A Stains, les élus PCF s’opposent à la folle mécanique des expulsions

Le rôle des élus communistes reste important ! Ils sont les seuls à braver la justice quand il s’agit d’injustice.
Aux côtés des opprimés, des laisser pour compte, les élus communistes ont ce rôle de créer la résistance face à celles et à ceux qui ne pensent qu’à l’argent au détriment de l’humain.
Restons nous-même, ce parti dont ont réellement besoin les françaises et les français.
« Le communisme, c’est le sens de l
’ê
tre en commun à penser ».
Jean-Luc Nancy "Le communisme, c’est le sens 
de l’être en commun à penser"
Dans l’huma d’aujourd’hui.

buffetMarie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis et Michel Beaumale, maire PCF de Stains, ont déjoué ce matin une expulsion locative d’une famille de trois enfants. Une victoire de courte durée, car le préfet du 93 ne semble pas vouloir ralentir le rythme des expulsions.
Catherine, 11 ans, pourra-t-elle faire sa rentrée, mardi, à l’école Joliot-Curie de Stains ? Une huissière de justice et quatre policiers ont bien failli l’en empêcher, ce vendredi matin. Aux alentours de 7 h 30, ils sont venus expulser sa famille du HLM qu’elle occupe au cœur de la cité jardin pour impayés de loyer. Mettant son frère et sa sœur, 18 et 21 ans, ainsi que leurs parents à la rue. Jetés dehors, avec pour seul horizon, la promesse de quelques nuitées dans un hôtel indéterminé, à des kilomètres de là.
C’était sans compter sur une autre brigade républicaine, qui occupait le trottoir dès 6 heures du matin. Des élus communistes, cintrés de leur écharpe tricolore, se sont interposés avec une vingtaine d’habitants. En première ligne figurait Marie-George Buffet, députée, entourée de Michel Beaumale, maire PCF de Stains, et de l’adjointe au maire en charge de la solidarité, Karina Kellner. Laquelle juge cette procédure incompréhensible. « Un accompagnement social de la mairie a été mis en œuvre depuis plus d’un an pour cette famille, qui a repris le paiement de ses loyers et un remboursement de sa dette locative. »
L’origine des  impayés remonte à 2005, raconte Françoise, la mère de famille. «A cette époque, mon mari a dû arrêter de travailler pour des problèmes de santé.  Mais nous avons fait des efforts. Mis à part deux mois d’impayés, l’an dernier, j’ai versé l’ensemble des loyers depuis 2011.  Le peu que nous avons passe dans les remboursements. Nous nous serrons la ceinture tous les jours. On mange des pâtes, on s’interdit de faire quoique ce soit. C’est difficile d’expliquer à ma fille qu’elle ne peut aller avec ses copines manger un grec ou faire des activités. »
Cela coûte plus cher à l’Etat d’expulser que d’accompagner

Même si le niveau de la dette semble important, d’un montant de 9332 euros, une expulsion ne risque pas d’améliorer les choses. « Ce serait même complètement idiot », insiste Marie-George Buffet. En plus d’aggraver la situation sociale, ce serait une erreur économique. » Dès qu’il y a des enfants, le service de l’aide sociale à l’enfance doit payer des chambres d’hôtel, au prix de 1000 euros par mois et par personne. « Cela coûte plus cher à l’Etat d’exécuter ces expulsions que de maintenir la famille dans les lieux avec un accompagnement social», résume l’ancienne ministre communiste.
En envoyant des enfants vivre dans des Formule 1, on remet aussi en cause le droit des enfants à l’éducation, garanti par l’article 28 de la Convention internationale des droits de l’enfant. « Une famille récemment expulsée a dû faire la navette entre Romainville, à l’autre bout du département, et Stains, pour emmener ses enfants chaque matin à l’école », atteste Karina Kellner.
L’huissière, elle, n’était là que pour faire respecter le droit des propriétaires. « Je ne fais que mon travail », expliqua d’abord poliment cette « simple exécutante ». Bloquée par les élus de la République, elle commença à s’emporter, poussant à bout la logique de l’absurde. « Certaines personnes n’ont pas de toit, et sont toujours en attente de logements. Il faut bien faire de la place », finira-t-elle par lâcher sèchement, avant de finalement tourner les talons.
Françoise, la mère de famille, a enfin pu descendre de chez elle. «Vont-ils revenir ? », a aussitôt demandé la quadragénaire qui a perdu « près de 10 kilos en un peu moins d’un an ». Elle a raison de s’inquiéter. Grâce à l’action des élus, sa fille pourra faire sa rentrée, certes, mais elle gardera toujours une boule au ventre. Le préfet, après être resté sourd durant des semaines aux courriers des élus, semble vouloir mettre un point d’honneur à exécuter cette expulsion. Arguant de « l’échec par deux fois du suivi social » de cette famille, ses services ont indiqué que son expulsion n’était que « reportée à une date ultérieure ». Ce faisant, il trahit l’engagement de son prédécesseur de ne pas expulser de familles au-delà du 30 août.
Quand l’austérité aggrave le sort des mal-logés
Le préfet a d’autres soucis que la scolarité des enfants pauvres. L’Etat peut être contraint de verser des indemnités aux bailleurs en cas de retard dans l'octroi du concours de la force publique. Des  indemnités qui, dans ce dossier, « s'élèvent à 6025€ ». « Dès le début de l’année, les services de l’Etat avait signifié aux élus que les crédits prévus à cet effet allaient être réduits, dénoncent les communistes. On voit où cela conduit ! » Les expulsions ont explosé ces dernières années. « En Seine-Saint-Denis, il y a eu 6 900 expulsions en 2011, soit une augmentation de 76 % en deux ans, explique la maire-adjointe de Stains. Parmi celles-ci, 2 815 ont été menées avec octroi de la force publique. En 2007, il n’y en avait eu que 1797». Quant aux chiffres de l’année 2012, ils n’ont toujours pas été communiqués.
Face à cette folle mécanique, « il est urgent de changer la loi », plaide les élus communistes. Le projet de loi Duflot, examiné à compter du 10 septembre à l’Assemblée nationale, prévoit bien l’instauration d’une garantie universelle des loyers. Mais sa mise en œuvre n’interviendra, au mieux, qu’au 1er janvier 2016. « Il faut absolument faire voter un amendement à ce texte pour interdire ou surseoir les expulsions locatives, et renforcer sans attendre l’aide versée aux locataires en difficulté. Les fonds de solidarité logement, qui leur viennent en aide, sont épuisés de plus en plus tôt dans l’année », explique Karina Kellner. Comment justifier, aussi, que les allocations logements sont « suspendues dès le lancement d’une procédure d’impayés de loyers, aggravant encore la situation des locataires en difficulté ? » Et l’élue PCF d’appeler le législateur à prendre des mesures fortes pour mettre en place une véritable « sécurité sociale du logement ».

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