Retraite : le COR réduit à jouer les « passe-plats » pour le gouvernement

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) doit rendre un "avis technique" ce mercredi sur la durée de la cotisation des retraites requise pour liquider une pension à taux plein. Il s'agit pour le gouvernement de poser les premiers jalons d'un nouvel allongement de la durée de cotisation après avoir supprimé le droit pour les salariés de partir en retraite à 60 ans.
Après avoir affolé tout le monde avec des prédictions plus que discutables pour faire passer dans l'opinion publique la fin de la retraite à 60 ans, le COR est désormais réduit à jouer les « passe-plats » pour le gouvernement dans son entreprise de mis-à-sac de nos retraites. Le conseil d'orientation des retraites en se retranchant derrière l'application stricte du mécanisme prévu par la loi de 2003, valide ainsi l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans et demi. Cette mesure est d'autant plus injuste que la France en cumulant, recul de l'age légal et augmentation de la durée de cotisation, devient un des pays les plus régressifs en matiere de retraites dans l'Union européenne.
Cette stricte application de la réforme Fillon n'a qu'un but : réduire le montants des retraites. C'est suicidaire. Le système de retraite par répartition ne peut être sauvé qu'à la condition de faire entrer d'autres ressources financières, en taxant les profits et la spéculation financières. Et cela, le COR le sait pertinemment.

Retraites : à propos d’espérance de vie

Le gouvernement mène une campagne de publicité dans la presse (inutile de demander qui paie, nous connaissons la réponse) sur le thème de l'augmentation de l'espérance de vie. 66 ans en 1950, 81 ans en 2010, dit-elle. Conclusion : il faut faire quelque chose (inutile de demander quoi, la réponse est également connue).
On ne peut rien contre les chiffres, dira-t-on. Mais ces chiffres sont truqués.
Il faut souligner un premier point : L'augmentation de la durée de la vie n'implique pas une amélioration symétrique de la santé à un âge donné. Bien au contraire : Si on vit plus vieux, c'est que bien des maladies qui étaient mortelles ne le sont plus. Elles n'en laissent pas moins des séquelles. Ce n'est pas parce qu'on est plus nombreux à atteindre 70 ans qu'on est plus capable de travailler à 70 ans qu'en 1950.
Mais, surtout, le chiffre dont on nous rebat les oreilles n'a rien à voir avec la durée du temps passé à la retraite. Pour une raison simple : Il s'agit de l'espérance de vie à la naissance. Elle était, encore en 1950, bien plus 100 ans plus tôt, tirée vers le bas par le nombre de morts en bas âge. Celles-ci sont, fort heureusement, devenues très rares, ce qui pousse la moyenne vers le haut. Mais ne change rien à la question des retraites.
J'ai donc cherché le seul chiffre pertinent, celui de l'espérance de vie à 60 ans. J'ai fini par le trouver, sur le site du COR (Conseil d'orientation des retraites). Cette espérance était de 16 ans (soit 76 ans) en 1950. Elle atteint aujourd'hui 24 ans (soit 84 ans). Là où le gouvernement affiche un écart de 15 ans, créateur fatal de gouffre, il n'y a en fait que huit ans de différence. D'autant plus facile à combler par l'augmentation de la productivité.
Cliquez ici ► Je joins le graphique du COR. Il appelle deux remarques :
1) ► La façon dont la courbe est prolongée jusqu'en 2050 est bien sûr ridicule. Rien ne permet de croire à une augmentation continue de la durée de la vie : Certaines limites naturelles seront forcément atteintes. Pourquoi s'arrêter en 2050, et ne pas poursuivre hardiment pour nous apprendre que vers l'an 3000, nos descendants vivront en moyenne 170 ans, et qu'il est donc urgent de porter la durée de cotisations à 150 ans ? Ce ne serait pas moins sérieux.
2) ► Malgré tout, supprimés ces amusants pointillés, la pente semble rude. C'est une question d'échelle : On peut tout faire, avec un graphique. Les années de vie (en ordonnées) sont représentées par quatre fois plus de centimètres que les années de temps (en abscisses). En plus, l'échelle des ordonnées commence à 16, histoire de donner l'impression qu'on part de zéro et qu'on grimpe vertigineusement.
Conclusion : Nous avons là un exemple type de l'usage qu'on fait des chiffres et des graphiques pour asséner des "vérités incontestables" qui n'en sont pas.

Retraites – Premières réactions aux chiffrages du COR : Un mauvais film pour de mauvais coups

Sondages après sondages, une majorité de Françaises et des Français témoigne de leur très vive préoccupation pour l’avenir des retraites et leur attachement à un départ à 60 ans.
Alors que les prévisions financières du COR (Conseil d’Orientations des Retraites) pour l’horizon 2050 seront officiellement rendues publiques mercredi 14 avril, les premiers chiffres dévoilés aujourd’hui alimentent une première opération d’instrumentalisation et de manipulation.
Sur fond de valses de milliards d’euros, l’objectif poursuivi est double. D’abord assommer l’opinion publique sur une prétendue impossibilité pour continuer à financer les retraites, puis imposer d’emblée un enfumage du débat interdisant qu’il ne puisse rebondir sur la question décisive des nouvelles ressources de financement pour consolider notre système par répartition.
Déjà, la patronne du Medef en demande davantage, invitant à un effort supplémentaire dans le catastrophisme. Le casting d’un mauvais film pour de mauvais coups se met en place.
L’avenir des retraites mérite un débat sérieux, posant les enjeux de civilisation, le choix de société que nous voulons et les moyens financiers pour répondre aux besoins sociaux.

Le PCF, à l’égal de ce qui a été fait en 2005 lors de la campagne référendaire, invite à un très large débat, de qualité, avec les forces syndicales, les associations, les partis de gauche, créant les conditions d’une mobilisation populaire sur l’avenir des retraites. Les semaines à venir seront décisives.

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