Entre 1500 et 3000 classes fermées ? Luc Chatel veut miser sur le “qualitatif”

"L'Education Nationale n'a pas de problèmes de moyens", a affirmé Luc Chatel, ministre de l'éducation, dimanche matin sur Europe 1.
Pourtant, entre 1500 et 3000 classes de maternelle et primaire sont menacées par les nouvelles cartes scolaires. L'estimation haute est fournie par les syndicats d'enseignants, l'estimation basse par le ministère.
Toujours est-il que 8967 emplois vont être supprimés à l'Education nationale, annonce Le Journal du Dimanche qui consacre sa une au problème.
Mais pour Luc Chatel, ce n'est pas un problème de chiffres. Lui veut miser sur le "qualitatif" plutôt que le quantitatif. "Est-ce que cette fuite en avant de "toujours plus de moyens" a obtenu des résultats ? La réponse est non ! La France – cinquième puissance mondiale – est entre la 22e et la 26e place dans les classements éducatifs", a-t-il argumenté sur Europe 1.
Il a également regretté que le coût moyen par élève ait fortement augmenté depuis les années 1980 alors que "le nombre d'élèves qui accèdent au baccalauréat n'augmente plus".
Quoi qu'il en soit, sur le terrain, élus et parents d'élèves s'organisent pour faire pression sur les rectorats. A Ecole-Valentin (Doubs), par exemple, où 2 classes sont menacées de fermeture. Même le maire, pourtant UMP, est entré dans la bataille. "On touche à l'avenir de nos enfants, à nos tripes", explique une mère de famille.
Dans le Doubs, 35 classes devraient être fermées. La mobilisation dure depuis des semaines. Le 12 avril, enseignants et parents d'élèves ont organisé une "manif à reculons" pour protester.
"Localement, le rapport de force peut éviter la fermeture d'une classe… au détriment d'un autre territoire pour lequel personne ne se mobilise", affirme Claude Lelièvre, historien de l'éducation, interviewé par Le JDD. Il estime que ces suppressions de postes mettent "en péril le principe d'égalité des chances".