Le billet du jour : Nous animons nos centres-ville, nous faisons que la vie existe dans nos villes et nous n’aurions pas ce droit de dire et d’être soutenu ?

MOI_pDes Émaux et des maux pouvons-nous lire dans le républicain lorrain d’aujourd’hui et en poursuivant on peut aussi continuer à lire : comme bien d’autres enseignes en cette période, la société des faïenceries et émaux de Longwy a déjà connu des jours meilleurs.
Eh oui ! Le commerce a connu des jours meilleurs, surtout quand nous n’étions pas noyés par une multitude de grandes enseignes de super marché et ce commerce sur internet.
Eh oui ! Avant la crise et l’austérité, nous avions encore l’espoir de pouvoir s’en sortir, de pouvoir arriver à boucler nos fins de mois sans trop se priver.
Alors, que le maire de Longwy ait proposé de racheter pour 100.000 € un stock de plaques gravées suivi par Eckert qui en prendrait la moitié des dépenses ne pourrait que nous réjouir, ça va donner un souffle à la faïencerie de Longwy et certainement sauver quelques emplois.
Mais les autres ! Les petits commerces de proximité qui aujourd’hui ne s’en sortent plus, qui sont obligés de licencier (un employé par ci, un employé par-là qui au total deviennent des centaines, des milliers en France) personne ne s’en préoccupe et personne ne propose de les aider. Ils sont acculés par l’attitude des organismes collecteurs, par les banques et personne ne s’en préoccupe.
Aujourd’hui rare est le commerçant qui perçoit un SMIC par mois, voire même pour certains, des mois sans salaire pour préserver un emploi, son magasin. Mais qui sans préoccupe ?
Aller ouvrir sa boutique en passant par la poste pour relever son courrier est devenu pour beaucoup de commerçants un supplice, car on ne sait jamais ce qui va nous tomber sur la tête. Répondre au téléphone est devenu une torture, car on s’attend toujours à l’appel du banquier ou des organismes collecteurs.
Eh oui ! Le commerçant de proximité qui est catalogué pour être un riche, un notable, un bourgeois, n’en est pas un, loin de là cette idée, il est plutôt un smicard qui essaie par tous les moyens de pouvoir s’en sortir. Le temps où les commerçants n’avaient qu’à se baisser pour se faire du « fric » est révolu et bien fini. C’était à une époque, il y a bien des années de cela.
Mais qui se préoccupe de ces gens qui par leur présence animent leur ville ? Qui se soucie de savoir s’ils vivent décemment ? Car la plupart de ces commerçants de proximité, s’ils existent c’est pour avoir voulu échapper à la tourmente du chômage, en créant leur emploi, la plupart en ont créé d’autres.
Pire pour pouvoir s’installer, ils ont dû montrer patte blanche auprès des banquiers et hypothéquer leur bien personnel, l’épouse ou l’époux du commerçant ou de la commerçante a dû donner sa garantie personnelle pour que ces commerçants de proximité puissent exercer.
Eh oui ! Comme vous pouvez le constater, cette image, les émaux de Longwy auront du mal à en faire un émaux digne de ce nom.
On va me dire, mais les commerçants ne nous ont jamais fait part de cela, ils n’ont jamais rien dit.
Eh oui ! Être commerçant c’est montrer que tout va bien, il ne faut surtout jamais dire que cela va mal, cela ferait une drôle d’image pour le commerce que nous tenons. Et pourtant, les autres corporations disent et montrent leurs difficultés et souvent ils obtiennent des aides, il y a qu’à voir les agriculteurs.
Alors Messieurs les élus, les Maires, les Députés et surtout vous Monsieur Christian Eckert qui êtes rapporteur du budget, que comptez-vous faire pour sauver tous ces commerces qui sont aujourd’hui à la limite d’exploser et de fermer définitivement ?
Qu’allez-vous faire pour EXIGER de nos organismes collecteurs et de nos banquiers pour qu’ils soient moins sévères et qu’ils stoppent de nous empoisonner la tête et nos budgets avec leurs frais, leurs majorations, leurs pénalités qui ne cessent de faire grandir nos déficits ?
Ce tableau brossé sur ce billet, n’est qu’une partie de ce que nous vivons réellement, la toile est vraiment noire, très noire et croyez-moi je n’exagère pas, il suffirait que les commerçants aient ce courage d’afficher leur bilan dans leur vitrine pour constater, bien évidemment il faudra installer des « kleenex » près de cet affichage.
Maintenant je m’adresse à tous les commerçants de mon territoire, qu’attendons-nous pour dénoncer nos conditions de travail, nos conditions de vie ? Qu’attendons-nous ? D’être à la rue ? D’avoir perdu nos maisons ?
Car c’est de cela dont il s’agit, avoir voulu construire quelque chose et voir sa vie détruite parce que nous n’avons pas su ou voulu dénoncer.
Il n’est jamais trop tard ! Ayons ce réflexe que tout être humain doit avoir, RÉSISTER et surtout NE RIEN LÂCHER !
Nous ne demandons pas la lune, seulement une étoile qui puisse un peu éclaircir nos conditions de travail.
Nous animons nos centres-ville, nous faisons que la vie existe dans nos villes et nous n’aurions pas ce droit de dire et d’être soutenu ?
Liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité et poing fermé et levé.

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Le billet du jour : Vaut mieux être un commerçant digne de ce nom, un commerçant vivant, qu’un commerçant mourant dans l’indifférence.

MOI_pHier matin aux quatre vérités sur France2 était invité le président de la FNSEA (La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) on lui a posé des questions sur comment vont les agriculteurs ? De suite, le responsable de la FNSEA qui est le principal syndicat du monde paysan répond en évoquant la météo, les orages, les tempêtes, les grosses pluies, les inondations, le printemps pourri, la grêle. Des éléments qui ne peuvent être que dévastateurs pour notre agriculture.
Il embraye sur la crise économique actuelle et sur la politique européenne.
Comme on le constate, les paysans sont organisés et ont la parole. Ils se battent pour l’avenir de leur métier, et surtout pour sauvegarder ce qu’ils ont créé.
Moi, comme je l’ai déjà dit, je suis un commerçant de proximité, un petit commerçant. Certes, je ne travaille pas dans la rue, je n’ai ni vaches, ni vignobles ou ces grandes surfaces de terrains où poussent les matières à nourrir notre pays. Néanmoins, j’ai un local où je vends des produits, qu’ont besoin nos concitoyens. J’ai aussi investi, fait des emprunts, pris des risques pour pouvoir être un acteur dans ma ville.
Par contre, moi, et bien évidemment mes collègues, ne faisons pas partie d’un grand syndicat de commerçants de proximité. Il n’en existe pas, et si, il en existe un on ne l’entend pas.
Nous faisons bien partie de la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) qui n’a qu’un rôle d’information et de conseil auprès de celles et ceux qui font bouger l’économie nationale avec leur entreprise locale.
Nous subissons, nous aussi les inconvénients de la météo, quand il pleut et fait froid, les gens n’achètent pas et il en est de même quand il fait très chaud. Nous subissons également la crise, nous la prenons en pleine face. Quand une municipalité prévoit des travaux nécessaires à l’amélioration de la cité, nous endurons des semaines, des mois et parfois des années (et je sais de quoi je parle) un manque à gagner que nous ne rattrapons jamais, pire les clients qui ont déserté nos enseignes pendant ces moments, ne reviennent plus. Ils sont partis ailleurs.
Et puis, il y a les supermarchés, la vente sur internet qui plombent injustement notre bon fonctionnement. Une concurrence déloyale contre laquelle des mesures nationales et européennes pourraient mettre un peu d’ordre. La volonté politique n’y est pas, alors nous pâtissons.
Nous supportons aussi les organismes collecteurs qui ne nous laissent aucun répit lorsqu’il faut régler nos cotisations, un jour de retard c’est 10 % de majoration ou de pénalité, et 10 % de plus aujourd’hui, ça se sent !
Et puis les banques qui devraient nous accompagner, nous soutenir, qui sont devenues des « récolteurs » de frais, d’intérêts, qui ne nous suivent plus, mais qui nous mettent à genoux. Après on s’étonne ! Pourtant, croyez-moi, quand vous créez un commerce, les banques prennent toutes les garanties (hypothèque sur votre maison, l’épouse ou l’époux doit être garant) et malgré cela elles n’accompagnent plus, elles tuent.
Elles sont devenues des boutiquiers et non plus ce rôle de banque.
Tous ces éléments, les commerçants et les petits artisans les vivent quotidiennement, cela est passé du rêve d’être un acteur au cauchemar de devenir un prochain sans logis.
Alors vous me direz pourquoi ceux-ci ne bougent pas ? Ne disent rien ? Subissent ? Supportent ? Endurent ?
Moi qui ne suis pas de ce monde, qui est passé avant d’être un commerçant par diverses professions, j’ai mon idée, elle va faire frémir, blesser, ce n’est pas le but, mais je n’arrive plus à garder le silence.
Le commerçant pense qu’il ne faut pas s’afficher, cela fait partir les clients.
Le commerçant s’imagine être un notable dans sa ville, certes cela a pu être le cas il y a des années, mais plus aujourd’hui. Ils sont nombreux, très nombreux, ceux qui ne gagnent même pas le SMIC ou qui ne gagnent plus rien.
Le commerçant attend patiemment au risque de se trouver dans des situations irrévocables en espérant des jours meilleurs.
Le commerçant ne s’organise pas en syndicat, cela n’est pas dans ses habitudes, il se tait face à celles et à ceux qui le bafouent chaque jour en lui imposant frais, majoration et pénalité, il a peur de réagir et d’agir. Il a peur que s’il le fait, cela soit pire pour lui.
Collègues commerçants, ça suffit ! Aujourd’hui, il faut que nous nous organisions dans nos secteurs, il faut tout mettre en œuvre pour sauvegarder nos commerces, pour sauvegarder ce que nous avons durement investi, nous devons tout faire pour démontrer que nous existons, que nous faisons partie de l’économie nationale. Si nous ne faisons rien et si nous continuons à rester dans le silence, nous allons disparaître une fois pour toutes. Il ne s‘agit pas de faire la révolution, mais simplement de dire haut et fort que nous sommes là, et que notre rôle est aussi important que les paysans. Nos villes avec notre présence vivent, quand nous ne serons plus là, elles seront désertes, ce seront de grands hôtels un point c’est tout.
Avant d’être une commerçante et un commerçant, vous êtes une femme, un homme, avec vos valeurs, vos convictions, vos idées et ne croyez-vous pas que de se battre, de lutter pour garder sa dignité est une priorité pour les humains que nous sommes ?
Certains commerçants commencent à se rebiffer et cela paie, imaginez-vous si nous le faisions ENSEMBLE, toutes et tous ENSEMBLE !
Nous en appelons, j’en appelle, à votre bon sens, de toute façon que vous fassiez ou pas, vous resterez des commerçants, mais vaut mieux être un commerçant digne de ce nom, un commerçant vivant, qu’un commerçant mourant dans l’indifférence.

Liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité.