La police évacue les sans-papiers de la Bastille

Les forces de police ont procédé jeudi matin à l'évacuation des salariés sans papiers, dont beaucoup d'Africains, qui occupaient les marches de l'Opéra Bastille, à Paris, depuis jeudi pour réclamer des critères clairs de régularisation, a constaté un journaliste de l'AFP. La préfecture de police de Paris a confirmé auprès de l'AFP "l'évacuation de cent soixante personnes qui occupaient les marches de l'Opéra Bastille depuis le 27 mai". Les policiers affirment que l'évacuation s'est passée relativement dans le calme et qu'il n'y a pas eu d'interpellation.
En revanche, Maurice Amzallag, un délégué CGT qui soutient le mouvement des travailleurs sans papiers, a affirmé au Monde.fr que la police avait procédé à une "quarantaine d'interpellations", au cours de l'opération. "La police est arrivée de l'intérieur de l'opéra en gazant tout le monde et en dégageant les sans-papiers qui étaient sur les marches, encore endormis. Ils les ont délogés sans qu'ils aient le temps de prendre leurs affaires. Au moins une quarantaine ont été emmenés, a priori jusqu'au commissariat du cinquième arrondissement", a raconté Maurice Amzallag au Monde.fr.
Un commerçant ambulant interrogé par l'AFP place de la Bastille a livré sensiblement le même récit : "Les policiers sont arrivés par la place de la Bastille, puis par le haut des marches, ils ont répandu du gaz lacrymogène et ensuite, ils ont procédé à des interpellations." Selon lui, il y a eu des blessés légers au cours de l'opération.
Peu après 8 heures, les marches de l'Opéra Bastille étaient complètement vidées, seuls restaient des dizaines de couvertures, sacs de couchage éparpillés, tandis qu'un groupe de gendarmes mobiles courait derrière un groupe de travailleurs sans papiers dans une rue adjacente.
"Cette manière de faire est vraiment indigne. Hier nous étions en train de discuter au ministère du travail, et ce matin on sort le bâton ! C'est indigne et incohérent", déplore Maurice Amzallag. "Ce n'est pas comme ça que l'Etat va régler le problème, ça ne peut qu'envenimer les choses. Nous restons mobilisés et attendons toujours un texte clair du ministère."

 

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