Des syndicats de police aux rassemblements de magistrats jeudi

Des syndicats de police aux rassemblements de magistrats jeudi

Deux syndicats de police, dont le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), ont annoncé lundi leur participation aux rassemblements organisés jeudi par l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), notamment à Nantes.
L’Unsa Police (troisième syndicat de gardiens de la paix) a, dans un communiqué, « appelé au rassemblement le 10 février à Nantes », tandis que le Snop indique qu’il sera « présent, sous forme de délégations, sur les principaux rassemblements organisés jeudi par l’Union syndicale des magistrats ».
Le Snop « maintient sa dénonciation des propos présidentiels ayant hâtivement et excessivement mis en cause tant la police que la justice » et attend de la mobilisation de jeudi « qu’elle débouche sur une prise de conscience de la classe politique pour qu’elle ne fasse plus de la sécurité un enjeu électoral ».
Il « souhaite que le président de la République ouvre la voie en annonçant l’organisation d’états généraux n’associant que des professionnels reconnus des institutions concernées ».

La grogne des magistrats s’étend à toute la France

La riposte du monde judiciaire aux propos de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse s'étendre mardi dans toute la France, rencontre les critiques virulentes de la majorité qui appelle à la "responsabilité".
D'Arras à Saint-Denis de La Réunion, de Nanterre à Dax, du parquet au siège, des "petits" tribunaux de province aux éminentes cours d'appel, la contestation des professionnels de la justice atteint une ampleur inédite, de l'avis des observateurs du monde judiciaire.
A la mi-journée, plus de 70 tribunaux ont adopté le mot d'ordre de report des audiences non urgentes lancé en fin de semaine dernière par l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) en réponse aux accusations de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Laetitia. Mieux, selon l'Association des jeunes magistrats (AJM), près de 115 tribunaux ont rejoint la contestation. De nombreuses assemblées générales sont encore à venir avant une journée nationale de manifestation jeudi. A Paris, une assemblée générale "historique" réunissant les deux tiers des magistrats de première instance a décidé de l'entrée dans le mouvement du TGI.

Magistrats : « Sarkozy et sa majorité sont responsables de cette situation désastreuse »

En charge des affaires judiciaires, les magistrats et les personnels subissent depuis 2002 les interventions répétées de Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur puis Président de la République.
Près de deux lois par an sont votées dans le seul but d'aggraver les sanctions pénales. Cette multitude de lois est si significative de la volonté ultra-sécuritaire du Président et de sa majorité – à chaque drame, une loi – qu’elles se succèdent sans aucune évaluation ni bilan de leur mise en œuvre et de leur efficacité.
Pourtant, les professionnels tirent la sonnette d’alarme sur l’indigence des moyens de la justice : le budget de la France est au 37ème rang européen. La justice française manque de magistrats, de greffiers, de personnels pénitentiaires. Les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP) ont besoin en urgence de 1 000 postes supplémentaires, ne serait-ce que pour appliquer la loi pénitentiaire ! Facile pour le Président de la République de désigner les magistrats, les policiers et les conseillers d’insertion et de probation comme boucs émissaires, quand, à Nantes, ces derniers doivent suivre en moyenne chacun 135 personnes, alors que les préconisations sont de 50 à 60. Au Canada, il y a un agent pour 40 personnes, en Suède un pour 25. Nicolas Sarkozy et sa majorité sont responsables de cette situation désastreuse.
Le Président Sarkozy doit cesser de faire de chaque drame une affaire d'État. Il doit par contre, prendre en compte la question de la justice qui est, elle, l’affaire de l'État.

Condamnations des policiers – Brice Hortefeux s’est gravement fourvoyé

Monsieur Hortefeux en voudrait-il aux magistrats ? Rien d’étonnant de la part d’un homme déjà condamné par les tribunaux pour propos racistes. En jugeant « disproportionnée » la condamnation des sept policiers à une peine de prison ferme, Brice Hortefeux s’est gravement fourvoyé. Victimes d’une inacceptable pression, les magistrats n’ont pas de leçons à recevoir et doivent pouvoir faire leur travail en toute indépendance.
En commentant cette décision de justice, Brice Hortefeux a-t-il voulu dire que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant la loi et que les policiers ont le droit de la bafouer ? Comment, après cela, parler de liberté d’égalité, et de fraternité si ceux qui sont chargé de faire respecté la loi peuvent s’y soustraire grâce à la complicité active au plus haut niveau de l’État.
Personne ne prétendra ramener le calme et la sécurité dans les quartiers en instrumentalisant une guerre entre magistrats et policiers. Brice Hortefeux a gravement discrédité sa fonction de Ministre de l’Intérieur. Le PCF demande solennellement au chef du gouvernement ainsi qu’au Président de la République de se désolidariser des propos de son Ministre.

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