Valls : “plus vite, plus fort, mais pas plus juste”

images_93Dans une déclaration à l'issue du conseil des ministres, Manuel Valls, en lieu et place du porte-parole du gouvernement, a poursuivi une storytelling sur l'action gouvernementale avec, au final, un seul et unique message : "ça va saigner. Et à tous les étages".
Pour l'Etat et ses opérateurs, avec l'annonce du maintien du gel du point d'indice pour les fonctionnaires. Pour les collectivités territoriales, avec une ardoise de 11 milliards d'euros de baisse des dotations d'ici 2017. Pour la santé et la sécurité sociale avec la confrmation des 21 milliards d'euros, c'est sans précédent, amputés dans les dépenses de santé et de sécurité sociale. Le Premier ministre porte une attaque sévère avec l'annonce de la non revalorisation des prestations d'ici octobre 2015, ce qui aura des conséquences très douloureuses, notamment pour les retraités.
"Plus vite, plus fort", en effet, mais en aucun cas "plus juste". Si le Premier ministre retouche à la marge les arbitrages sur l'affectation des 50 milliards d'économies, sans consultation du parlement et des partenaires sociaux, le pacte de responsabilité est gravé dans le marbre d'une austérité que surveillent de près la commission européenne et le patronat. Dès aujourd'hui, à n'en pas douter, l'un comme l'autre diront au Premier ministre de la France : "des efforts mais peut et doit mieux faire".

“Avec le sous-smic, Gattaz assure le service après-vente du pacte de responsabilité”

2013-07-16gattazDepuis une semaine, suite à la déclaration de politique générale du nouveau premier ministre, nous assistons à une sorte de concours Lépine de la proposition la plus antisociale, la plus provocatrice pour le monde du travail, pour toutes celles et ceux qui subissent de plein fouet la précarité et l’explosion des inégalités.
Ce concours de la cupidité et de l'indignité se nourrit d'une déferlante médiatique, à longueur d'ondes et d'antennes, multipliant "les leçons d’économie pour les nuls", les rappels sur la dette, les difficultés des entreprises, le stress des patrons. Pierre Gattaz, lui, semble être en pleine forme, dopé quotidiennement par les annonces et des décisions du Gouvernement. Hier avec le volte-face sur le rythme pour atteindre le dogme des 3% de déficit, le 23 avril avec, en conseil des ministres, la saignée de 50 milliards d'euros dans la dépense publique et sociale. "Plus vite, plus fort", le patron du Medef s'applique et propose un sous-smic avec, de nouveau, la promesse, recyclée, de créer " un million d'emploi en 5 ans". Rappelons que cet objectif est un marché de dupes, notre économie crée aujourd'hui annuellement 250 000 emplois. Dans le climat ambiant, le patron du Medef se croit autorisé à cette nouvelle sortie qui n'est pour lui que le service après-vente du pacte de responsabilité.
La marche du 12 avril pour des alternatives à l'austérité, le rendez-vous syndical du 1° mai et celui du 15 avec toutes les organisations syndicales des fonctionnaires, le débat d'orientation qui se lève au sein du Parti socialiste après la désignation par l'Elysée du nouveau premier secrétaire, sont là pour rappeler au Medef et au Gouvernement que le terrain n'est pas dégagé.

Rapport de la cour des comptes : « un remède qui finirait d’achever le malade »

migaudL’Élysée et Matignon abriteraient-ils des mythomanes ? La Cour des comptes critique vertement, dans son rapport annuel, l'excès d'optimisme persistant de leurs occupants de ramener, sans douleur, le déficit public sous la barre des 3 % en 2015. En réalité, du fait de la faible croissance et du chômage qui ne s'infléchit pas, les recettes fiscales pourraient, cette année, être jusqu'à 6 milliards d'euros inférieures à ce que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont prévu. Du coup, la Cour doute de l'engagement présidentiel de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique d'ici 2017, pour financer une nouvelle baisse du « coût du travail ».
Selon elle, il faudra économiser d'avantage sur la protection sociale, les collectivités locales et les fonctionnaires, avec la poursuite du gel du point d'indice. En somme un remède qui finirait d’achever le malade.
Le président de la Cour des comptes encourage François Hollande à frapper encore plus fort, y compris en diminuant les allègements fiscaux à destination des handicapés et les « facilités de circulation » dont bénéficient les cheminots et leurs familles. Il oublie une mesure pourtant plus efficace ; celle de réduire et conditionner les 200 milliards d'euros d'avantages fiscaux et sociaux et d'aides publiques accordées aux entreprises et aux banques.
Les préconisations de Didier Migaud ne feraient qu'accentuer le mal-être des Français, et amplifieraient déficit public et dette publique. La gauche doit rompre avec cette fuite en avant. Les élus locaux de gauche ne veulent pas que l'austérité hollandaise ravage leurs collectivités.

Financement de la protection sociale : “Un recul de près de 70 ans”

financement-assurance-maladieLors de sa conférence de presse, le Président de la République a décidé de se soumettre aux exigences du patron du Medef. Il répond à une vieille exigence du grand patronat et revient sur un des fondements de la protection sociale inventée par Ambroise Croizat. En supprimant les cotisations patronales pour la politique familiale, François Hollande leur fait un cadeau de plus de 35 milliards d'euros à ajouter aux 20 milliards du CICE.
Cette décision implique de prendre encore ces 35 milliards dans la poche des salarié-e-s ou de remettre en cause la politique familiale. C'est scandaleux, c'est un recul de près de 70 ans ! C'est également une décision grave au regard de la question des retraites, car une diminution des aides familiales induirait une diminution de la natalité et donc des financements de la retraite.
C'est ici la cohérence de la sécurité sociale qui est attaquée.
Plus que jamais, le PCF et ses partenaires du Front de gauche se battront pour la défense et la promotion de la sécurité sociale solidaire basée sur la cotisation. C'est de propositions de gauche dont notre pays a besoin !

Hausse du smic : service minimum pour le gouvernement

2013-12-13smic10 centimes de plus et pas un sou de plus. La hausse du Smic annoncée par le gouvernement ce vendredi fera passer le Smic horaire de 9,43 centimes d'euros à 9,53 centimes d'euros au 1er janvier 2014. Soit la hausse légale et automatique, et pas plus.
"Par la seule application des nouvelles règles de calcul" de la revalorisation automatique du Smic et compte tenu "d'une inflation de 0,6%", "il y a un gain de pouvoir d'achat", a assuré à l'AFP le ministre du Travail Michel Sapin, en marge d'une remise de prix au Sénat. Le Smic horaire brut, qui s'élève actuellement à 9,43 euros, passera sur cette base à 9,53 euros.
Pouvoir d'achat en berne
Michel Sapin n'a pas encore annoncé si le gouvernement allait consentir à un coup de pouce en plus de ce 1,1%. Mais il est peu probable que Matignon aille dans ce sens lundi prochain, jour de réunion de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC). Les experts de cette dernière, chargés d'"éclairer" le gouvernement sur les évolutions du salaire minimum, ont déjà préconisé de s'en tenir à la hausse légale dans un précédent rapport. Par ailleurs, le gouvernement avait déjà décidé il y a un an de ne pas donner de coup de pouce pour le pouvoir d'achat des bas salaires en s'en tenant à la hausse légale et automatique du SMIC. Six mois plus tôt, au 1er juillet 2012, après l'élection de François Hollande, il avait exceptionnellement fait appliquer une hausse de 2%, dont un coup de pouce supplémentaire de 0,6%.
Indices modifiés
Les règles de revalorisation automatique du Smic, qui s'appuient sur deux indicateurs, ont été modernisées cette année: l'indice des prix a été modifié pour mieux tenir compte de certaines dépenses (loyer, énergie) et le salaire de base servant de référence élargi à celui des employés. Le gouvernement avait aussi affirmé à cette occasion que l'évolution de la croissance serait "un élément d'appréciation" pour décider d'un éventuel coup de pouce supplémentaire.
Environ 3,1 millions de salariés – 13% de l'ensemble des salariés en France – étaient rémunérés au Smic au 1er janvier 2013, soit un demi-million de plus qu'un an plus tôt, selon une estimation publiée dernièrement par le ministère du Travail.

LA TVA ET SON CONTRAIRE

lire la chronique sur Mediapart [abonnés
CONTEXTE
Jean-Marc Ayrault a donc finalement annoncé une grande réforme fiscale : deux ans de retard, un calendrier flou, et le refus de remettre en question une hausse de la TVA décidée envers et contre toutes les promesses de campagne. Lorsqu’il dit qu’il veut « tout remettre à plat », il faut donc entendre : tout, mais pas la TVA.
Depuis un an, ce revirement sur l’imposition de la consommation a été largement critiqué par l’ensemble de la classe politique : raillé par l’UMP, il a aussi fait l’objet de vives critiques dans l’aile gauche du PS et EELV. Il est un des motifs d’appel à la marche de dimanche 1er décembre initié par Jean-Luc Mélenchon et relayé par le Front de gauche.
Quel que soit le bout par lequel on la prend, cette augmentation de la TVA semble injustifiable, d’autant qu’elle servira à financer un allégement d’impôts concédé aux entreprises dans le cadre d’un « CICE » attribué sans conditions (revoir ici en chanson et là en montage). Elle est en outre totalement contradictoire avec l’objectif affiché de progresser vers plus de progressivité de l’impôt.
L’économiste Thomas Piketty, qui avait proposé des modèles concrets pour mettre en œuvre une réforme fiscale, n’a cessé de rappeler les incohérences et l’improvisation de la politique fiscale conduite par le gouvernement. Avant les élections, il avait consacré un entretien à Mediapart au côté de François Hollande. Nous vous proposons de revoir cet entretien, qui prend tout son sens dans le contexte actuel :

ARTICLE MÉDIAPART REPRIS sur le site de LA PARISIENNES LIBÉRÉE.

Le gouvernement suit à la lettre l’ordonnance empoisonnée de la commission européenne

drapeauxLa commission européenne s'est exprimée sur le budget 2014 de la France avant même le vote du parlement. Au nom de la "compétitivité", une première série de recommandations avait été adressée au gouvernement en mai dernier. Si la commission porte aujourd'hui un regard positif sur l'orientation budgétaire proposée par François Hollande, tout en demandant une saignée supplémentaire en termes de réduction de la dépense publique, c'est que le gouvernement suit à la lettre l'ordonnance empoisonnée délivrée par la commission européenne.
La parole présidentielle du printemps dernier, selon laquelle la France n'avait pas à se laisser dicter les modalités de la réforme des retraites, n'était qu'un artifice. En échange du délai de 2 ans pour atteindre l'objectif des 3% de déficit, l'ensemble des recommandations du commissaire Olli Rehn, en charge des affaires économiques et monétaires, ont été suivies à la lettre. On en connaît les conséquences : une crise économique et sociale, politique et morale d'un extrême gravité, une aggravation des inégalités et de la pauvreté, un climat de très vives tensions.
Le satisfecit de la commission européenne apparaît aujourd'hui comme une véritable provocation adressée au peuple français : " vous n'avez pas voté pour cela…et alors ? On va continuer….". La plus belle des réponses est de retrouver le chemin du rassemblement et de l'action pour une politique de gauche, une politique de résistance et de contre-offensive.

Ce post figure sur le site du PCF, nul ne peut contredire ce qui est dit. Il se termine par : il faut retrouver le chemin du rassemblement et surtout de l'action.
Rassembler qui ?
Je suppose que l'on parle des forces de gauche puisque qu'il est dit qu'il fallait rassembler dans l'action pour une politique de gauche.
La question que je me pose c'est, est-ce que dans ce rassemblement de gauche, le PCF pense aussi au PS ?
Car dans ce cas, ce n'est pas toute la gauche, mais aussi les sociaux libéraux, et si un moment encore on peut s'imaginer que le PS est à gauche alors oui les autres composantes de gauche et réellement à gauche sont aujourd'hui de l'extrême gauche.
Soyons lisibles, clairs, c'était le moment de réaffirmer, qui nous étions !
Au lieu de cela, le PCF dans certains endroits et notamment à Paris, ne lâche pas la laisse qui le tient au collet et part avec le PS qui aujourd'hui applique une politique de droite.
Des mots, que des mots ! Paroles, paroles et paroles disait la chanson !