Démocraties : Le peuple a-t-il encore le pouvoir ?

Passionnant débat hier soir chez Taddeï autour de Hervé Kempf, auteur de L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, et Alain Cotta, auteur du Règne des oligarchies. Pour ces intellectuels, il est acquis que nous ne vivons pas en démocratie, et que nous nous dirigeons vers un régime oligarchique, où un petit nombre a le pouvoir (ceux-là mêmes que l’on retrouve à Davos, à la Trilatérale, dans le groupe Bilderberg ou Le Siècle…). Mais à qui la faute ? Aux oligarques ? Ce serait trop facile… Ces derniers s’emparent du pouvoir qu’on leur a laissé ! La faute au peuple plutôt, qui a abdiqué son pouvoir et sombre dans l’apathie télévisuelle et la passivité.

Démocraties : Le peuple a-t-il encore le pouvoir ?

Démocraties : Le peuple a-t-il encore le pouvoir ?

Dans une interview, Kempf déclare : "Dans tous les textes qui réfléchissent à la démocratie, la notion d’égalité est fondamentale. Chacun a un droit égal à la parole. Pour autant cette sagesse du peuple n’est pas innée, elle se forme dans la délibération, dans la confrontation et dans l’écoute, et c’est par cette délibération que les folies ou les égoïsmes des uns et des autres sont canalisés vers le bien commun. Mais tout ceci suppose que chacun ait le désir de faire démocratie, de laisser un temps ses affaires et de rejoindre l’agora pour débattre de l’intérêt collectif – que chacun, autrement dit, ait le souci de l’autre et de la communauté. C’est en ce sens que j’entends le mot vertu.

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Vive le déficit s’il est gouverné par le peuple et non par les marchés car le crédit est un bien public !

François Hollande n’a pas voté la loi sur la burqa, et pour cause, sous son voile de socialo présidentiable, son raisonnement est celui de la ménagère. Interviewé le 17 novembre sur « France-Inter », il ne s’oppose pas, même un peu, à la politique de soumission à Bruxelles.
En filigrane il n’a qu’une proposition: renforcer encore l’alliance avec l’Allemagne, celle-là même qui a écrasé ses syndicats et ses salaires, celle-là même qui a imposé le statut privé de la Banque centrale européenne, c’est-à-dire la soumission à la finance dont on a vu le comportement…
Hollande se propose de faire la politique… actuelle: la réduction des déficits, ce qui passe par le saccage de l’emploi. «Oui il faudra réduire les déficits. La dette sera transmis au président futur… car c’est une des façon de l’Etat de se débarrasser des marchés.. la meilleure façon c’est de maitriser la dette.. les agences de notation ne vont pas disparaître..».le journaliste, un Patrick Cohen amusé se moque: on peut dire que justement vous obéissez aux agences de notations !... Pour un fois Cohen tape juste.
Le déficit fiscal est un problème à traiter, insiste Hollande, promettant que le PS au pouvoir y travaillerait, ce qu’il justifie en disant: diminuer les déficits, c’est réduire la dépendance de l’Etat par rapport aux marchés financiers…

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