Rapport Abbé Pierre : “Nous n’accepterons jamais le scandale”

triste-anniversaire-appel-abbe-1« Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale c'est qu'on s'y habitue » a écrit Simone de Beauvoir. Cette maxime prend toute sa résonance en ce jour de publication du rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. Chaque année l'association tire la sonnette d'alarme en dénonçant le caractère inquiétant et structurel de la crise du logement dans notre pays. Chaque année elle avance des propositions qui sont aussitôt remisées au placard par les gouvernements en place sous le poids des lobbys et des injonctions d'austérité. Pourtant les chiffres sont alarmants : 3,5 millions de mal-logés, 1,8 millions de personnes en attente d'un logement, multiplication des bidonvilles.

Mal-logement, asphyxie des structures d'hébergement, explosion de la précarité… les maux sont connus, les solutions aussi. Nous n'accepterons jamais le scandale. Il faut investir massivement dans le logement social, revenir sur les milliards d'euros de niches fiscales qui nourrissent la spéculation immobilière, rendre plus contraignante la loi SRU et aider les maires bâtisseurs. Encadrer les loyers et assurer le financement des structures d'hébergement d'urgence. Il faut instaurer un service public du logement et relancer la construction pour atteindre 500 000 logements nouveaux par an. Cette ambition est tout à fait réalisable, elle est au cœur du projet politique que nous portons pour le rassemblement à gauche.

Mal logement : « Assez de se payer de mots ! Maintenant il faut des actes »

abbepierreQue la 5ème puissance mondiale compte des millions de mal-logés et laisse mourir dans la rue est accablant. Le rapport de la fondation Abbé Pierre est sans appel. Comme la courbe du chômage, celle du mal logement peine, et c’est un euphémisme, à s’inverser. Paradoxe saisissant, côté pile : les logements manquent. Côté face : les carnets de commandes de ceux qui les construisent sont vides annonçant une épidémie de fermeture de PME en 2014. Jetant par là-même des milliers de personnes au chômage qui rejoindront le cortège de ceux, si nombreux, qui peine à payer leur loyer. Le taux d’effort pour payer le loyer est si lourd qu’il s’apparente aux sacrifices impactant sévèrement le pouvoir d’achat des ménages. Assez de se payer de mots ! Maintenant, il faut des actes articulant politique urbaine, construction et transformation du bâti existant, et financement. Très loin du pacte d’austérité et de la limitation au crédit d’investissement des collectivités territoriales et des opérateurs publics qui limitent drastiquement leur capacité de contribuer à la construction et à la réhabilitation de logements sociaux.
Nous proposons un plan appuyé sur 5 axes pour tenir le 22ème engagement de François Hollande : construire 500 000 logements neufs par an dont la moitié de  logements sociaux.
– Il faut mettre des pansements en urgence, type réquisitions. Mais sans la construction et la réhabilitation de logements, il s’agit de cache-misère. Il faut mobiliser des financements de l’ordre de 50 milliards d’euros annuels hors taxe, frais financiers, prix du foncier… Cela représente un effort d’investissement d’environ 2% du PIB. Les principales sources de financement sont  le livret A et le 1% patronal. Trois quarts des français ont un livret A. L’encours de plus de 100 milliards d’euro était, jusqu’en 2008, le monopole de la caisse d’Epargne et la Poste. L’ouverture à des banques privées a favorisé le transfert des gros portefeuilles vers des placements plus rémunérateurs, entraînant une baisse des financements du logement social. La collecte du livret A par les banques privées n’est qu’en partie centralisée à la caisse des dépôts et consignations. Et, n’est par conséquent que partiellement fléchée sur le financement du logement social. A cela s’ajoute, l’impact négatif de la crise et du chômage sur le 1% patronal. Alors que la relance de l’emploi par la construction engagerait le pays dans spirale vertueuse plutôt que l’enfermement dans la logique de crise. « Quand le bâtiment va, tout va » dit l’adage.

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Construction de logements à Jérusalem-Est : « inacceptable provocation israélienne »

En annonçant la construction de 1100 logements à Jérusalem-Est, cette partie de la ville qui doit constituer la capitale du futur État palestinien, le gouvernement israélien met au défi l'ONU et en particulier les membres du Conseil de Sécurité dans une inacceptable provocation. Le PCF condamne avec force cette décision consternante d'hostilité et d'arrogance et ce mépris du droit, alors que le Président Mahmoud Abbas a présenté il y a quelques jours une offre historique de paix et de règlement politique qui a changé la donne et qui permet réellement une solution juste et durable. L'attitude scandaleuse et choquante des autorités israéliennes doit se voir opposer des mesures de rétorsion directes et très concrètes. Le PCF appelle la France et ses partenaires européens, au delà des critiques et des condamnations verbales, à prendre leur responsabilité, à sanctionner Israël, notamment par la suspension immédiate de l'Accord UE/Israël, par l'arrêt de toute vente d'armes, par le boycott des produits des colonies et de tout ce qui contribue à la colonisation. L'attitude israélienne n'est plus tolérable.

Lundi 15 mars, le ciel va s’assombrir pour beaucoup de familles

Le 15 mars, qui marque la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions, risques cette année d’être dramatique pour un nombre croissant de personnes. Avec la crise, la montée du chômage et les effets de la loi Boutin qui a réduit par trois les délais d’expulsion, davantage de locataires sont menacés , des niveaux historiques.
Lundi 15 mars l’huissier peut frapper à n’importe quel porte, locataire, accédant, occupant précaire…
La flambée des loyers, de l’immobilier, et les charges y compris en HLM, conjugués à la baisse, a rendu difficile voire impossible l’accès à un loyer stable pour les familles populaires, les salaries modestes, les jeunes, les précaires, les personnes vulnérables.
La cherté du logement réduit le pouvoir d’achat des ménages, voire les précaires. L’offre de logements abordable est très nettement insuffisante. Les formes d’habitat précaire se développent, les marchands sommeils s’enrichissent, la crise du logement s étend.
En 2010, le budget de l’état en faveur des logements sociaux est en baisse. Le gouvernement ne tient pas ses engagements. De nombreuses familles sont expulsées sur autorisation de certaines préfectures, alors qu’elles doivent les reloger en vertu de la loi DALO (droit au logement opposable de 2007) la Loi Boutin  a encore restreint les droits des locataires (entorse au droit au maintien dans les lieux), tandis que les nouvelles “conventions d’utilité sociale” organisent la marchandisation du parc HLM.
La nouvelle “garantie des risques locatifs” vantée par le gouvernement ne s”accompagne pas d’aucune mesure donc le fond du coeur du problème. Rien n est fait pour encadrer le marché, décourager la spéculation et la vacance des logements et faire reculer la crise du logement
Lundi 15 mars , le ciel sera noir, pour beaucoup d’êtres humains de ce pays, des femmes avec enfants, des handicapés, des jeunes, moins jeunes…