Deux Villeruptiens de retour de Palestine

Pierrick Spizak et Thomas Vescovi sont partis en Palestine pour témoigner de la situation actuelle et constater les améliorations des cultures bénéficiant du plan eau financé par l’AFPS et des municipalités lorraines.

De retour de Palestine, Pierrick Spizak et Thomas Vescovi, en partenariat avec la Ville de Villerupt, ont donné une conférence au Rio pour éclairer et sensibiliser le public sur les conditions de vie des Palestiniens. Soixante personnes ont suivi le compte rendu de leur voyage. La mission était composée de douze adultes comprenant des citoyens français et membres de l’AFPS (Association France-Palestine et solidarité), des élus, un parlementaire et a duré dix jours en 2011.
Le 29 novembre 1947, l’ONU partage la Palestine en un état juif (56 %) et un état arabe (54 %) et Jérusalem devient une zone internationale. La guerre israélo-arabe donne un tout autre partage : Israël augmente son territoire d’un tiers ; 800 000 Palestiniens, soit 4/5 de la population, sont chassés de leur terre et se retrouvent à errer dans les pays arabes voisins. Pierrick précise : « En 2012, quand on parle de Palestine, on fait référence à deux entités territoriales : Gaza (inaccessible) et la Cisjordanie. Nous sommes partis à Wadi-Fukin en Cisjordanie, une zone sous occupation militaire. Wadi-Fukin, 1 000 habitants, est pris en étau entrela frontière israélienne et la colonie de Betar-Illit. La colonie pompe la nappe phréatique ainsi que les sources du village. Le système de traitement des eaux est inadapté pour autant d’habitants, donc parfois, ils rejettent les eaux usées dans la vallée, rendant des hectares de terres inaptes à l’agriculture. ! »

Un village résiste
Wadi-Fukin ne reste pas bras ballants face à ces agissements. L’histoire du village est déjà impressionnante. Lorsqu’en 1967, la guerre éclate, les habitants sont expulsés de leurs terres et envoyés dans un camp de réfugiés à Bethléem, à 10 km. Les agriculteurs se rendent tous les jours, à pied, ou en charrette sur leurs terres pour continuer à s’en occuper. Ils vont s’entraider pour ne pas laisser leur terre à l’occupant. Et en 1973, par un recours en justice, on les autorise à revenir dans leur village.
Le projet eau est un partenariat entre l’AFPS, le Palestinian agricultural relief committies (Organisation d’agronomes palestiniens), le Palestinian farmer union (Syndicat agricole). Michel Jacquemard, de la mission Réfugiés Liban explique : « La première tranche de travaux (16 500 €) a été possible grâce aux subventions des collectivités, des associations, du conseil régional et du conseil général, avec l’aide technique de l’école de commerce de Nancy. L’objectif est de financer un système d’irrigation qui économise l’eau, afin d’éviter le gaspillage. 28 paysans en ont profité et sont heureux de leurs récoltes. »
Wadi-Fukin fut également un moment inoubliable pour Pierrick et Thomas qui ont noué des liens d’amitié avec Mohamed, étudiant. Le débat qui a suivi a sollicité un bon nombre d’interrogations sur la situation politique et sociale en Palestine.
Mercredi 2 mai à 17 h, la municipalité de Villerupt, qui l’a toujours soutenu, recevra Salah Hamouri, Franco-palestinien libéré le 18 décembre 2011 après 6 ans de prison.

Républicain Lorrain du 2 Mai 2012

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