Baisser les salaires ! C’est le programme de l’UMP !

Quand l’UMP, J-F. Copé, B. Lemaire et autres se réengagent dans la bataille contre les 35 h, personne n’y comprend rien car cela ne sert à rien vu que n’importe quel employeur peut faire travailler un salarié jusqu’à 48 h par semaine.
En quoi le fait de remettre en cause les 35 h fera que les salariés travailleront plus ? Mystère. Nous avons déjà le taux de productivité horaire le plus élevé du monde. On pourra difficilement faire mieux. Ce sont les pays les plus pauvres qui travaillent plus longtemps et les pays les plus riches qui ont les durées du travail les moins longues.
Les 35 h c’est la durée légale, rien de plus. La loi prévoit déjà la possibilité de 13 h supplémentaires par semaine. La seule loi contraignante d’ordre public social est celle qui fixe à 10 h par jour et à 48 h par semaine la durée maxima. Au-delà de 10 h et de 48 h c’est un délit pour les employeurs de faire travailler un salarié. Mais ni l’UMP ni Copé ne remettent en cause les 48 h apparemment. Cette durée maxima sert à protéger l’emploi et la santé des salariés contre leurs employeurs et même contre eux-mêmes, les abus subis et même choisis, tel est du moins son sens dans la constitution
française.
Alors puisque ça ne sert à rien du point de vue de l’allongement éventuel de la durée du travail réel, à quoi servent le bruit et la fureur de l’UMP contre les 35 h ?
La réponse est pourtant simple : à supprimer le seuil de déclenchement des heures supplémentaires à 35 h. Car à partir de la 36e, 37e, 38e heure de travail, chaque heure est majorée de 25%. Supprimer ce seuil c’est supprimer la majoration, donc c’est baisser le salaire net et brut de ceux qui feraient éventuellement plus de 35 h. Cela remettrait aussi mécaniquement en cause la notion de Smic indexée sur la durée légale mensualisée à 151 h 66.
L’UMP veut en fait supprimer toute durée légale comme l’exige le MEDEF. Donc supprimer toute notion d’heures supplémentaires. Remplacer la loi par des contrats au gré à gré. Soumettre à la bonne volonté patronale la fixation des horaires de travail salariés. Donc supprimer toutes les majorations légales, celles à 25 %, celles à 50 % et celles à 100 %. Cela devient une énorme baisse de salaire pour tous ceux qui travailleraient plus.
Idéal complété par la proposition de supprimer les cotisations sociales et de les remplacer par une « TVA sociale ». Les cotisations sociales font partie du « salaire brut » payé par l’employeur. Une partie de ce salaire est versée directement, c’est le « net ». Et une partie est versée indirectement, c’est le « brut » : cette partie du salaire est mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins lorsque vous êtes malades, au chômage, en accident du travail, en charge de famille nombreuse, en besoin d’aide au logement, en accident du travail ou en retraite. C’est ce qu’il y a de plus beau en France, ce n’est pas une charge mais un bonheur. C’est ce que l’UMP veut supprimer : que l’employeur ne paie plus les cotisations sociales. Mais que tous les salariés les paient chacun individuellement à leur place sous forme de TVA. C’est une autre forme de baisse massive de salaire dont il est ainsi question.
C’est ça le nouveau programme central de l’UMP : baisser massivement vos salaires bruts et nets. Travailler plus et gagner moins, voilà l’idéal à peine caché du programme de l’UMP.

Gérard FILOCHE

 

Retraites : Quand Gérard Filoche démonte l’argumentaire actuel

Si vous prenez la peine d'interroger votre entourage, vos collègues, vos amis, vos proches, sur le sujet de la retraite, le plus grand nombre vous répondra : « c'est super compliqué ». Les plus désabusés, dans un haussement d'épaules, avoueront que « de toute façon, tout est déjà décidé ». D'autres se lanceront dans des explications confuses sur les effets du baby-boom, de la crise, du chômage…
Côté politique ou syndical, les réponses sont tout aussi embrouillées, résignées et/ou évasives. Chacun y va de sa petite solution , sans approfondir les données du « problème ». Tant et si bien que nous gardons à l'esprit qu'il y a un problème, mais sommes incapables de l'énoncer clairement….
Moralité, même en y mettant de la bonne volonté, en se renseignant, en lisant abondamment tout ce que les médias publient sur le sujet, au final, on ne sait pas plus qu'avant si il y a un vrai problème des retraites, actuel et à venir,qu'elle est sa nature, s'il faut réagir vite ou prendre son temps pour construire un système pérenne, voir même si un tel système peut être pérenne.
Sauf que, en surfant sur la page du Breton Sauvage, « l'illumination » m'est venue grâce à cette vidéo.

Limpide, n'est ce pas, comme explication ?
Du principe de la retraite par répartition, en passe par le démontage du mécanisme mis en place pour détruire le système actuel de retraite, les réponses à toutes les questions qu'on peut se poser légitimement, devant les grandes manœuvres auxquelles on assiste actuellement, nous sont données.
L'allongement de la durée de vie, comment ça se calcule, l'influence des conditions de travail sur la durée de vie, l'influence du chômage sur la baisse des recettes des caisses de retraite, l'incongruité de l'allongement des annuités, tout y est abordé. Gérard Filoche, explique de façon simple, limpide, que si il y a un déficit des caisses de retraite, c'est parce que les politiques en défaveur de l'emploi font dangereusement baisser les encaissements.
Il en profite également pour remettre les pendules à l'heure sur le plan sémantique, en expliquant par exemple, que le concept de charges sociales n'existe pas en droit et qu'on englobe sous cette terminologie toute une série de cotisations qui permettent aux salariés de bénéficier de services, de prestations sociales.
Non sans égratigner le MEDEF, les leaders politiques de droite, et certains de ses camarades de gauche, qui véhiculent des informations partielles et orientées sur la question des retraites, Gérard Filoche conclut que le traitement de la question des retraites c'est avant tout un choix de société.
J'invite tous ceux qui, parce qu'ils sont à la retraite, parce qu'ils espèrent pouvoir un jour utiliser ce droit constitutionnel, parce qu'ils ne conçoivent pas une société où l'entraide dépendrait financièrement des fluctuations boursières, à visionner attentivement cette intervention de Gérard Filoche. Elle représente à elle toute seule une mine d'arguments, tous plus fondés les uns que les autres, à opposer à tout ceux qui, consciemment ou inconsciemment, veulent nous tenir à l'écart des négociations en cours sur les retraites.