Femmes. “En France, le droit à l’avortement reste menacé”

avortement_manifCaroline Rebhi, membre du Planning familial, fait le point sur les attaques contre le droit à l'avortement en France et souligne tout de même des avancées.
«Le droit a l’IVG a été renforcé récemment en France en enlevant, dans la loi, la notion de détresse comme condition pour y avoir recours. Depuis avril 2013, le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale a aussi été acquis. Malgré tout, ce droit reste menacé. Lors des échographies, certains professionnels continuent de suggérer à la femme de garder l’enfant, la mettant mal à l’aise pour demander une IVG. D’autres médecins, de plus en plus nombreux, invoquent leur clause de conscience pour ne pas appliquer la loi de 2001 qui a repoussé le délai d’avortement de douze à quatorze semaines d’absence de règles.
Autre difficulté : certains praticiens ne laissent pas suffisamment le choix sur la méthode d’avortement. En dessous de sept semaines, on va imposer la méthode médicamenteuse plutôt que chirurgicale, car moins coûteuse. Or les femmes ne savent pas forcément que cela provoque une fausse couche, ce qui est loin d’être anodin et ne peut être choisie qu’en toute connaissance de cause. Enfin, l’IVG est menacée par un trop faible budget : 110 centres ont fermé depuis dix ans, il n’y en a même plus un par département. Il y a une inégalité territoriale. Dans certains hôpitaux, en août et pendant les fêtes, les délais d’attente dépassent trois semaines ! Il faut donc redonner des moyens. Il est aussi indispensable de créer des centres IVG autonomes dans l’hôpital avec du personnel formé pour mieux accompagner les femmes. Enfin, il faut arrêter de les culpabiliser avec l’avortement sous prétexte qu’il existe beaucoup de moyens de contraception. L’IVG est un droit.»

Comment les réacs de la Manif pour tous ont propagé la “rumeur du genre”

CaptureVidéo. Cette professeur des écoles à Dijon explique comment les anti Mariage pour tous se sont saisis du programme "ABCD égalité" de lutte contre le sexisme et ont organisé leur réaction, souvent violente, menant un an plus tard à la "rumeur du genre" dans les écoles.

Mercredi dernier, plusieurs centaines de militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de l’Unef, de l’UNL et de la FIDL se sont donné rendez-vous à la bourse du travail de Paris. Une journée pour construire une réponse syndicale unitaire face à la percée des idées d’extrême droite dans le monde du travail. Dans ce cadre, la CGT a mis en ligne des témoignages de militants syndicaux. Parmi ceux-ci, Cécile Ropiteaux, professeur des écoles, explique comment le projet pédagogique mené par les enseignants pour lutter contre le sexisme et l'homophobie a été pris en otage par les opposants à la loi Taubira permettant le mariage pour tous et toute.
Pris pour cible
"La restitution de ce travail, sous forme de colloque et de plusieurs publications syndicales et pédagogique, a eu lieu en plein dans les "manifestations pour tous", explique cette militante de la FSU-SNUipp. "Nous avons été pris pour cible dès le printemps dernier par la presse d'extrême-droite mais aussi de droite, sur des publications où on nous traitaient d'assassins d'enfants."
"A la rentrée scolaire de septembre, ça a évolué. Le ministère de l'Education nationale et celui des Droits des Femmes ont mis en place une expérimentation, qui s'appelle "Abcd égalité", destiné à lutter contre les stéréotypes en école primaire. Ils ont là aussi pris pour cible ce dispositif qui n'est pourtant pas subversif. Ils se montent en collectifs de parents auto-proclamés. Ils ne sont pas très nombreux, mais très actifs. Ils vont tracter devant les écoles. La presse nationale ou régionale leur ouvre leurs colonnes. Certains s'appellent "vigi gender", d'autres "collectifs de parents". Ils nous accusent de complot, de vouloir mettre dans la tête des enfants qu'ils pourront choisir leur sexe quand ils seront adultes, qu'ils pourront choisir leur sexualité, comme si l'homosexualité était un choix."
Logique d'émancipation
"Plusieurs de nos permanences syndicales ont été taguées, placardées. Au niveau parisien, on a été victime d'un laché de souris, sur le thème "nos enfants ne sont pas des cobayes". On trouve ça inquiétant. On aimerait bien que les institutions, le ministère de l'Education, du Droit des Femmes, réagissent un peu plus à toutes ces attaques."

"Nous, nous réagissons avec nos moyens, auprès des collègues et des parents, pour rétablir la vérité, en essayant de dire que nous sommes vraiment dans une logique d'émancipation et que pour ces extrêmistes là au contraire, l'homme et surtout la femme doivent rester à leur place."

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