Ecole fermée le jeudi 10 février 2011 : la grève des enseignants expliquée aux parents d’élèves


Pourquoi la grève ?

Les défis à relever pour le système éducatif sont considérables : faire face à l’échec scolaire persistant, en finir avec les sorties sans qualification du système éducatif de trop nombreux jeunes, assurer la réussite de tous à tous les niveaux.
Le gouvernement doit cesser de faire croire qu’il est possible de faire mieux avec moins.
Nul n’ignore que sa politique éducative est conduite par celle de la réduction des dépenses publiques pour diminuer les déficits publics. L’ampleur des suppressions de postes dans l‘éducation, avec plus de 16 000 postes encore supprimés à la prochaine rentrée, alors que 62 000 élèves supplémentaires sont attendus, et les transformations radicales à l’œuvre dans le système éducatif qui instaurent une école de plus en plus ségrégative ne permettront pas de relever ces défis et d’assurer enfin la réussite de tous les élèves.
C’est une autre politique, d’autres moyens, une autre dynamique à tous les niveaux du système éducatif qu’il faut mettre en œuvre.
Localement, nous voyons bien les effets de cette politique :
Les enseignants absents (pour cause d’enfant malade qu’il faut garder, cela correspond à 80% des absences) ne sont plus remplacés, faute de personnel. Cela signifie que les enfants sont soit remis à leur famille (pas d’école !) ou bien qu’ils sont « répartis » dans les autres classes. Comment peut-on oser dire alors que l’on veut une école de la réussite ?

Les nouveaux enseignants, qui arrivent dans les classes sans formation (disparition des IUFM, centres de formation) devraient partir en stages plusieurs fois lors de leur première année. Or, … il n’y a personne pour les remplacer, donc… ils ne partent pas en stage.
Les enseignants spécialisés qui s’occupaient en petits groupes des élèves en difficulté (enseignants réseau, RASED) ont vu leurs postes fermer (3000 suppressions de ce type l’an dernier). Ce signifie que les élèves les plus en difficultés ne sont plus pris en charge en dehors de la classe. Nous savons pourtant combien un petit coup de pouce donné en petit groupe peut permettre de sortir un élève de ses difficultés, et le remettre sur les rails.
Et encore, les enseignants pourraient-ils parler de leur pouvoir d’achat qui a baissé de près de 10 % en quelques années. Mais, … cela n’est pas à l’ordre du jour de cette grève.
Pourquoi dans certaines écoles les enseignants ne sont-ils pas en grève ?  Ici, nous avons aussi beaucoup hésité. Une grève coûte cher à chaque enseignant : c’est une journée de salaire qui disparait. Malgré cela, et parce que nous sommes attachés à ce service public, nous nous mobilisons. Mais, … pourquoi seulement les enseignants ?
L’école, … c’est l’affaire de tous !
Ce mouvement concerne l’école dans son ensemble, l’école à laquelle nous sommes attachés, et tous ensemble,  parents et enseignants nous devons dire notre exigence du maintien d’un service public d’éducation de qualité.

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