Après Durban, tout reste à faire !

Le rideau est tombé sur la Conférence de Durban. Les masques tombent aussi à l'issue d'un spectacle où les puissants auront joué au mieux les rôles qu'ils devaient tenir. Une fois de plus, leur comédie aura tenu le monde en haleine. Les tirades sur le devenir de l'humanité, la main sur le cœur, auront nourri les espoirs de tous ceux qui ont conscience du drame vers lequel court la planète. Les postures affichées auront même déclenché les applaudissements de quelques acteurs de second rang, relégués en figurants, mais tellement attachés à la moindre avancée.
Chacun savait pourtant que la partition avait été écrite par les gardiens du temple libéral, présents en souffleurs des pays industrialisés du Nord pendant toute la durée de la grande représentation finale. Les nations les plus riches ont su gérer avec cynisme leurs intérêts immédiats, conscientes que dans tout théâtre, pour reprendre la formule de Jean Vilar, « l'habit fait le moine ». Durban n'aura pas échappé à cette règle d'or !
Pour les autres, les peuples du Sud condamnés par le réchauffement de la planète, les petits Etats insulaires livrés à la montée des eaux, les pauvres et les personnes vulnérables de l’ensemble du monde, le grand spectacle de Durban est tout simplement une terrible tragédie, celle d'une mort annoncée par la perspective d’une augmentation de 4° C en moyenne de la température mondiale.
Et si, au final, quelques espoirs sont affichés avec une feuille de route jusqu’en 2020, si la pièce n'est pas complètement jouée puisque reportée à la Conférence des Parties de 2012 (COP 18), chacun repart avec le sentiment d'un immense gâchis au regard des enjeux pour tous les habitants de la planète, tant l’écart est grand entre les décisions prises et les scénarios scientifiques pour éviter la catastrophe climatique.
Tous les peuples, d'une façon ou d'une autre, paieront un jour la note. Les uns, ceux qui espéraient tant, en connaissent déjà le prix, celui de la famine, de la guerre et de l'exode. D'autres vivront un temps l'illusion de « l'émergence », certes indispensable et voulue par leurs populations, mais combien illusoire dans ce contexte. Les autres, qui portent la responsabilité historique de ce suicide collectif, pensent avoir sauvegardé leurs privilèges qui ne sont en fait qu'un miroir aux alouettes au service d'une poignée de nantis.
Tout reste donc à faire aujourd'hui après cette occasion manquée. Le plus petit dénominateur commun qu’est le texte de cette « fin de partie » ne laisse qu'un espoir : une large mobilisation de tous les progressistes et humanistes de ce monde qui n'en finit pas de glisser vers sa perte. Faisons donc en sorte que naisse des débris de Durban l'immense mouvement des hommes de bonne volonté, avec une seule ligne de conduite : « L’Humain d’abord ! ».

M. Collon : un autre regard sur les révoltes arabes

Le journaliste et essayiste indépendant belge Michel Collon, auteur de nombreux livres sur la question, sera en conférence (gratuite) ce soir à 20 h à La Cave de Villerupt. Le thème : comprendre les révoltes arabes.
Michel Collon, qui sera en conférence (gratuite) ce soir à 20 h à La Cave de Villerupt sur le thème « Comprendre les révoltes arabes », est un journaliste belge et essayiste indépendant. Il est l’auteur de nombreux livres sur l’Amérique latine ou Israël. À l’occasion de la sortie prochaine de La Stratégie du chaos, son nouvel ouvrage, il tente donc d’apporter un « autre regard sur le monde » au public lors de ce type d’échanges.
Le quatrième de couverture en donne les grandes lignes : « Il y a d’abord eu la stratégie du choc : Bush frappant l’Irak et l’Afghanistan. Mais il a échoué à contrôler ces pays. Les États-Unis passent-ils alors à une nouvelle politique, la stratégie du chaos ? "Ce que tu ne peux contrôler, détruis-le", dit le proverbe. À défaut de pouvoir contrôler les ressources du Moyen-Orient et de l’Afrique, ainsi que les routes maritimes stratégiques, il faut empêcher ses concurrents d’en profiter. Pour garder le leadership, Washington doit maintenir l’Europe soumise, neutraliser la Russie et surtout faire face à la montée de la Chine. Cette politique de la terre brûlée est le fil rouge nous permettant de déchiffrer l’ensemble des conflits qui traversent le monde musulman. »
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce livre ?
Michel COLLON : « Avec Mohamed Hassan, l’un des meilleurs spécialistes de ces questions, on a tenté d’analyser le rapport entre le monde arabo-musulman (le grand Moyen-Orient, la corne de l’Afrique, la Somalie, l’Afghanistan ou encore le Pakistan), ce que les États-Unis appellent « l’arc islamique », et l’occident. C’est une région où se multiplient les crises politiques, les guerres civiles… On a réalisé une série d’entretiens avec des personnes de cet arc. On essaie d’expliquer le lien de ce dernier avec le passé de l’Europe, grande puissance coloniale, et des États-Unis, superpuissance qui tente de garder la mainmise sur le monde. Ce passé a toujours un impact aujourd’hui, et a des conséquences sur les conflits. »
S’agit-il d’apporter un autre regard ?
« Bien sûr, car il n’y a pas ou peu d’esprit critique dans les médias. On l’a vu en Libye avec la propagande de l’Otan, ou en Syrie avec celle de la France et des États-Unis. On n’écoute jamais ou très peu les populations des pays concernés. On veut proposer un autre regard sur les conflits Nord-Sud, donc dépasser les clichés simplistes qu’on nous fait avaler : "nous sommes les gentils, eux sont des sauvages, on leur apporte la démocratie à coup de bombes et de coups d’État."
Aujourd’hui, il y a un mouvement d’émancipation et de libération de ces pays. »
Que cachent ces clichés ?
« Derrière tout ça, il y a la bataille des matières premières. Et plus ces dernières deviennent rares, plus la bataille sera féroce. Anatole France disait : "On croit mourir pour la patrie, alors qu’on meurt pour des industriels." La guerre de 14-18 était une guerre de partage du monde, ou encore pour le contrôle des colonies d’Afrique. »
Ce sont des réflexions qu’on ne retrouve pas dans les médias ?
« Non. Mais pour être journaliste, je sais qu’ils n’ont pas le temps de faire. Il faut travailler vite, produire. L’investigation n’est pas rentable. Coluche disait : "On ne peut pas dire la vérité à la télévision, car il y a trop de monde qui regarde." On essaie de faire plus. Pour ces entretiens dans les pays arabes, on a ainsi eu l’aide des membres bénévoles de notre équipe du site ( http ://www.michelcollon.info/), des gens qui veulent comme nous approfondir les choses. L’information est tellement importante qu’on ne peut pas la laisser aux mains des intérêts du marché. »

Républicain Lorrain du 25 Novembre 2011 – Sébastien Bonetti.

Libye/Conférence de Paris : le PCF exige l’arrêt des opérations militaires

La Conférence de Paris sur la Libye a cherché les conditions d'une transition après la chute de Kadhafi. Si la fin de ce régime est un bienfait pour le peuple libyen, la suite est autrement problématique et incertaine.
Nicolas Sarkozy et le Secrétaire général de l'OTAN ont annoncé la poursuite des bombardements.
Le PCF demande l'arrêt de ces opérations militaires et le retrait des forces étrangères.
Déjà, des rivalités de puissances s'affirment quant au repartage des richesses pétrolières et des marchés de reconstruction dans un pays où les frappes ont beaucoup détruit.
Les divisions issues de la guerre civile risquent de rester profondes alors que des dizaines de milliers d' armes sont restées en libre accès pour tout le monde… Les règlements de compte, les violences et les pillages témoignent d'une insécurité qui fait craindre une situation de déstabilisation à l'irakienne.
Cette conférence de Paris sur la Libye n'apporte pas de solution à la guerre civile et à l'intervention de l’OTAN. Dans cette situation préoccupante, les gouvernements dont celui de la France en première ligne, ayant fait le choix par intérêt stratégique, de l'intervention militaire et de la politique de force sont maintenant devant leur responsabilité.

Phénomènes de censures

Phénomènes de censures

Phénomènes de censures


Une conférence passionnante et un conférencier éloquent. Un document important pour comprendre d’où viennent les phénomènes de censure actuels, qui remontent souvent loin dans le temps. A voir en une seule fois si vous disposez de deux heures, ou en plusieurs fois si vous avez un agenda de ministre, mais à ne rater sous aucun prétexte.

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