PCF : Gros malaise au Parti Communiste Français …

  Vous lirez dans ce post, trois textes qui m’ont été envoyé par Email. De Patrick HATZIG Secrétaire Fédéral de Meurthe-et-Moselle et Vice Président du Conseil Régional de Lorraine.
Ces trois textes décrivent la situation du Parti Communiste Français après les dernières élections Régionales.
Y a de quoi se poser énormément de question….

Malaise chez les communistes « Article paru dans le PARISIEN »

De plus en plus d’élus et de cadres communistes choisissent de quitter le parti, au profit d’autres mouvements comme Europe Ecologie. Pourtant, les militants veulent encore y croire.

 « Des départs, ce n’est jamais un signe de bonne santé. » Au sein du PC, le choix de certains élus dont le député de Seine-Saint-Denis, Patrick Braouezec de quitter le parti (voir ci-dessous) passe mal. « Je ne me résigne pas au départ de ces camarades », a lancé hier Pierre Laurent, numéro deux communiste, avant de demander aux démissionnaires de « revenir sur leur décision ».

« Nous comptons sur eux », a-t-il expliqué lors d’un conseil national en lançant un appel à leur retour. « Des départs, c’est toujours inquiétant pour un parti, surtout quand il s’agit de figures électorales et intellectuelles », regrette Marie-Pierre Vieu, membre du conseil national du PC.
A deux mois du congrès, où Pierre Laurent devrait succéder à Marie-George Buffet au poste de secrétaire national, la direction se retrouve un peu plus affaiblie par ces défections qui s’ajoutent aux démissions d’autres élus, partis notamment vers Europe Ecologie (Stéphane Gatignon, maire de Sevran, Jacques Perreux, vice-président du conseil général du Val-de-Marne…).
Les discussions sur la poursuite de la stratégie du Front de gauche, où le PC s’est allié avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, vont également être animées. Si cette alliance a assuré un résultat satisfaisant en termes électoraux, sur le plan politique, le PC a encore perdu du poids : par rapport à 2004, il compte aujourd’hui deux fois moins de conseillers régionaux. Ainsi, quelques membres du conseil national du PC ont regretté hier que la stratégie du Front de gauche se traduise « par un effacement du PC ». Si Buffet et Laurent se sont prononcés pour la poursuite de ce rassemblement, ils devront calmer les oppositions en interne. D’autant qu’eux-mêmes commencent à être agacés par l’ambition de Mélenchon, qui se verrait bien candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012…

Conseil national du PCF   16 avril 2010

 Déclaration de membres du Conseil national

 Au lendemain des élections régionales, loin des affirmations d'autosatisfaction, le PCF voit la crise qui le traverse s'approfondir. Impossible de faire l'impasse sur la perte de la moitié des élus régionaux alors que la gauche remporte une très large victoire. Impossible de passer aux pertes et profits le départ de membres du CN, et du parti lui-même. Très nombreux sont les communistes, responsables et militants, élus, qui s'interrogent et qui considèrent qu'on ne peut esquiver les questions vitales sur son avenir, sa place dans la société française, dans la gauche, son utilité pour rassembler et faire face à la crise. De grandes inquiétudes s'expriment, du désarroi, du découragement, de la colère. Dans bien des régions et des départements le parti sort meurtri, divisé, de la période écoulée.

Les communistes découvrent qu'elle a conduit à une situation contraire à celle de l'offre nationale, à laquelle beaucoup avaient adhéré sincèrement, et pour laquelle ils se sont investi.

Il s'agissait, nous avait-on dit, de permettre à la gauche de faire obstacle aux ambitions de revanche de la droite, de créer les conditions de majorités clairement à gauche, de faire élire le maximum d'élus communistes. On est loin des objectifs affichés. Très vite le Front de gauche a eu comme priorité l'ambition stratégique de supplanter un PS annoncé en déconfiture, au profit de la "bonne gauche". Cela à mille lieues des préoccupations des françaises et des français, confrontés, dans leur vie quotidienne à une crise dont l'ampleur et la profondeur appelle réponses concrètes immédiates et rassemblement le plus large pour les porter et les faire aboutir. La logique d'appareil, les tractations politiciennes de sommet l'ont emporté sur l'écoute des attentes populaires et  l'intelligence et la lucidité de responsables, de militants, de chefs de files communistes a tenté d'enrayer cette dérive. Aujourd'hui, on s'interroge sur l’absence de dynamique populaire. Est-on prêt à en tirer les conséquences?

 Alors que s'affirme dans le parti le besoin de mise à plat, d'un examen sincère et lucide des résultats et de cette stratégie, en donnant aux communistes tous les éléments du débat, on proclame sans autre forme de procès que "la stratégie est validée". On nous dit: le Front de Gauche s'est installé dans le paysage politique. Comme force d'appoint d'un axe PS/Europe écologie  qui se dessine au lendemain du scrutin? Comme force dominante de la gauche de la gauche dont Jean-Luc Mélenchon s'instaure le porte-parole, le stratège et le candidat naturel pour les élections présidentielles. Avec pour conséquence déjà visible, l'effacement du PCF.

Une autre conception du rassemblement était et reste possible. A l'opposé des pratiques d'appareil, massivement rejetées, elle pose la possibilité et la nécessité de travailler au rassemblement de toutes les forces de gauche qui le souhaitent, et dans leur pluralité, pour travailler à des réponses politiques aux attentes du pays, à l'écoute et en appui du mouvement populaire, pour aujourd'hui et en vue des échéances à venir.

Quoi qu'on en pense, évacuer ce débat n'est ni sérieux, ni responsable ni acceptable.

Pire, nous apprenons, avant même la tenue du conseil national, que Pierre Laurent a lancé un appel en direction des autres composantes du Front de gauche pour discuter de l'ensemble des questions y compris les prochaines échéances électorales. Que signifie cette fuite en avant sinon un mépris des adhérents et des instances de direction, une pratique de direction vouée à l'inefficacité et source de découragement, de démobilisation et de nouvelles graves tensions.

Pour ce qui nous concerne nous ne nous y résignons pas. Et nous savons que nombreux sont ceux qui partagent l'exigence d'un véritable débat, seul en mesure de reconstruire le rassemblement des communistes. Il est illusoire de penser que la vie peut attendre 2011 pour que s'ouvre en grand le débat sur la nature de la crise, les bouleversements qu’entraîne la faillite des politiques libérales. C'est le capitalisme même qui est mis en cause. De ce point de vue il est incompréhensible – pour un parti communiste -, mais significatif, que le mot crise lui-même soit absent de la déclaration du conseil national des 27 et 28 mars.

C'est dans ce contexte qu'est proposée la convocation du congrès. Congrès "d'étape" ou "congrès d'attente"?  D'étape vers quoi? Pour continuer sans véritable confrontation d'idées et d'expériences sur la période écoulée depuis le 34° Congrès?

Nous pensons qu'on ne peut pas attendre pour engager la discussion. De ce point de vue un congrès peut être ce moment de lancement d'un débat approfondi. Encore faut-il en créer les conditions. Déjà le calendrier est considérablement réducteur. Mais surtout le cadre proposé écarte la possibilité d'un choix, ce qui est le propre d'un congrès. Sauf à en faire un rendez-vous apparemment formel, mais qui devrait entériner des décisions, sans que les adhérents puissent exercer leur souveraineté. Pas question de revenir sur les choix du 34° Congrès nous dit-on: ce qui revient à prétendre qu'il ne s'est rien passé de significatif depuis l'automne 2008, ni l'approfondissement de la crise, ni l'échec de la droite aux régionales, ni la victoire d'un PS repositionné à gauche par Martine Aubry, ni le mouvement de recomposition à gauche autour d'un axe PS/Europe écologie, ni les contradictions au sein du Front de gauche. Ni un mouvement social qui sous des formes différenciées continue à travailler la société française.

On ne peut pas attendre 2011, sous la pression des élections présidentielles, pour en débattre, dans le PCF, et plus largement, avec celles et ceux qui, sans être membres du PCF s'interrogent et sont en recherche pour ouvrir la voie d'un "après-capitalisme".

De ce point de vue, la question de la transformation du parti communiste ne peut se réduire à des questions d'amélioration de l'organisation, aussi importantes soient-elles : elle est indissociable de la conception que l'on a des conditions de la transformation sociale, d'un communisme de notre temps.

Nous le disons sans détour; un congrès "d'étape" qui esquiverait les questions de fond est pour nous inacceptable. Nous voulons un congrès permettant aux communistes de s’approprier tous les éléments du débat en vue du congrès « ordinaire » de 2011, précédant les échéances de 2012. Un congrès qui permette un vrai et large débat, dans tout le parti, en n’écartant personne, et en informant tout le monde des idées et propositions émises. Un congrès orientant résolument l’activité communiste pour de nouveaux rapports avec le mouvement social, vers de nouvelles façons de faire de la politique.

 Quelle que soit la forme le congrès doit être le moment de choix.

Enfin le changement de direction ne peut être réduit à "passer la main" d'une secrétaire nationale à un successeur désigné. Ce serait une régression incompréhensible peu compatible avec une conception novatrice de la transformation du PCF. S'il doit y avoir changement de direction, elle doit se faire conformément aux statuts, sur la base d'une orientation politique, et avec la possibilité de textes et de listes alternatives s'il n'y a pas consensus. Sinon, la décision doit être reportée au congrès normal de 2011, conformément aux statuts, et sur la base d'un débat d'orientation. Si en dépit de ces propositions, rien n'était modifié dans la préparation du congrès de juin, il faudra en tirer les conséquences en se préparant à exercer ce droit statutaire.

 Annette Boussinot, Michelle Carmouse, Daniel Cirera, Christian Jutel, Wilfrid Lunel, Fabienne Pourre, membres du Conseil national du Parti communiste français.


Pour information.

PARIS, 16 avril 2010 (AFP) – A deux mois du "congrès d'étape" du PCF (18-20 juin), Pierre Laurent, coordinateur national, a appelé les démissionnaires du Parti à "revenir sur leur décision" car "leur place" est dans le débat sur "le chantier des transformations du PCF".

De nombreux communistes, comme les députés Patrick Braouezec, François Asensi et Jacqueline Fraysse ou des figures comme Pierre Zarka ou Roger Martelli, ont décidé, à l'issue des régionales, de quitter le PCF, dénonçant un "raidissement dans la pratique démocratique" d'un parti qui "n'a pas réussi à se transformer".

Au niveau du Conseil national, 14 membres sur 233, dont M. Braouezec, ont démissionné.

"Je ne me résigne pas au départ de ces camarades", a déclaré M. Laurent à la presse, pendant que se tenait un Conseil national du PCF.

"Nous allons engager un débat et des discussions avec tous ces camarades pour leur demander de revenir sur leur décision, de revenir dans le PCF. Nous comptons sur eux", a ajouté le numéro 2 du PCF qui a envoyé une "lettre ouverte" aux démissionnaires.

"Au moment où nous voulons déployer pleinement le chantier des transformations du PCF, je pense que leur place est dans ce débat", a-t-il argué, assurant que "le PCF a en lui-même les forces de se refonder".

"Eux considèrent qu'on ne peut pas y arriver (…) mais le chantier de transformation du PCF est le chemin plus fécond", a-t-il assuré.

Le Conseil national devait valider vendredi deux textes pour ouvrir le débat du congrès : sur le "déploiement" du Front de gauche, "première étape d'un Front populaire majoritaire" et sur "l'accélération des transformations du Parti", a indiqué M. Laurent, amené à succéder à Marie-George Buffet à la tête du PCF en juin.

Sur cette succession, Daniel Cirera du groupe Communisme21 (pour un communisme du 21e siècle), estime que "l'élection du nouveau secrétaire national doit se faire sur un débat d'orientation et pas sur un simple passage de témoin".

Dans un texte, lui et d'autres membres du CN dénoncent également la stratégie du Front de gauche qui se traduit par un "effacement du PCF" au profit de Jean-Luc Mélenchon (PG) qui se voit candidat FG en 2012.

La "réunion au sommet" début mai, proposée par M. Laurent, entre Mme Buffet, M. Mélenchon et Christian Picquet (Gauche unitaire) pour parler notamment de la présidentielle, "conduit à une fuite en avant" voire à un "mépris des adhérents" communistes, selon eux. "Un congrès d'étape qui esquiverait les questions de fond" serait "inacceptable", assurent-ils.

D'autres, comme André Gerin, député "orthodoxe" du Rhône, et cinq secrétaires fédéraux, voulaient, eux, repousser ce congrès à décembre pour donner du temps au débat et coïncider avec le 90e anniversaire du Congrès fondateur du PCF à Tours.

Le congrès ordinaire du PCF est, lui, prévu en juin 2011. 

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