Nouvel Observateur / FDG : « Plus qu’un dérapage journalistique, une sale opération électoraliste »

Cette semaine, le Nouvel Observateur fait couler son encre, en essayant de trainer le candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle, dans des eaux bien fétides, chargées des éléments de langage communs au FN et au Medef contre Jean-Luc Mélenchon.
Nous imaginons bien le légitime dégoût que cela ne manquera pas de provoquer auprès des lecteurs d'un hebdomadaire qui, en se trompant d'adversaire, en utilisant contre le candidat du Front de gauche des propos de caniveau, commet bien plus qu'un dérapage journalistique, qu'une erreur politique. Nous sommes là devant une sale opération électoraliste qui déshonore autant ceux qui l'ont commandé que ceux qui l'ont exécuté.
Oui mais voilà. Avec l'irruption citoyenne qui caractérise notre campagne, le pilonnage du Nouvel Observateur contre le Front de gauche fait déjà parti d'un vieux monde. Il n'est pas très beau à voir. Nous avons d'autres horizons, notamment les dizaines de milliers de visages rassemblés à la Bastille, au Capitole, et samedi sur la plage du Prado à Marseille. Ils sourient quand cela fait grimacer le Nouvel Observateur. C'est triste pour un titre dont les engagements passés trouvent un écho avec l'esprit de Résistance incarné aujourd'hui par le Front de gauche. En nous insultant, le Nouvel Obs se manque d'abord à lui-même.
Oilivier Dartigolles, porte-parole du PCF et co-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Dans la presse étrangère : Sarkozy a été “Puni”.

A l'image de la Repubblica, la presse étrangère analyse la défaite de la droite aux élections régionales comme une "sévère punition" contre la politique de Nicolas Sarkozy.

capture d'écran su site du journal britannique The Times

Un "châtiment", la "répudiation" d'un homme "considéré comme ayant échoué à livrer une France qu'il promettait de transformer", explique lundi 22 mars le Times au lendemain du deuxième tour d'élections régionales largement remportées par la gauche.
A l'image du Times, la presse étrangère analyse en grande majorité la débâcle de la droite comme une défaite personnelle du président de la République Nicolas Sarkozy.
En face, la secrétaire nationale du Parti socialiste Martine Aubry apparaît, elle, comme "charismatique". Elle est devenue un "candidat plausible pour s'opposer à Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012", indique le Times. Même son de cloche pour El Pais, qui souligne la force de la gauche unie, avec derrière elle les écologistes et le front de gauche, qui peut "tout balayer sur son passage". Le journal espagnol note encore le score "étonnant" du Front national et attribue cette remontée à l'échec du débat sur l'identité nationale qui, au lieu d'attirer les partisans de Jean-Marie le Pen, a eut l'"effet inverse".
Un point de vue que ne partage pas le Times qui voit dans le score "impressionnant" du Front national, qui a réussi à gagner des voix dans chacune des douze régions où il était en compétition avec le parti majoritaire, comme un "retour à la ligne dure, anti-immigration" de la droite. Celle-là même que l'actuel chef de l'Etat avait réussi à séduire pendant la campagne de 2007.
Changement de style
S'il veut encore remporter l'élection de 2012, ce dernier devra adopter une attitude plus modeste car "son style hyperactif vantard a perdu de son charme", et ce, même si "ceux qui gagnent les élections locales ne réalisent pas forcément de scores identiques au niveau national", rappelle de son côté le New York Times.

capture  d'écran su site du  journal britannique The Times

Car l'élection régionale de 2010 est le "dernier message des électeurs avant 2012", note le quotidien. Le président de la République Nicolas Sarkozy aura donc fort à faire pour récupérer les voix perdues avant la prochaine échéance présidentielle. Mais "il est beaucoup question de la dissipation de la magie Sarkozy", alors que la cote de popularité du chef de l'Etat est à son point le plus bas depuis son élection en 2007. Les résultats comme le ni

veau d'abstention traduisent la "colère et l'aliénation" des Français, analyse enfin le quotidien américain.
L'abstention, justement, à un niveau historiquement élevé lors du premier (53,6%) et du second tour (49,5%), marque l’indifférence des Français à l’égard des institutions républicaines, selon Die Zeit. C'est le signe que la "démocratie française est en train de perdre le peuple", analyse l'hebdomadaire allemand.
Ce phénomène n'est pas une exception en Europe, mais c'est en France, "plus particulièrement sous la présidence de Nicolas Sarkozy", qu'il est le plus rapide. En cause notamment, le "style interventionniste" du chef de l'Etat, que les Français supportent de moins en moins. La droite ne "songe plus qu'au maintien de l'ordre public, sur fond de propagande nationaliste et autoritaire", conclut Die Zeit.
Le chef de l'Etat est face à un casse-tête politique. Comment en sortir ? Selon un récent sondage Ipsos, une majorité de Français (58%) ne souhaite pas que Nicolas Sarkozy soit candidat à l'élection présidentielle de 2012.