huissier


C’est un joli nom CAMARADE, c’est un joli nom, tu sais. Le billet de ce matin. 2

MOI_pR E V O L U T I O N !!!!
Bonjour et bises à toutes et tous mes amis (es),
Pour celles et ceux qui connaissent cet événement, je vous demanderais lors de vos commentaires de taire les noms des personnes concernées. C’est déjà difficile de vivre ce genre de chose, n’en rajoutons pas.
Merci.
C’est un joli nom CAMARADE, c’est un joli nom, tu sais.
Nous sommes jeudi, le jeudi 24 octobre, il est 10 heures, le téléphone sonne, au bout du fil, une amie en pleure qui me dit : « ils sont en train de me vider le logement pour m’expulser. » D’abord, je crois à une blague, et je fais répéter, elle redit : « ce n’est pas un canular Philippe, ils sont en train de me vider le logement pour m’expulser. » Il y a la police, un huissier et les déménageurs.
Un coup de massue sur la tête m’aurait fait le même effet, tu as l’impression de vivre un moment dont tu te dis que cela ne peut arriver qu’aux autres. Non ! La preuve, cela arrive à beaucoup de monde et peut-être que demain tu seras la victime de cette procédure digne d’une autre époque.
Je l’écoute et des larmes me viennent aux yeux, de suite le pire se dessine dans ma tête, où va-t-elle dormir ce soir ? Que faire pour arrêter cette procédure ?
Tout ce que je sais, c’est qu’il faut faire vite, réagir et agir très vite. Je raccroche en lui disant calme toi, je te rappelle.
De suite je bigophone à nos amis (es) et camarades proches pour les en informer, afin de trouver une solution.
Je téléphone à la mairie pour avoir un responsable, et comme d’habitude, dans ces cas-là, tout le monde est absent, alors qu’il faut faire vite, très vite d’autant qu’ils déménagent le logement.
Dans la demi-heure qui suit, nous nous sommes organisés, un connaît le téléphone portable du maire, l’autre prévient d’autres personnes qui pourraient intervenir, un autre va chez l’amie pour l’accompagner. Cela va vite et dans le même temps les minutes passent, et il faut faire vite, très vite pour éviter le pire.
Je téléphone à mon tour à l’amie pour lui dire, t’inquiètes, on fait ce qu’il faut, on va tout faire pour essayer d’arranger les choses.
Entre-temps, l’un a réussi à contacter le maire, l’autre des personnes susceptibles de nous aider juridiquement. Je téléphone à mon tour à l’attaché parlementaire du député de notre circonscription, je me dis que, plus il y aura de monde à intervenir, plus nous aurons de chance à arrêter le processus. D’autant que le collègue au député est maire d’un village et me dit suivant les indications que je lui fournis, que cette procédure d’expulsion est bizarre, il manque des éléments qui n’ont pas eu lieu.
J’arrive chez mon amie, il est 12 heures 50, le camion de déménagement est là, les déménageurs continuent leur sale boulot.
Arrivé dans l’appartement, j’aperçois, l’huissier et un policier. Debout avec un regard grave, ils me regardent et je crie très fort que c’était une honte de voir cela de nos jours, que c’était digne d’un autre temps, ils ne disent pas un mot et me laissent aller voir mon amie. Elle est défaite, perdue, pas une larme ne coule de ces yeux, elle a le regard dans le vide. Je la serre dans mes bras et lui demande ce qui a pu arriver pour en finir à ce stade.
Elle reconnaît avoir eu des défaillances financières et avoir une dette vis-à-vis de son bailleur. « Je dois un peu plus de 3000 € », mon téléphone sonne, c’est l’attaché parlementaire qui me dit avoir eu un responsable de l’organisme bailleur qui lui a fait savoir que mon amie devait une dizaine de milliers d’euros, je ne comprenais plus, elle disait un peu plus de 3000 et lui une dizaine de milliers.
La colère montait en moi, assez brusquement je redemandais à mon amie à combien se chiffrait exactement sa dette, elle me répéta un peu plus de 3000 €.
Pour en être sûr, je me suis décidé à aller voir l’huissier et lui demander, il me répond qu’elle devait la somme de 3277 €, assez sèchement je lui répondis : pour cette somme, vous pouvez justifier cette procédure ?  N’y aurait-il pas mieux valu engager un dialogue ? Nous sommes en 2013 tout de même !
Je passe sur les détails, je dois retourner à mon travail, des amis (es) sont là pour accompagner notre amie.
Le maire arrive et sursoit à l’expulsion, il arrive à reporter celle-ci au lundi 28 octobre sauf si nous arrivons à récolter le montant de la dette et le remettre dans la matinée du lundi.
Dès que j’ai l’information, je m’adresse à nouveau à tous mes amis (es) et propose d’envoyer des émails afin de mettre en place une chaîne de solidarité. Nous sommes d’accord sur le procédé, et l’appel est lancé, il est 17 heures.
Le déménagement a cessé, notre amie est toujours dans son logement.
17 heures 15, des réponses positives se font connaître, nous allons réussir à réunir la somme voulue.
Ce récit ne se veut pas être du voyeurisme, d’autant qu’aujourd’hui avec la situation que nous connaissons, de ce genre de procédure, nous allons en connaître quelques une si ce n’est pas dire beaucoup.
Un conseil à celles et à ceux à qui cela pourrait arriver. N’ignorez pas les courriers que vous recevez, n’ignorez pas les demandes de rendez-vous que l’on vous demande, répondez, il y a toujours une solution aux problèmes posés.
Parlez-en à vos amis (es), des conseils peuvent vous en sortir, ce n’est pas une honte de se retrouver dans des situations telles que celle-là, personne n’est à l’abri.
Mais ce qui est important pour moi, c’est que le mot camarade est un joli nom, et que ce nom existe toujours, et que nous avons réussi très vite à ce que ce nom de camarade ne soit pas une mascarade.
Pendant quelques heures, nos cœurs battaient la chamade, aujourd’hui ces images fortes, des images qui nous ont bousculés, des images qui font mal ont été remplacées par ce nom de CAMARADE.
C’est un joli nom CAMARADE, c’est un joli nom, tu sais.
Liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité, poing fermé et levé.


Je suis commerçant, un commerçant de proximité, un petit commerçant, un commerçant qui subit la crise économique comme tout le monde…. Le billet du jour. 1

MOI_pMonsieur Jean-Marc Ayrault Premier Ministre
Monsieur Christian Eckert député de la 3ème circonscription de Meurthe-et-Moselle, rapporteur général de la commission des finances.

Messieurs,

Depuis quelque temps on nous fait remarquer que tous les jours un paysan se suicide en France, il se suicide, car il n’arrive plus subvenir d’une part à ses besoins et d’autre part il est acculé par tout ce qu’il doit payer.
Alors que nous vivons dans une période de crise, qu’il devient de plus en plus difficile à payer nos factures, et bien évidemment je parle de celles et ceux qui paient, mais qui paient en retard afin de ne pas avoir d’ennuis avec leur banque.
Je suis commerçant, un commerçant de proximité, un petit commerçant, un commerçant qui subit la crise économique comme tout le monde, un commerçant qui est aussi contraint de se priver pour éviter de se retrouver à la rue. Je travaille essentiellement avec les administrations qui règlent leur facture à 30 voire au plus tard 45 jours. Il m’arrive souvent de devoir assumer un découvert bancaire qui m’occasionne des frais, des agios, des commissions d’intervention et même des intérêts sur les frais.
Pour m’éviter des rejets de paiements, et tous ces frais que j’ai énumérés, je jongle chaque mois afin de me prévenir de ce genre de chose. Alors, je paye mes factures quand j’ai l’argent disponible, parfois avec quelques jours de retard, mais je règle.
Aujourd’hui, je reçois ma facture EDF du mois d’octobre 2013, alors que j’avais payé ma facture précédente pour les raisons évoquées plus haut en retard, sur celle-ci figure un montant de 40,00 € de pénalités pour retard de paiement. 40 € soit 262,38 Fr qui parleront un peu plus aux anciens.
Je téléphone chez EDF pour leur dire que je suis indigné, que nous vivons des moments difficiles et qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter des difficultés aux difficultés. L’agent au bout du fil est confus et me dit que c’est une loi, le décret n° 2012-1115 du 2 octobre 2012 fixant le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement dans les transactions commerciales prévues à l'article L. 441-6 du code de commerce, décret voté par nos chers députés.
Vous vous rendez compte, non seulement, les énergies augmentent et n’ont pas fini d’augmenter, mais en plus on nous impose ce genre de décret.
Aujourd’hui avec la situation que nous connaissons combien payent ce genre de pénalités ?
Avec ces pénalités est-il encore plausible d’augmenter les énergies ?
Parce que des 40 € par mois de pénalité, il doit y en avoir un sac. Cela en fait des sous pour combler les pertes d’EDF et augmenter les difficultés des usagers.
Et tout est basé sur ce système, tous les organismes collecteurs où un retard de paiement de seulement une journée équivaut à 10 % de pénalités et si vous n’arrivez pas payer, vous avez droit à la visite d’un huissier et parfois même au blocage de votre compte bancaire.
Croyez-vous que ce soient des bonnes conditions de travail ?
Pensez-vous un  seul instant que cela encourage à se mettre à son compte ? Et j’en passe et des meilleurs.
Aujourd’hui celles et ceux qui s’installent en tant que commerçant ou artisan sont pour la plupart, des chômeurs qui essaient de s’en sortir, de ne pas vivre aux crochets de la société, croyez-vous un seul instant que ces mesures, ces façons de faire, ce racket soit des arguments pour motiver à se mettre à son compte ?
Tandis qu’aujourd’hui on nous parle du suicide chez les paysans, attendez-vous que, demain on parle aussi du suicide chez les commerçants et petits artisans.
Pénalité, majoration, frais, intérêt, commission, huissier sont devenus des mots que tout à chacun connaît, des  mots qui ne devraient pas exister dans cette société où certains en ne faisant qu’un clic de souris se font des millions d’euros.
Dans cette société en crise où aujourd’hui il est devenu difficile de vivre, que pour une majorité, c’est de survivre qu’il faut parler, nos députés de gauche et son gouvernement du même bord ajoutent encore des décrets qui font que les fins de mois deviennent un calvaire. Pourtant, ce n’était pas « du changement, c’est maintenant » dont on nous parlait en mai 2012 ? Mais où va-t-on ?
J’ai décidé et j’en ai informé l’agent de chez EDF de payer ma facture, mais sans la majoration.

J’appelle toutes les Françaises et les Français à faire de même. Cela suffit !
Après le triste record du nombre de chômeurs, la France deviendra-t-elle recordman du nombre de suicidés ?
En espérant monsieur le Premier ministre et monsieur le député que vous tiendrez compte de ces remarques qui polluent la vie de ces gens qui se sont installés non pas pour devenir des riches, mais tout simplement pour vivre dignement. Force est de constater qu’aujourd’hui ce n’est pas le cas, et le pire, on en rajoute.
Veuillez monsieur le Premier ministre et monsieur le député agréer mes sentiments distingués.