Abdallah Abazid


Syrie: l’armée envoie des renforts à Deraa

L'armée syrienne a envoyé mardi des renforts à Deraa et a tiré sur les habitants et sur une mosquée, au lendemain de son entrée en force dans cette ville, poussant la communauté internationale à réagir.
"De nouveaux renforts des forces de sécurité et de l'armée sont entrés à Deraa. Il y a un char sur la place Kaziet al-Balad, dans le centre", a indiqué un militant des droits de l'Homme, Abdallah Abazid. "Les tirs se poursuivent contre les habitants" de la ville située à 100 km au sud de Damas, a-t-il ajouté. "La mosquée Abou Bakr Assidiq est la cible de tirs intensifs, et un sniper est posté sur la mosquée Bilal al-Habachi. Des chars sont postés et des barrières installées aux entrées de la ville", empêchant les gens de pénétrer à Deraa, a ajouté le militant. Selon lui, "des soldats de la 5e division ont fait défection et se sont joints à nous et font face" à l'armée qui encercle Deraa.

► Environ 390 personnes ont été tuées depuis le 15 mars
Lundi, au moins 25 personnes avaient été tuées dans le pilonnage de Deraa, où plus de 3.000 soldats appuyés par des blindés et des chars étaient arrivés avant l'aube, selon des militants. Depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars, quelque 390 personnes ont été tuées, dont environ 160 depuis la levée de l'état d'urgence le 21 avril, selon un bilan compilé par l'AFP à partir d'ONG étrangères et de militants syriens.
Des centaines de manifestants, de militants politiques et défenseurs de droits de l'Homme ont été arrêtés depuis la mi-mars, selon des ONG.

► Timides réactions internationales
Rome et Paris sont "préoccupés" par la situation et appellent le régime du président Bachar el-Assad à "arrêter la répression violente", a déclaré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à l'issue d'un sommet franco-italien. "On n'envoie pas des chars, l'armée face à des manifestants, la brutalité est inacceptable", a renchéri Nicolas Sarkozy. Mais le président français, dont le pays a été à la pointe de l'intervention internationale en Libye, a exclu une intervention militaire en Syrie sans une résolution préalable du conseil de sécurité de l'ONU, "qui n'est pas facile à obtenir".
Lundi, Washington avait dit réfléchir à "des sanctions ciblées" à l'encontre de hauts responsables syriens.
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a exigé mardi des "mesures fortes" de l'ONU et de l'UE, tandis que le ministre britannique William Hague a assuré travailler avec ses partenaires européens sur la "possibilité de mesures supplémentaires".
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays entretient d'étroites relations avec la Syrie, a appelé le président Assad à avancer sur la voie des réformes.