Des indignés jusque sur la place Darche, et déjà un nouveau rendez-vous le dimanche 19 Juin 2011- Place DARCHE – LONGWY-HAUT

Alors que les indignés de la puerta del Sol à Madrid levaient le camp ce week-end en promettant d’autres mouvements d’ampleurs, Longwy a rassemblé dimanche matin une dizaine de ces « citoyens révoltés. »
Les manifestations continuent de se multiplier un peu partout en France et en Europe, sans les mêmes effectifs malgré tout, et Longwy est entré « dans la danse » des indignés dimanche matin.
Une dizaine de personnes se sont retrouvées sur la place Darche pour eux aussi remettre en cause « le système actuel » et les « hommes politiques ».
Sous le regard des passants, dont quelques-uns se sont arrêtés pour échanger et soutenir ce petit mouvement, Philippe Marx a pris la parole : « On est là en tant que citoyens, pour lancer un rassemblement, qui sera journalier, hebdomadaire peu importe. On est indignés, oui, mais aussi acharnés, car on ne peut concevoir qu’une minorité possède tout, et la majorité rien.
Dans le pays, à Nancy, des choses se passent. Pourquoi pas ici ? »

Le « divorce » entre peuple et élus
Eduardo Galeano, le grand écrivain uruguayen, s’est alors invité dans le discours pour motiver les troupes. « Je voudrais commencer par vous lire un de ses textes. "C’est, il me semble, une expérience incroyable, qui m’émeut beaucoup, cet enthousiasme, cette vitamine E d’enthousiasme qui semblait perdue dans ce monde, toutes ces places remplies de monde. J’espère que ça durera, l’enthousiasme est un joli mot. En grec cela signifie avoir les dieux en soi, c’est ce que j’ai ressenti en déambulant sur la puerta del Sol." »
De l’énergie, la dizaine de personnes présentes en avait pour critiquer frontalement cette « répartition inégale des richesses », et pas seulement. « Il y a clairement un divorce entre le peuple et le système politique. Deux siècles de mouvement ouvriers ont permis d’acquérir un certain nombre de droits. La technocratie et l’oligarchie qui se croient élues des dieux pour gouverner nous les confisquent. Le FMI et la banque mondiale, les agences de notation qui classifient les pays selon que ces derniers ont pris ou non le "bon" chemin, celui-ci étant celui de l’obéissance, méritent d’être traînés en justice et jugés. Mais certains politiques se sont élevés contre ça, et ont annoncé qu’ils ne paieraient pas cette dette illégitime, causée par les banques. C’en est fini de l’obéissance du plus petit envers le plus fort. »
D’autres rendez-vous
Pointant du doigt les « indignes », dans la ligne de mire de ces « indignés », Philippe Marx a ensuite proposé de remplacer le G20 pas le G7milliards, « c’est-à-dire celui de l’Humanité. Toutes les décisions du Gouvernement vont dans le même sens : accroître les revenus du Capital. Les services publics sont attaqués, on privatise ce qui devient rentable pour les patrons comme la santé, le transport, l’énergie, la Poste. Des suppressions massives d’emplois sont programmées. Se nourrir, se loger, se déplacer, financer les études des enfants devient pour beaucoup insurmontable. Tout ça est conforme au traité européen voté en février par une majorité de députés PS et la quasi-totalité de droite. Mais nous sommes la majorité, et nous pouvons les faire reculer. »
Il s’agira donc de continuer à militer, et à lutter, pour fédérer. « Les choses ne changent pas en une semaine ou en un mois, et même si ce mouvement prenait fin, il restera l’énergie qui s’en est dégagée. Les révolutions arabes sont parties d’un seul homme, qui s’est suicidé. Il faut réhabituer les gens à bouger. Ils ont fait confiance aux politiques depuis 81, et toutes les ont déçues. Ils n’y croient plus, et c’est ce que veut dire l’abstention. Il est important de faire comprendre aux élus qu’ils le sont pour écouter le peuple. »
Les paroles fortes
Aux côtés de Philippe Marx et des autres indignés se trouvait Yann, étudiant villeruptien habitué de ce type de mouvement. « Je participe aux rassemblements de Metz, qui ont lieu tous les soirs à 19 h place Saint-Louis. On sera présents aussi le 19 pour la grande manifestation. Les gens sont tellement enfoncés qu’ils n’arrivent pas à se relever. Si c’était de la résignation, il n’y aurait pas autant de mouvements en France (les retraites, les indignés etc.) Ce n’est pas aux peuples de payer la dette de l’État. Notre pays est une dictature sous un masque de démocratie. »
Un peu plus loin, un autre indigné enchaîne lui aussi les phrases fortes, suite à une discussion sur le thème des Restos du cœur, du RSA et du Smic : « qu’ils puissent exister m’indigne. Et que des (anciens) ministres comme Ferry, qui gagne 4 500 € par mois sans donner ses cours, puissent tranquillement faire ce qu’ils font, ça me révolte. Si je ne vais pas au travail, on me vire. Et si je fais mal mon travail, pareil. Voilà pourquoi il faut réinventer la démocratie : que les élus rendent des comptes, et que s’ils ne tiennent pas leurs promesses, ils puissent être révoqués. C’était le fonctionnement de La Commune. »
Jean-Marie acquiesce, et ne veut plus d’un « capitalisme qui a ôté la parole au peuple, qui détruit l’environnement et ne provoque que pauvreté. »

Sébastien Bonetti. Républicain Lorrain du 14 Juin 2011

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