Les mensonges d’un message qui dénonce le coût des soins accordés aux sans-papiers

La rumeur, qui circule notamment par e-mail et sur Facebook, affirme à tort que les personnes en situation irrégulière peuvent bénéficier de cures thermales gratuites.

Les clichés sur les supposés « privilèges » des migrants ont la vie dure. Un message qui circule actuellement par courriel et sur Facebook affirme ainsi que les résidents en situation irrégulière en France bénéficieraient d’une couverture de santé « 100 % gratuite », allant jusqu’au remboursement de cures thermales. Un mensonge parmi d’autres, glissé sous couvert de dénoncer le « scandale » supposé des prestations de santé accordées aux sans-papiers.

CE QUE DIT LA RUMEUR

Ce message, sur lequel un lecteur nous a interpellés sur Facebook fin août, circule en réalité à quelques détails près depuis au moins 2011 dans des chaînes d’e-mails et sur les réseaux sociaux. On en retrouve également la trace sur plusieurs blogs d’extrême droite comme françaisdefrance.wordpresse.com (un site qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex). En voici les grandes lignes :

« CARTE VITALE. Nous payons 8.83 euros par mois à ceux qui vomissent la France et mettent le feu à nos voitures. […] J’ai découvert, sur le relevé de ma mutuelle, que je contribue désormais au financement de la CMU [à hauteur de] 8,83 euros par mois.

Saviez-vous que les “sans-papiers” bénéficient d’un remboursement à 100 %, sans aucun ticket modérateur, pour l’ensemble de leurs soins médicaux : médecine d’urgence, soins liés à la grossesse, vaccinations, lunettes, frais dentaires et même les cures ! Alors que la grande majorité des Français ne peut même pas s’offrir le luxe de prothèses dentaires ! Si vous doutez de cette info demandez donc à votre dentiste !

Ce dispositif [est] intitulé aide médicale d’Etat […] depuis 12 ans ce budget a bénéficié chaque année de larges rallonges […] il s’élève actuellement à 670 millions d’euros par an soit, en moyenne, 3 350 euros par clandestin. C’est un véritable scandale, dénoncé dans un rapport par Claude Goasguen. Ce rapport sera, comme de nombreux autres, très soigneusement enterré. »

POURQUOI C’EST MENSONGER

1. La CMU et l’aide médicale d’Etat sont deux dispositifs différents

La protection universelle maladie (PUMA), qui remplace depuis 2016 l’ancienne CMU de base, garantit une protection de santé à toute personne qui réside ou travaille en France de manière stable et régulière, et ne concerne donc pas les sans-papiers. Ce régime permet notamment aux personnes sans activité professionnelle de bénéficier d’une prise en charge gratuite de leurs frais de santé, sous conditions de ressources (ceux qui dépassent le seuil paient des cotisations).

Les étrangers en situation irrégulière ne peuvent bénéficier de la PUMA. Ils peuvent en revanche être éligibles à un autre dispositif : l’aide médicale d’Etat (AME), sous conditions de ressources et de résidence stable en France (seuls les mineurs peuvent en bénéficier sans condition).

PUMA (anciennement CMU) et AME sont donc deux choses différentes, qui concernent des publics différents et ne donnent pas les mêmes droits.

2. L’aide médicale d’Etat ne rembourse pas les soins de « luxe »

Cette distinction est importante car l’AME ne donne droit qu’à un panier restreint de soins. Les personnes sans-papiers qui en bénéficient ont effectivement accès aux soins d’urgence, aux vaccinations obligatoires ou aux soins liés aux grossesses, comme l’affirme la rumeur (la liste des prestations est consultable ici).

Il est en revanche mensonger d’affirmer que l’aide médicale d’Etat couvrirait des soins « de luxe ». Les cures thermales évoquées dans le texte ne sont ainsi pas remboursées aux bénéficiaires de l’AME. Dans le cas des frais d’optique et dentaires, cette prestation n’offre une prise en charge que dans les tarifs de base de la Sécurité sociale, laissant un reste à charge souvent conséquent (et donc prohibitif) aux sans-papiers.

La CMU complémentaire (CMU-C), à laquelle les résidents réguliers (avec papiers, donc) en France sont éligibles sous conditions de ressources, offre en réalité une bien meilleure couverture. Dès lors, il est fallacieux de présenter les sans-papiers comme des privilégiés face aux Français qui ne pourraient se payer de prothèses dentaires.

3. L’aide médicale d’Etat n’est pas financée par une taxe sur les mutuelles

La mention d’un coût de « 8,83 euros par mois » sur le relevé de mutuelle est également trompeuse. Il existe bien une taxe de solidarité additionnelle (TSA) sur les contrats d’assurance maladie, mais elle vient financer en partie la PUMA et non l’aide médicale d’Etat. Le chiffre de 8 euros par mois n’a en revanche pas de sens car il s’agit d’une taxe indexée sur le montant des cotisations et dont le taux varie selon les cas. En 2015, la TSA permettait de financer le fonds CMU à hauteur d’environ 2,1 milliards d’euros.

Le coût brut de l’AME est néanmoins connu : il était de 814,1 millions d’euros en 2015, selon les chiffres de la commission des finances du Sénat, pour 316 314 personnes concernées. Un chiffre à la hausse depuis des années, principalement à cause de l’augmentation du nombre de bénéficiaires, et qui représente 0,0000022 % des dépenses totales de l’Etat.

Le député Les Républicains (LR) Claude Goasguen dénonçait effectivement la hausse du coût de l’aide médicale d’Etat dans un rapport parlementaire en 2011, comme le mentionne la rumeur. Loin d’être enterré, ce constat a cependant été débattu sur la place publique à de multiples reprises depuis. Plusieurs candidats à la primaire de la droite, dont François Fillon, ont ainsi plaidé pour restreindre l’aide médicale d’Etat, quand Marine Le Pen proposait tout simplement de la supprimer dans son programme présidentiel.

Des questions éthiques et de potentiels problèmes de santé publique

L’idée qu’il serait possible de réaliser des économies substantielles sur cette dépense est néanmoins contestable, pour plusieurs raisons. D’abord du fait de la nature des soins dispensés au titre de l’AME, fréquemment pour traiter des tuberculoses, des maladies associées au VIH ou pour des accouchements. Ne pas traiter ces cas poserait à la fois des questions éthiques et de potentiels problèmes de santé publique, en favorisant la propagation d’affections contagieuses non traitées.

De possibles restrictions à l’AME pourraient même s’avérer contre-productives sur le plan économique. Ainsi, l’idée de mettre en place un droit d’entrée de 30 euros pour en bénéficier avait été testée par la droite en 2011, avant que la gauche ne revienne dessus. Un rapport parlementaire de 2015 relevait que ce dispositif avait engendré des retards « dans l’accès aux soins et in fine un renchérissement de la dépense ». Autrement dit, que l’état de certains patients s’était aggravé et que les soins avaient finalement coûté plus cher que s’ils étaient intervenus plus tôt.

Article du “Le monde.fr” écrit par Adrien Sénécat

Tout est fait pour que les migrants se dégoûtent et partent ailleurs.

Aujourd’hui 4 août la presse est présente ainsi que la députée Caroline FIAT de la France insoumise. Nous y sommes aussi, en effet, les insoumis du pays des trois frontières de la 3ème circonscription de 54 sont venus accompagné d’Adrien ZOLFO maire de Saulnes afin de remettre aux associations tout le matériel qui a été récolté en une semaine pour les réfugiés du camp « BLIDA » à METZ. Une grande camionnette a été nécessaire. Merci pour tous ces dons, merci pour ces gestes de solidarité.

J’avoue avoir appréhendé cette visite, je suis sensible à la vue de la moindre injustice, aux moindres malheurs des autres. Je me doutais de ce que j’allais découvrir, mais pas à ce point, les mots me manquent.

Oui, aujourd’hui il y a de la visite, alors on s’affaire à nettoyer comme il se doit les abords des endroits où les réfugiés prennent leur douche (capacité de 70 douches chaudes… Ils sont 6 à 700) et où ils font leurs besoins. Une jeune femme d’une association (Collectif « le soleil de Blida ») nous dit que ce n’est pas le cas en général. Caroline confirme, la semaine dernière les réfugiés marchaient dans l’urine pour se rendre dans ces endroits.

Un monsieur arrive à vélo avec une remorque, celle-ci est pleine de pain, il n’aura pas fallu 5 minutes pour qu’elle se vide.
En parlant avec cet homme, il nous dit qu’il fait cette démarche tous les jours à titres personnels, il ajoute qu’avec les associations il faut perdre trop de temps pour prendre une décision. Il est content, aujourd’hui, il peut entrer dans le camp, nous sommes là, et le préfet a autorisé la visite.
Je me permets de faire quelques pas à ses côtés et il me dit qu’il fallait que je relativise, malgré ce que l’on peut voir et constater, ils sont plus heureux ici que chez eux (????). Tu vois me dit-il « ils ont aussi besoin de notre compagnie, notre présence est importante. » Et plusieurs migrants passent par là en le saluant tout en l’appelant par son prénom et lui tapotant les épaules en lui demandant s’il allait bien.

Arrive une dame membre d’une association, elle se joint à nous, elle a un petit carnet dans sa main et note tout ce qui lui semble louche. Alors les questions fusent : « pourquoi sont-ils les uns sur les autres alors qu’il y a encore une zone dans la suite de celle-ci ? » Elle me répond : « qu’il a déjà été difficile d’avoir cet endroit parce que tu vois à l’entrée il y a une bande de terre non bétonnée, et avant c’est là que les migrants étaient cantonnés. Et quand il pleuvait, ils pataugeaient dans la boue. » Curieux, je voulais encore savoir : « pourquoi certaines tentes sont sur des palettes et pas d’autres ? » Elle me regarda gênée et fini par me dire : « tu sais dans ces camps il y a des mafieux, ils profitent de la situation et tous les moyens sont bons pour se faire du fric. Pour les palettes, ils louent cela 5 € par jour et si les migrants ne payent pas ils leur enlèvent la palette et ils dorment à même le béton (les rats viennent régulièrement leur rendre visite). » Cinq euros par jour, soit pour le mois 150 €… Pour une palette ! C’est dégueulasse ! Cela m’a écœuré, comment peut-on aujourd’hui profiter du malheur des autres ?

Pendant ce temps-là, un avocat présent sur les lieux répond à la journaliste de BFM. Il est remonté, sur le revers de sa veste on peut apercevoir le pin’s du triangle rouge, le symbole de la résistance aux idées d’extrême droite. Il dit « intervenir chaque jour auprès du maire socialiste de la ville pour lui demander d’améliorer les conditions de vies de ces gens, mais rien n’y fait, cela fait des mois que cela dure. Il ajoute que tout est fait pour que les migrants se dégoûtent et partent ailleurs. » D’une voix plus forte il dit : « et ici j’ai affaire à des élus socialistes sans oublier de signaler qu’ils se disent de gauche. » Il majore son propos en disant « que c’est malheureux de voir cela alors qu’à quelques mètres de là, des casernes sont vides, que ces bâtiments ont tout le nécessaire pour accueillir ces gens. »

Je suis dans le désarroi, je ne sais quoi faire et dire, je me sens impuissant face à ces injustices, je me demande qu’avons-nous fait pour en arriver là ? Que faut-il faire pour ne jamais voir cela ?

Je retourne à l’entrée du camp, une petite fille a reçu un sachet plastique rempli d’ours en peluche, celui-ci se déchire et les peluches tombent sur le sol, comme une petite folle elle les ramasse de peur que l’on lui prenne. Un petit garçon joue avec un vélo, il n’a pas de pédales, c’est à l’aide de ses pieds qu’il avance. Des femmes vont et viennent au point cuisine, elles préparent le déjeuner.

Un homme s’approche de moi et me demande si j’étais communiste, comme si cela était écrit sur mon front, je confirme l’être et il me dit qu’il me suit sur Facebook et qu’il m’avait reconnu. Il venait aussi régulièrement sur le site pour tenir compagnie aux migrants. On a discuté un moment sur ce que je pouvais penser de ce lieu. Lui aussi me dit que je devais dédramatiser mon ressenti, que l’on ne pouvait pas régler tous les problèmes de cette société nous-même. Qu’il fallait que l’on continue de dénoncer et d’être solidaire avec ces gens. « Je suis fils d’immigré » me dit-il, « Italien je suis venu en France à l’âge de 10 ans, j’ai vécu ce que vivent ces migrants, et je sais ce que tu peux ressentir en voyant cela. »
« Si tu savais le niveau de ma colère en ce moment » lui dis-je, « je n’ai jamais eu autant de haine envers le genre humain, c’est grave ! »

Il est l’heure de repartir et d’aller décharger notre camionnette chez un militant.
J’ai le cœur gros, des larmes plein les yeux, je tremble de colère, la gorge serrée, j’ai du mal à parler, et je n’arrête pas de me dire que cette situation ne devrait pas exister, comment des humains peuvent traiter de cette façon d’autres humains.
Je me dis, alors que j’adore les animaux, que pour ceux-ci il y a plus de volontaires pour les bichonner que pour choyer des humains. Je me dis que sur cette planète les gens sont devenus fous, fous à lier.
Que cela ne peut pas durer, mais comment faire pour stopper cette machine infernale qui détruit tout sur son chemin ?
Je n’arrête pas de me demander, pourquoi toutes ces guerres ? Pourquoi toutes ces coutumes d’ailleurs qui font de la femme un objet ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et encore pourquoi ?

Je ne possède pas, la ou les solutions, tout ce que je sais, c’est que cela doit cesser et que toutes celles et tous ceux qui ressentent cela doivent se réunir pour changer les choses.
Je demande à tous mes camarades d’agir et de réagir partout où il y a une injustice. Quelle qu’elle soit.
Je demande à ma camarade communiste du Conseil municipal de METZ d’implorer le maire socialiste de la ville Dominique Gros de faire en sorte que les conditions de vie de ces migrants ne soient pas un calvaire.
C’est de ton devoir camarade, c’est de ta responsabilité, quand on est communiste et élue comme tu l’es tu as la charge de mettre en valeur nos convictions profondes de justice. Tu n’as pas ce droit de dire « l’humain d’abord » et de laisser cette situation du camp de BLIDA perdurer.
D’autant que sur le site internet de la mairie de METZ sous le menu « EN ACTIONS » on peut atteindre des sous menus, ceux-ci : « Ma ville apaisée » tu parles d’un apaisement quand tu vas au camp de BLIDA. « Ma ville réinventée » on réinvente quoi ? La misère ? « Ma ville solidaire » Bonjour la solidarité de la ville de METZ ! « Ma ville citoyenne » Si c’est de cette façon que l’on apprend aux enfants de METZ à devenir un bon citoyen il faut urgemment revoir le programme ! Etc. Etc.

Le retour fut pesant, nous étions tristes et indignés de ce que nous avons vu et entendu.

Enrayer ces camps est une priorité d’autant qu’en France des milliers et des milliers de logements sont vides.
J’ai regardé les infos sur FR3 « Grand Est » hier soir, deux minutes et dix secondes a duré le reportage sur la venue de Caroline à BLIDA, alors que toute la journée les médias, tous les médias nous ont pompé le cerveau avec l’arrivée au PSG de ce NEYMAR qui est aussi un migrant, mais qui ne vivra jamais ce que vivent ceux de BLIDA.

C’est l’histoire de l’argent, de cet argent roi qui a remplacé notre attention sur les humains.

Pauvre monde ! Pauvre société !

Paix, liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité, poing fermé et levé.
 
Le reportage qui est passé sur FR3 GRAND EST hier soir :

Celui de hier à midi.

Celui de BFM

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