Valls : “plus vite, plus fort, mais pas plus juste”

images_93Dans une déclaration à l'issue du conseil des ministres, Manuel Valls, en lieu et place du porte-parole du gouvernement, a poursuivi une storytelling sur l'action gouvernementale avec, au final, un seul et unique message : "ça va saigner. Et à tous les étages".
Pour l'Etat et ses opérateurs, avec l'annonce du maintien du gel du point d'indice pour les fonctionnaires. Pour les collectivités territoriales, avec une ardoise de 11 milliards d'euros de baisse des dotations d'ici 2017. Pour la santé et la sécurité sociale avec la confrmation des 21 milliards d'euros, c'est sans précédent, amputés dans les dépenses de santé et de sécurité sociale. Le Premier ministre porte une attaque sévère avec l'annonce de la non revalorisation des prestations d'ici octobre 2015, ce qui aura des conséquences très douloureuses, notamment pour les retraités.
"Plus vite, plus fort", en effet, mais en aucun cas "plus juste". Si le Premier ministre retouche à la marge les arbitrages sur l'affectation des 50 milliards d'économies, sans consultation du parlement et des partenaires sociaux, le pacte de responsabilité est gravé dans le marbre d'une austérité que surveillent de près la commission européenne et le patronat. Dès aujourd'hui, à n'en pas douter, l'un comme l'autre diront au Premier ministre de la France : "des efforts mais peut et doit mieux faire".

Rapport de la cour des comptes : « un remède qui finirait d’achever le malade »

migaudL’Élysée et Matignon abriteraient-ils des mythomanes ? La Cour des comptes critique vertement, dans son rapport annuel, l'excès d'optimisme persistant de leurs occupants de ramener, sans douleur, le déficit public sous la barre des 3 % en 2015. En réalité, du fait de la faible croissance et du chômage qui ne s'infléchit pas, les recettes fiscales pourraient, cette année, être jusqu'à 6 milliards d'euros inférieures à ce que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont prévu. Du coup, la Cour doute de l'engagement présidentiel de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique d'ici 2017, pour financer une nouvelle baisse du « coût du travail ».
Selon elle, il faudra économiser d'avantage sur la protection sociale, les collectivités locales et les fonctionnaires, avec la poursuite du gel du point d'indice. En somme un remède qui finirait d’achever le malade.
Le président de la Cour des comptes encourage François Hollande à frapper encore plus fort, y compris en diminuant les allègements fiscaux à destination des handicapés et les « facilités de circulation » dont bénéficient les cheminots et leurs familles. Il oublie une mesure pourtant plus efficace ; celle de réduire et conditionner les 200 milliards d'euros d'avantages fiscaux et sociaux et d'aides publiques accordées aux entreprises et aux banques.
Les préconisations de Didier Migaud ne feraient qu'accentuer le mal-être des Français, et amplifieraient déficit public et dette publique. La gauche doit rompre avec cette fuite en avant. Les élus locaux de gauche ne veulent pas que l'austérité hollandaise ravage leurs collectivités.

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