Assises : la première pierre du changement posée

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Les assises pour changer de cap en France et en Europe, initiées par le Front de gauche, ont constitué un « événement ». Au-delà de la nécessité d’une alternative, partagée par les forces de gauche, la stratégie a concentré les échanges.
Le débat n’aura pas été un long fleuve tranquille mais, si la stratégie diffère parfois, l’ambition « de changer de cap » a traversé le débat de l’ensemble des forces présentes, hier, à la halle Dufriche de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Les assises citoyennes, initiées par le Front de gauche, y ont réuni plus de 2 500 militants syndicaux, politiques, associatifs et citoyens.
« Comment change-t-on de cap ? »
« On n’obtiendra pas un changement de cap si on ne construit pas de majorité. Nous avons donc décidé d’aller au-delà de nous-mêmes », prévenait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, quelques minutes avant de rejoindre la tribune pour participer à la deuxième séance plénière de l’après-midi, opportunément intitulée « Comment change-t-on de cap ? » La question ne va pas sans créer d’agitation, surtout lorsque les forces en présence n’ont pas choisi la même stratégie.
« Nous sommes en colère mais cela ne suffit pas, nous avons à la transformer en espérance », a prévenu Clémentine Autain, porte-parole de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), en déclinant sa conception de la « nouvelle période politique ». « Aujourd’hui, on ne demande pas “un peu plus” aux socialistes mais un changement de cap radical », a-t-elle lancé, évoquant l’Italie, où « toute la gauche réunie autour de Prodi » a mené « une politique qui a conduit à la désespérance ». « Nous allons incarner l’alternative », a-t-elle ajouté.

La Marche des femmes contre l’austérité à Paris

p1050360Reportage. Plusieurs centaines de manifestants se sont réunis ce dimanche à Paris pour la Marche des Femmes contre l’austérité. Sous la pluie, tous ont rappelé que les premières victimes de l’austérité étaient les femmes.
« Il y a aujourd’hui deux fois plus de smicardes que de smicards, 83% des temps partiels sont occupés par des femmes, deux tiers des bas salaires sont aussi des femmes » énumère Fatima , secrétaire générale du collectif les effronté-E-e. « On ne se rend vraiment pas compte que les femmes sont aujourd’hui les premières victimes de l’austérité ! » s’insurge la jeune femme. Comme Fatima, ils sont nombreux à avoir investi, en ce début de dimanche après-midi à Paris, la place Colette face à la Comédie Française, avant de se diriger vers la place de la République.
À l’appel de plus de 150 militantes, syndicalistes, et féministes de gauche, des marches de l’austérité étaient organisées un peu partout en France ce week-end. Après Marseille ou Tarbes hier, c’était au tour de Paris ce dimanche.
Clémentine Autain, Marie-George Buffet ou même Jean-Luc Mélenchon se sont joints à la manifestation. Un déplacement essentiel selon Laurence Cohen, sénatrice communiste du Val-de-Marne. « Les femmes sont les premières victimes de l'austérité. Elles subissent de plein fouet le temps partiel contraint, une retraitée sur trois vit sous le seuil de pauvreté » a-t-elle rappelé lors des prises de paroles.
Hommes et femmes, unis contre l’austérité
C’est un cortège très mixte qui, pendant deux heures, a défilé dans les rues de Paris. Et si les femmes étaient au premier rang, les hommes n’étaient pas en reste.
« C’est le même combat » explique Bernard, 56 ans, qui, accompagné de sa femme a fait le déplacement. « La voix des femmes porte » affirme-t-il, « mais c’est bien de l’amplifier».
Jean-Charles, 29 ans, animateur social et culturel, est lui aussi venu manifester pour soutenir ses collègues féminines. « C’est essentiel de rappeler les inégalités entre les hommes et les femmes dans la vie quotidienne. Je le vois bien au travail, quand un homme pousse une gueulante on l’écoute bien plus qu’une femme » raconte-t-il. « C’est insupportable qu’il y ait encore des discriminations si fortes. En discriminant les femmes, on discrimine la moitié de l’humanité ! » affirme le jeune homme.

Mélenchon : “Ce qu’est Chavez ne meurt jamais”

Le leader du Parti de gauche a rendu hommage à Hugo Chavez, emporté hier par un cancer. Il se place dans ses pas et promet de perpétuer son oeuvre, sans oublier de déclarer sa haine à l’égard des puissants qui, même à l’heure de la mort, sont incapables de respect.
Se réjouir de la mort d’un homme est en effet infect, certains se reconnaîtront… citons au hasard Le Figaro, qui réduit Chavez à un "provocateur", et les journalistes Jean Robin, qui – avec sa finesse habituelle – écrit "bon débarras" et compare Chavez à Hitler, Staline et Mussolini, Frédéric Martel (France Culture), qui le traite de "quasi-dictateur" et parle de "bonne nouvelle pour le Venezuela", ou encore Frédéric Haziza (LCP, Radio J) qui voit en lui un antisémite.

La proposition de loi sur l’amnistie sociale fait des vagues à droite

parisot_2Décision ahurissante, encouragement à la destruction et au "cassage", un chèque en blanc pour la violence… La patronat et l'opposition sont vent debout contre la proposition de loi d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, votée mercredi au Sénat. Florilège.
L'ancien ministre UMP Eric Woerth
a qualifié vendredi de "décision ahurissante" le vote au Sénat d'une proposition de loi d'amnistie estimant que c'est "un chèque en blanc pour la violence". "Je pense que le Sénat a pris une décision ahurissante, avec le soutien de la garde des Sceaux, parce que c'est un chèque en blanc pour la violence", a estimé sur Europe 1 le député-maire de Chantilly (Oise). "Alors que souffle dans le pays un vent de colère assez considérable, dans toutes les catégories sociales, c'est aussi une gifle au dialogue social puisque c'est le contraire au dialogue social, et c'est aussi une manière assez curieuse d'intervenir sur les décisions de justice", a-t-il poursuivi. "Personne ne peut accepter la violence, même lorsque c'est pour des raisons sociales, la violence, c'est le contraire de ce qu'il faut faire, c'est un reniement supplémentaire de la part du gouvernement", a encore dit l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas privilégier le dialogue social et en même temps amnistier ceux qui ont fait preuve de violence, quand on va casser une préfecture ou une entreprise, à ce moment là on prend ses risques", a-t-il insisté, affirmant que le précédent gouvernement n'avait "jamais cédé à la pression de la rue".
Le député UMP Bernard Accoyer a demandé vendredi que le Conseil économique et social (CESE) soit saisi avant son examen à l'Assemblée nationale. L'ancien président de l'Assemblée "regrette les conditions" dans lesquelles ce texte a été adopté "sous la pression inadmissible d'une manifestation de syndicalistes instrumentalisés par Jean-Luc Mélenchon", écrit-il dans un communiqué. "Si une telle amnistie était accordée, elle serait de nature à légitimer des violences prétendument syndicales au détriment d'un dialogue social responsable dans les entreprises", regrette le député, qualifiant de "nouvelle démarche électoraliste de la majorité" cette initiative.

Marine Le Pen “fasciste”: pour Mélenchon, c’est un fait politique, pas une injure

"Fasciste n'est pas une injure, c'est une caractérisation politique (…) qui est une description d'un processus, d'une identité politique caractérisée par des faits extrêmement précis." Mis en examen ce jeudi pour "injures" à la suite d'un dépôt de plainte de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon a répliqué point par point aux accusations de la présidente du Front national.
Interrogé en 2011 sur des sondages plaçant Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle, le candidat du Front de gauche à la présidentielle avait lancé: "Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir un fasciste à sa tête, pourquoi ils seraient comme ça les Français ?" La candidate du FN avait dans la foulée saisi le doyen des juges d'instruction de Paris d'une plainte pour "injures publiques", reprochant à Jean-Luc Mélenchon d'avoir utilisé le terme "fasciste" pour la qualifier. La mise en examen d'une personne visée par une plainte pour injure ou diffamation est presque automatique, l'affaire se réglant ensuite devant le tribunal.
"Voilà ce qu'est le fascisme historiquement"
Le co-président du Parti de Gauche a étayé le raisonnement qui l'a poussé à qualifier Marine Le Pen de "fasciste". "C'est très typique de l'attitude du Front national qui ne cesse de dénoncer les syndicats comme corrompus, comme vendus au patronat. Deuxièmement, c'est une vision de l'organisation de la société par corporation. Voilà ce qu'est le fascisme historiquement".
"J'estime donc que personne n'a à se sentir injurié dès lors qu'il est l'objet d'une caractérisation. Je pense que la madame a dû venir jusqu'ici dans un moment d'emportement mal maîtrisé et qu'elle va bientôt découvrir que les tribunaux ne sont pas à son service pour éliminer ses adversaires".
Le "plan com'" de Marine Le Pen
"Mme Le Pen cherche à se notabiliser depuis plus d'un an. Elle avait un plan com' qui consistait à ne plus se faire traiter ou caractériser d'extrême droite, de fasciste", a estimé Me Raquel Garrido, l'avocate de M. Mélenchon. "Elle veut que son plan com' soit mis en oeuvre, mis en force par la justice. C'est ça l'enjeu".

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Avec la poussée du Front de gauche, c’est toute la gauche qui progresse

La progression de Jean-Luc Mélenchon n'est pas une surprise. La dynamique électorale du Front de gauche s'est transformée en un mouvement populaire et citoyen d'une telle ampleur, avec une énergie et une force si remarquables, que les indicateurs traditionnels du suivi des campagnes électorales semblent dépassés.
Comment fait-on pour mesurer un espoir en marche, un basculement vers quelque chose de totalement neuf pour la politique et pour la gauche ? Avec la poussée du Front de gauche c’est toute la gauche qui progresse et l'argument du vote utile est lui aussi à ranger dans l'armoire des souvenirs.
Dès demain matin, la direction de campagne va fixer le cap et la feuille de route des prochains jours : poursuivre le travail de fond et le travail de rassemblement. Cette semaine à Vierzon, Limoges puis Jeudi 5 sur la place du Capitole à Toulouse, c’est un nouveau coup de tonnerre auquel nous allons assister, car désormais, quand le Front de gauche donne à voir sa force, la présidentielle 2012 devient celle du peuple. Un peuple qui entend dégager Sarkozy en assurant les conditions de la réussite d'une politique de changement à gauche.

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