assedic


Le billet du jour : Sachons faire la différence entre le petit et le gros patron….

Sur une page Facebook intitulée "Supprimons la réduction Fillon sur les cotisations dites patronales !" On peut lire ceci :
L'abattement Fillon nous coûte chaque année 20 Milliards d'euros.
Supprimons­
le ! L'abattement ou réduction Fillon est ce mécanisme qui permet aux entreprises de réduire les cotisations sociales versées sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC.
Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur profitabilité, en bénéficient. Le manque à gagner pour la Sécurité Sociale est
compensé par l'État.
Cette compensation représente vingt à vingt­deux milliards d'euros par an.

En clair, les contribuables paient une grande partie des cotisations à la place des employeurs.
Supprimons immédiatement l'abattement Fillon pour les entreprises de plus de cinquante salariés ! Supprimons ­le progressivement (d'ici un à deux ans) pour les petites entreprises !

Il y-a-qu’à, ou il y-a-qu’à !
Le monde de l’entreprise ! Le patron !
Mais quelle entreprise ? Quel patron ?
Je constate que dans ce texte, on fait la différence entre les grandes entreprises et les entreprises de moins de 50 salariés. ET c’est bien ! En effet, il faut souligner qu’il y a « patron » et « patron », il faut souligner qu’il y a « entreprise » et « entreprise ».
Je sais de quoi je parle d’autant qu’étant communiste, et petit commerçant, donc chef d’une petite entreprise, donc un de ces partons je considère avec beaucoup de réserve qu’il nous faut aujourd’hui revoir ce système qui veut que les patrons n’ont qu’à payer.
Le patron peut et doit payer !
Je souligne aussi que dans ce texte il est fait état « de quelle que soit leur profitabilité », et oui c’est là que notre combat doit prendre forme, c’est là qu’il faut dénoncer les dysfonctionnements.
Je m’explique, certainement que cela va être trop long pour certains, mais il faut tout prendre en compte, car malheureusement il n’y a pas que les charges, il y a aussi les comportements, les façons de faire, et tout ce qui va autour de cela.
Je suis ce petit commerçant qui évolue dans une ville frontalière, où ici et là, des supermarchés ont vu le jour, et s’ils ont vu le jour c’est parce des élus de gauche PCF, PS et des élus de droite ont donné leur accord à la création de ces supermarchés.
Résultat, beaucoup, beaucoup trop de ces petits commerçants et artisans ont mis la clef sous la porte.
Qui parle de supermarchés, parle de consommation à outrance, mais parle aussi, car cela il faut le souligner de la disparition à court terme des petits commerçants de proximité.
Les villes deviennent des déserts.
Quand on parle de supermarchés, on parle aussi, de flexibilité, de salaires à la limite de l’acceptable, de conditions de travail que nous dénonçons chaque jour. Et pourtant que ce soit de gauche ou de droite, tout le monde a donné leur accord pour la création de ce genre de surfaces commerciales.
Et quand les petits commerçants dénoncent cela, les décideurs, qu’ils soient de gauche ou de droite, répondent tout simplement qu’ils sont contre le fait d’améliorer l’offre à la demande. Qu’ils ont contre le renouveau de leur ville.
Vous me direz que viennent faire ces propos sur une demande d’abrogation de la loi Fillon ? Il me semble aujourd’hui primordial de savoir et de savoir tout, absolument tout. Ce qui expliquera aussi les arguments qui vont suivre aux sujets de ces charges patronales dont on parle beaucoup en ce moment.
D’abord, pourquoi devenir un petit commerçant ? Beaucoup se sont créés lors des fermetures des groupes industriels de notre région, avec leur prime de licenciement ils se sont installés.
D’autres, beaucoup d’autres face au chômage n’ont eu que cette alternative pour pouvoir travailler.
Et tous ces gens, par la force des choses se sont endettés pour pourvoir s’établir, et qui dit endettement, veut également dire garantie pour la banque qui prête et en général c’est l’hypothèque et qui dit hypothèque, dit épée de Damocles sur nos têtes en permanence et de devoir tenir la route.
Tous ces gens qui se sont installés ont bénéficié certes de certaines aides, mais si l’on compare ces aides aux aides accordés aux grands groupes que sont les supermarchés, on peut objectivement dire que ce n’est que poussière. Je parle de supermarchés »s car je suis concerné, mais il y aussi les groupes industriels rappelons nous JVC dans le nord du département du 54.
Après avoir eu les locaux et le terrain pour un euro symbolique, après avoir eu toutes ces aides pour les emplois créés et les abattements fiscaux, cela n’a pas empêché JVC de fermer.
Personnellement, je n’ai bénéficié qu’une aide sur la première embauche.
Désolé de parler ici de mon cas, mais afin de ne pas dire n’importe quoi, et comme je peux prouver ce que je dis, je parlerais souvent de mon cas.
D’abord, puisque l’on parle de charges, venons-en au début.
Quand on embauche une personne, il nous faut obligatoirement passer par une visite médicale. Pour un employé, cela revient chaque année à 120 € de frais, dans ces 120 € il y l’adhésion au service qui est habilité a faire cette visite, et la visite en elle-même. Et quand on sait, car ici tout le monde sait ce qu’est cette visite, on se demande pourquoi 120 € l’année, alors qu’en général, ce n’est qu’un petit pot d’urine, on mesure, on pèse, on demande s’il y a des problèmes médicaux et stop la visite est réalisée. 120 € alors que chez un médecin généraliste, cela revient à 23 €. Et ce médecin prendra le temps de prendre la tension, et de faire une visite générale. Mais lui, n’est pas habilité.
Oui au 120 €, mais alors avec tout ce qui va avec une réelle visite médicale. Ce sont les premières charges qu’un patron doit payer, que ce soit un gros ou un petit patron.
Ensuite arrive la question du salaire. Je disais plus haut, que d’être petit commerçant aujourd’hui, face à tous ces supermarchés était devenu difficile, très difficile, de plus aujourd’hui s’ajoute la crise économique et souvent et croyez-moi je sais à ce niveau de quoi je parle, le petit commerçant que je suis, ne prend pas de salaire ou vraiment un minimum et qui est loin d’être au niveau du SMIC. Mais il paie quand même des charges le concernant et pas des moindres vous pouvez me faire confiance.
Ensuite il y a les charges de ses ou son employé.
Alors je suis pour ces charges, car je considère avec force, qu’un patron sans employé n’est pas un patron, et que cet employé ou ses employés font que la petite entreprise vive, prenne de l’essor, l’un ne va pas sans l’autre.
Bien sûr j’adhère pleinement au salaire socialisé qui permet d'avoir une protection sociale (Sécurité Sociale, Retraite, Chômage, etc ..), une protection familiale socialisée entre l'ensemble des salariés, et bien évidemment je suis pour la solidarité
Par contre, c’est la façon dont elles sont récoltées qui est anormale ou même blessante pour celle et celui qui doit payer ces charges.
Comme tout a chacun, il y a des moments où l’on peut et des moments plus difficiles où l’on a du mal à faire face. Et quand on a du mal à faire face, on prévient les caisses concernées. On fait savoir le pourquoi de nos difficultés, et que croyez-vous que nous avons comme réponse, c’est déjà 10 % de majoration sur ce que tu dois payer, avec un courrier éloquent où l'on nous fait passer pour des brigands.
Après on écrit un courrier pour demander de bien vouloir faire l’impasse sur cette majoration ou pénalité, parfois c’est accordé, et parfois cela ne l’est pas. En attendant, il faut payer avec la majoration.
Bien évidemment, je pense que les grands groupes n’ont pas ce problème, il leur suffit de dire : « si je dois payer je licencie » et le tour est joué, enfin c’est ce que je crois et c’est aussi ce que l’on m’a déjà dit. Mais pas de preuve pour l’affirmer.
Et quand les difficultés sont plus graves, c’est l’huissier dont ces caisses font appel et qui dit huissier, dit frais énormes. Alors qui doit payer, et qui cré du chômage ?
J’ai fait un choix, ce choix de devenir indépendant, mon propre patron et aussi un petit patron, alors vous allez peut être me dire que je dois assumer, et vous aurez raison, néanmoins, je ne me suis pas installé uniquement pour payer et que payer. Je me suis aussi installé pour vivre et croyez-moi quand je dis vivre je ne dis pas devenir un de ces riches, cela ne m’a jamais intéressé. VIVRE DÉCEMMENT DANS LA DIGNITÉ.
Franchement si cela été à refaire, je ne referais pas. Je chercherais un emploi ou je resterais au chômage en attendant une proposition.
Dur, difficile de dire cela en tant que communiste et pourtant, il faut le vivre pour le comprendre.
Aujourd’hui, je vis avec la retraite de mon épouse faute de ne pouvoir me faire un salaire, et je garde mon employée pour ne pas créer une chômeuse de plus, mais aussi parce j’en ai besoin, alors vous comprendrez qu’il faut réellement faire la différence entre les petites entreprises et les grandes, qu’il faut faire cette différence entre les grands et les petits patrons, qu’il faut faire la différence entre celles et ceux qui ont des aides et celles et ceux qui n’ont en pas, et celles et ceux qui ont ce poids de pouvoir faire du chantage.
Une petite anecdote pour que les choses soient encore plus claires dans mes propos.
Fin 2011, il m’était impossible de verser les charges concernant mon troisième trimestre, j’ai averti qui de droit donc les URSSAF qui aujourd’hui récolte également les ASSEDIC et je spécifiai que je verserais le tout avec le 4ème trimestre à savoir le 15 janvier 2012.
Je n’ai aucune réponse écrite, j’ai donc considéré que c’était d’accord.
Le 15 janvier comme je l’avais promis je versais les deux trimestres, mais l’URSSAF avait déjà engrangé une procédure avec un huissier chose que j’ai su que vers la fin janvier de la même année, pour 52 € de majoration j’ai eu deux commandements et deux fois 780 € de frais à payer avec le compta bancaire bloqué en plus. Pour 52 € de majoration, j’ai payé 1 540 € de frais.
J’ai beau eu réclamer, faire intervenir le député, rien à fait que je sois remboursé, j’ai payé un point final.
Alors certes, il faut payer les charges, je suis pour les payer, mais s’il vous plaît, les petits commerçants et artisans que nous sommes ne sont pas tous des bandits.
Malheureusement, les petits commerçants et artisans n’osent pas bouger et pour cause, quand ils réalisent les majorations, les pénalités et les procédures chez les huissiers, beaucoup ont peur de payer encore plus.
Personnellement je suis pour bouger, mais seul que faire ?
Nous sommes des patrons à vos yeux !!!!
Pourtant ne dit-on pas que ce sont les petits artisans et les petits commerçants qui céent le plus d’emplois dans notre pays ?