11 septembre : « Pas d’instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme à des fins stratégiques »


On se souvient de ce 11 septembre 2011 et de la puissance tragique de l'événement: 2976 victimes dans une opération terroriste de grande ampleur. Le PCF avait exprimé avec force sa totale condamnation.
Dix ans après, il faut tirer les leçons politiques de cet événement majeur, comprendre le sens des évolutions internationales qui ont suivi, jusqu'aujourd'hui.
Le 11 septembre, en effet, a soulevé des questions essentielles: la sécurité et la guerre, la démocratie et les libertés, les valeurs et l'exigence d'éthique en politique, jusqu'à la configuration de l'ordre mondial. Les images, le choc ont stupéfié les opinions publiques dans le monde. Mais les conséquences de l'attaque du 11 septembre, qui a frappé le cœur symbolique, économique et militaire des Etats-Unis, sont allé bien au-delà du médiatique.

La guerre contre le terrorisme devait justifier les déterminants les plus néfastes de la politique de George Bush : l'opposition simpliste et dangereuse du bien et du mal, la diabolisation d'un ennemi volontairement mal identifié mais stigmatisant l'Islam, l'affirmation d'une logique de force et de guerre permanente, la prééminence d'une stratégie unilatérale de domination sans partage et sans rival.
Les deux guerres déclenchées en Afghanistan et en Irak par George W. Bush au nom de cette «guerre contre la terreur» sont apparues comme l'instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme à des fins uniquement stratégiques. L'absence, dans le discours américain, de toute référence aux problématiques du développement, des inégalités, de la démocratie, de la sécurité humaine par la prévention et la résolution des conflits, montre que le choix de G.W. Bush visait à saisir l'opportunité dramatique du 11 septembre pour réaffirmer la suprématie politico-militaire d'une très grande puissance.
Beaucoup de puissances occidentales ont suivi ce chemin de la guerre. Et on ne traite le 11 septembre qu'à travers sa dimension sécuritaire, comme si les problèmes du monde n'avaient de réponse possible que dans la politique de force et la logique militaire.
Ce choix des Etats-Unis s'est accompagné d'une politique de mise en cause des libertés publiques et de l'Etat de droit, d'une dérive vers des formes de justice d'exception, d'un ultra-libéralisme agressif, d'une déréglementation systématique et d'une conception des relations internationales tournées exclusivement vers la défense des intérêts américains.
C'est l'ensemble de cette stratégie néo-conservatrice qui s'est effondrée quelques années plus tard dans l'impasse des guerres d'Afghanistan et d'Irak, dans une crise politique et sociale interne qui a conduit à la victoire de Barak Obama.
Il est consternant de voir que cette même stratégie inspira à Nicolas Sarkozy l'esprit et le sens, très réactionnaire et atlantiste, sa politique.
Alors que Barak Obama, faute d'avoir changé réellement de politique, est en sérieuse difficulté, le Président français s'est obstiné à suivre le chemin de la guerre, d'abord en Afghanistan avant d'annoncer comme Washington un projet de retrait, puis en Côte d'Ivoire et en Libye, et dernièrement en menaçant directement l'Iran…
Dix ans après le 11 septembre, l'enseignement politique essentiel de cette tragédie est passé sous silence. La guerre continue d'être la solution miracle, comme si elle n'aggravait pas les crises.
Le printemps arabe, les luttes et les mouvements sociaux dans de multiples régions du monde, jusqu'en Europe, montrent l'urgence des changements nécessaires et la force des attentes démocratiques et sociales des peuples.
Dès maintenant et en préparation des échéances présidentielles et législatives de 2012, un débat national et européen doit s'imposer sur les grands défis du 21ème siècle. Le développement humain durable, la démocratie, la nécessité d'une autre politique internationale et de défense pour la France et l'Europe, doivent être au cœur de ce débat. Il faut une autre vision du monde et de l'avenir.

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