienne luttent pour leurs salaires et conditions de travail. Le mouvement de grève qu'ils mènent avec courage est juste et légitime.

Ils ont face à eux un patronat cynique et sourd, qui refuse la négociation, une direction des Aéroports de Paris qui n'assume pas ses responsabilités et un gouvernement qui les méprise royalement et remplace les salariés en lutte par des agents des forces de l'ordre. Pendant des semaines, ces femmes et ces hommes ont subi le mépris et l'outrage, se faisant traiter de « preneurs d'otages ». Encore aujourd'hui le président de la République utilise ces mots. Où sont passés ses beaux discours sur la France qui se lève tôt ? Eh bien, lorsqu'elle se bat pour vivre dignement, monsieur Sarkozy la traite en criminelle.
Le gouvernement, ADP et les directions des entreprises privées de sécurité mentent délibérément aux voyageurs et aux Français : la récente revalorisation de la taxe aéroportuaire, payée par les passagers, avait été justifiée par des motifs de sécurité. Or les agents de sûreté n'ont pas vu leurs salaires augmenter.
S'il y a preneurs d'otages dans un conflit de cet ordre, on les trouvera du côté des directions patronales qui soignent leurs marges bénéficiaires en piétinant les droits de leurs salariés.
Le PCF, par ma voix, exprime son soutien total aux salariés grévistes et exige du gouvernement et d'ADP la reprise des négociations.

« C dans l’air » du 13 décembre sur le communisme : Pierre Laurent écrit à Yves Calvi

Mardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l'air » dont le thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler sur le plateau. Suite aux propos scandaleux tenus par certains sur le plateau, vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, envoyé ce jour à Yves Calvi.
Depuis maintenant des mois, la discrimination à l’égard du Parti communiste français dans les émissions politiques dont vous avez la charge, et plus globalement dans celles du groupe France Télévisions, est une constante. Toutes nos demandes pour qu’il y soit mis un terme sont – plus ou moins poliment – mais systématiquement écartées.
Mais cette fois, trop c’est trop. Le mardi 13 décembre, l’émission « C’est dans l’air » avait pour invité Stéphane Courtois, dont la seule fonction historique reconnue est l’anticommunisme professionnel. C’est votre choix éditorial, je n’ai pas à le contester. Toutefois, au cours de cette émission, cet invité, qui ne m’a jamais rencontré de sa vie, s’est livré à une violente attaque personnelle en déclarant je cite « Pierre Laurent (…) un fils d'apparatchik qui a mis les pieds dans les chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié».
Cette pitoyable déclaration est restée sans réponse. Insultante et diffamatoire, elle ne mériterait de ma part que le mépris. Elle s’inscrit dans le registre des poncifs anticommunistes dont Monsieur Stéphane Courtois s’est fait une spécialité, en lieu et place de celle d’historien dont il s’affuble à propos du Parti communiste français.
Je ne peux me taire car cette déclaration intervient alors que la discrimination à notre égard est un scandale qui n’a que trop duré. Élu secrétaire national du PCF en juin 2010, je n’ai été invité à aucune émission politique importante dont vous avez la responsabilité, et quasiment aucune sur l’ensemble des antennes de France Télévisions. Ce boycott est en contradiction avec toutes les règles déontologiques en matière de pluralisme du débat d’idées, et avec toutes les règles du CSA qui invitent à respecter l’ «équité» des temps de parole des formations politiques, singulièrement celles qui disposent d’une représentation politique parlementaire.

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