affaire espionnage


Renault : les salariés manifestent leur colère

Quelques heures avant l’assemblée générale des actionnaires, les salariés des sites d’ingénierie du groupe se sont rassemblés pour exprimer leur colère aux actionnaires.
Ce matin, jour de l’assemblée générale annuelle des actionnaires du groupe Renault, plusieurs centaines de salariés étaient rassemblés devant les sites d’ingénierie à Rueil, Guyancourt, Lardy, Villiers Saint Frédéric. Ils répondaient à l’appel de l’Intersyndicale CGT, CFDT et Sud, invitant à « faire entendre très fort notre colère et notre mécontentement ». Après une année 2010 aux résultats florissants, les salariés sanctionnent la politique salariale du groupe. « Après deux années de crise, durant lesquelles les salariés se sont investis pour atteindre ces résultats, la direction a concédé une augmentation générale des salaires de seulement 1,7% pour 2011, dénonce Bernard Bachetta, de la CGT Renault-Lardy. Une véritable provocation, d’autant que plus de la moitié des salariés n’ont reçu aucune augmentation individuelle. Dans les sites d’ingénierie, seuls 38 embauches en CDI sont prévues en 2011, alors qu’en moyenne 230 personnes partent chaque année, la direction privilégiant les contrats d’intérimaires. » Du côté du Palais des Congrès, à Paris, les actionnaires devaient entendre Carlos Ghosn, PDG du groupe, sur le scandale de l'affaire de faux espionnage. Pour le syndicaliste, cette affaire d’espionnage est à l’image de la gouvernance du groupe. « Tout part d’en haut, on n’écoute pas les salariés, on casse l’image de la marque et au final on nous demande des efforts pour réparer les erreurs. Et pour Carlos Ghosn, c’est l’impunité ». Aussi à l’ordre du jour de l’assemblée, 14 résolutions, dont l’approbation des comptes annuels et consolidés, ainsi que l’augmentation des jetons de présence aux membres du conseil d’administration de 30 000 euros par an à 60 000 euros d’ici à 2012, -pour la participation à trois ou quatre réunions par an, pour un coût de 1,2 million d’euros. Une somme qui pourrait servir « à l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés, au développement de l’outil industriel, à la recherche et à l’emploi », observe l’intersyndicale dans son communiqué.

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