Fillon / retraite à 67 ans : « nouvel acte de soumission aux spéculateurs »

Dernier acte en date de soumission de l'Exécutif au Médef et aux spéculateurs : reculer une nouvelle fois l'âge de la retraite.
Pour faire passer la pilule indigeste à l'opinion publique, le Premier ministre prend prétexte de « l'alignement sur l'Allemagne ». Mais il omet sciemment de préciser que le départ à taux plein peut se faire au bout de 35 ans de l'autre coté du Rhin, contre 41 ans et demi désormais en France. Subtile différence…
Le bras d'honneur du gouvernement aux salariés, à l'automne dernier lors du passage en force de la réforme des retraites n'a pas suffit. Monsieur Fillon cherche maintenant à imposer de fait la retraite à 67 ans en prétendant qu'elle est inévitable. Son projet d'alignement sur l'Allemagne entraînera une régression sociale et économique pour les deux pays.
Cet enfermement dogmatique qui consiste à se coucher devant les seuls intérêt du capital mène notre pays droit dans le mur. Il y a urgence à changer de logique !
Le financement de nos retraites peut être assuré dans l'immédiat en faisant cotiser les revenus financiers et spéculatifs au même niveau que les revenus du travail salariés. C'est par la reprise en main de l'économie par les citoyens et les salariés, pour qu'elle réponde aux besoins sociaux, au pouvoir d'achat, à la création d'emploi… que nous sortirons de la crise.
L'humain d'abord, pas les marchés financiers !

« Taxer les mutuelles est un non-sens économique »

Le gouvernement dit que les mutuelles peuvent « ne pas répercuter la hausse de la taxe sur les conventions d’assurance »
C’est une contre-vérité absolue. Les mutuelles sont des organismes à but non lucratifs qui ont un fonctionnement très simple : elles encaissent les cotisations et reversent les prestations à ceux qui sont malades. Elles n’ont ni trésor caché, ni bas de laine pour absorber les chocs fiscaux. Elles ont évidemment des sommes en réserve (qui représente 200 à 300 euros par adhérent), mais c’est une obligation légale. Désormais les mutuelles vont être taxées à hauteur de 13,27%. Cela signifie que lorsqu’elles perçoivent 100 euros de cotisations, elles versent d’emblée 13,27 euros à l’Etat. Ce sera forcément répercuté sur le prix des contrats.
4 millions de « sans mutuelle »
4 millions : c’est le nombre de personnes qui n’ont pas de complémentaire santé
547 euros : c’est le reste à charge par personne et par an d’un assuré en 2008. Il était de 217 euros en 1980.
10% : c’est la part que représente une complémentaire santé dans le revenu des ménages les plus pauvres (moins de 800 euros par personne).
10,5% : c’est la part de femmes au foyer qui n’ont pas de couverture complémentaire.
30% : c’est le nombre de personnes sans mutuelle qui refusent à se soigner.
76% : c’est la part de cadres qui bénéficient d’une mutuelle d’entreprise, contre seulement 58% des ouvriers.

Retraites : vers un nouveau durcissement des règles

INFO LE FIGARO – Les générations nées à partir de 1955 devront cotiser un trimestre de plus, selon un avis du Conseil d'orientation des retraites rendu mercredi.
Cinq jours à peine après la fin de la retraite à 60 ans
, et le début de la transition vers un âge légal à 62 ans, cette nouvelle pilule risque d'être difficile à faire avaler. De sources concordantes, le Conseil d'orientation des retraites (COR) rendra mercredi un avis préconisant un allongement supplémentaire de la durée de cotisation pour obtenir une pension à taux plein. Pour les générations nées à partir de 1955, cette durée passerait à 166 trimestres soit 41,5 années.
Jusqu'ici, la barre est fixée à 163 trimestres (génération 1951), 164 (génération 1952) ou 165 (générations 1953 et suivantes). Cette nouvelle augmentation ne serait en fait que l'application «mathématique» d'une disposition de la loi Fillon de 2003 : la durée de cotisation évolue proportionnellement à l'espérance de vie à partir de 60 ans. Celle-ci, selon les dernières estimations de l'Insee, atteint actuellement 24,42 ans, soit près d'une année gagnée en quatre ans. La réforme des retraites votée à l'automne dernier n'a pas modifié cette règle dans son principe, mais elle y a ajouté deux modalités. D'abord, tout allongement de la durée de cotisation doit être annoncé à l'avance pour laisser les futurs retraités s'organiser. Ainsi, un changement pour la génération 1955 doit être acté avant fin 2011. Ensuite, la décision est prise par décret, «après avis technique du Conseil d'orientation des retraites». Si la loi est respectée au pied de la lettre, le COR et le gouvernement n'ont guère de latitude.
«Double peine»
La difficulté, pour le président du Conseil d'orientation, Raphaël Hadas-Lebel, sera de rédiger un avis qui, à la fois, constate cet état de fait et dissocie les syndicats membres de l'instance de la recommandation d'allongement de la durée de cotisation. En effet, le COR, qui regroupe partenaires sociaux, politiques, hauts fonctionnaires et experts, fonctionne par consensus. Aucun de ses membres n'a, par exemple, contesté ses projections de l'an dernier (autour de 100 milliards d'euros de besoin de financement par an vers 2050), sur lesquelles la réforme Sarkozy-Woerth a ensuite été construite. Ce qui n'a pas empêché les syndicats de s'opposer aux solutions retenues par le gouvernement.
Mais ce consensus n'était possible que parce le COR ne validait jamais explicitement telle ou telle mesure. Pour la première fois, il est appelé à se prononcer noir sur blanc sur la durée de cotisation. Même si son avis n'est que technique, les syndicats ne veulent pas donner l'impression qu'ils cautionnent un durcissement. Ils dénonceront une «double peine», juste après le recul de l'âge légal entré en vigueur vendredi dernier. D'autant qu'ils contestent le mode de calcul : l'espérance de vie à 60 ans est censée mesurer le temps moyen dont les anciens salariés profitent de leur retraite… sauf qu'ils ne pourront bientôt plus partir avant 62 ans !

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