Florange : Une « démarche spéculative » pour les syndicats

La baisse des commandes avancée par ArcelorMittal Florange pour justifier la fermeture du dernier haut-fourneau ne convainc pas. Les syndicats voient plutôt un moyen dissimulé de maintenir des prix élevés sur les produits finis.
Alors qu’un des deux hauts fourneaux de l’usine d’ArcelorMittal de Florange a cessé son activité le 6 juillet dernier, la direction regrettait hier une baisse de la production. La solution ? Fermer le deuxième et dernier haut-fourneau du site. Une décision annoncée jeudi 8 septembre aux syndicats et qui prendra acte dès le 3 octobre. « La direction espère redémarrer un des hauts-fourneaux au mois de janvier 2012. Autant dire que nous sommes dans une grande incertitude » regrette Edouard Martin, délégué CFDT joint par l’Humanité. Durant la période d’arrêt des machines, la direction ne compte pas investir dans l’entretien des outils. « C’est très grave. Les machines perdront encore en rentabilité » continue Edouard Martin, consterné.
La direction accuse une baisse des commandes due à la conjoncture économique. Des propos qui exaspèrent Yves Sabbri, secrétaire CGT dans l’entreprise. « Avec un bénéfice net de 2,6 milliards de dollars au premier semestre 2011, le groupe est loin de subir la crise actuelle » explique-t-il. Près de 1000 salariés affectés au haut-fourneau P6 seront mis au chômage partiel ou répartis sur le reste des unités des l’usine. 405 intérimaires seront remerciés avant la fin du mois. Les plus de 300 sous-traitants, en général des petites entreprises, devront également accuser le coup. « Sans les commandes d’ArcelorMittal, beaucoup d’entre eux vont devoir licencier » s’alarme encore Edouard Martin. Le temps de la fermeture, les commandes seront transférées sur le site de Dunkerque. « Quand 1000 salariés de Florange vont chaumer, ceux de Dunkerque feront des heures supplémentaires » continue-t-il. Le site portuaire a toujours été favorisé par sa position stratégique. L’essentiel de la matière première pour la confection de l’acier est acheminée par bateaux.
Loi du marché
La CGT et la CFDT s’accordent sur la démarche stratégique du groupe. Lors du comité central d’entreprise, la direction ne s’est pas attardée sur les détails. « Nous contestons les chiffres des commandes présentés jeudi. ArcelorMittal préfère raréfier la production pour faire augmenter les prix du marché. La marge bénéficiaire prime sur les employés » accuse Yves Sabri. La CFDT dénonce une « démarche spéculative ».
Vendredi à 13h, un mouvement intersyndical se rassemblait sur un passage à niveau pour stopper les marchandises venues du site de Dunkerque. Et pour interpeller les élus et les habitants.

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