Polémique des drapeaux à la Bastille: Aliot et Morano poursuivent l’alliance de la haine

Alors que la place de la Bastille raisonne encore de la victoire face à Nicolas Sarkozy, Nadine Morano et Louis Aliot sonnent la charge ce matin pour dénoncer la présence de « beaucoup de drapeaux rouges et étrangers » lors de cette fête populaire. Dès le lendemain du second tour, ces deux là, représentants d'une alliance de la haine, prépare le terrain à une recomposition à droite toute. Il ne s'agit pas simplement de postures électoralistes mais bel et bien d'une orientation sur le fond.
Nadine Morano et Louis Aliot, qu'il faut bien associer dans la défaite puisqu'ils se plaignent de concert de la célébration de la victoire de la gauche, n'ont rien compris à ce qui fait la grandeur de la France : son message d'universalisme, d'amitié entre tous les peuples du monde. Malgré leur piètre tentative, ils ne feront pas oublier cette Marseillaise entonnée à dizaines de milliers de voix. C 'est le vrai visage de la France, une France rassemblée et métissée, jeune et joyeuse, fière de ses valeurs : liberté, égalité, fraternité.

Bayrou : « le choix d’un homme de droite attaché aux valeurs républicaines »

François Bayrou vient d’annoncer son refus de cautionner par son vote le 6 mai, la dérive extrémiste de Nicolas Sarkozy. C’est le choix d’un homme de droite attaché aux valeurs républicaines pour lequel cette dérive est devenue insupportable.
Dans le même temps, en annonçant son vote personnel en faveur de François Hollande, il a indiqué qu’il s’opposera à toute tentative de s’écarter de la règle d’or et des politiques d’austérité imposés à toute l’Europe.
Il appelle à l’union nationale autour de cet objectif. Cela signifie qu’après la défaite de Nicolas Sarkozy, pour laquelle nous agissons de toutes nos forces, s’amplifierait le débat sur le sens qu’il faut donner à la politique d’une nouvelle majorité. Le vote pour le front de gauche aux élections législatives deviendra alors la meilleure garantie pour ancrer cette majorité de gauche.

Débat : « Sarkozy menteur et insultant »

Le débat de soir entre les 2 candidats à l’élection présidentielle a montré a quel point il était urgent de débarrasser la France de la présidence de Nicolas Sarkozy.
Le candidat de l’UMP a été dans les cordes de bout en bout. Incapable de présenter la moindre proposition nouvelle, vantant son bilan en tous points catastrophique, ignorant les urgences des français, mentant à tous propos, il s’est aussi montré indigne sur le vote des étrangers, insultant à nouveaux les français et les étrangers de confession musulmane.
Nicolas Sarkozy a révélé une fois de plus la gravité de son projet.
Ce débat est un appel à se mobiliser massivement pour lui infliger la défaite la plus cuisante possible dimanche prochain, en votant François Hollande.

Le « vrai » travail ?

Le « vrai » travail ? Celui des 600 accidents mortels, des 4500 mutilés du travail par an ? Celui des droits violés, des licenciements sans motif et des heures supp’ impayées ?
Le « vrai » travail ?  Celui des maladies professionnelles, amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.
Le « vrai » travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…
Le « vrai » travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage « libre et non faussée » entre OTIS et KONE
Le « vrai » travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire ?
Le « vrai » travail ? Celui de l’ouvrier de 55 ans devant son marteau piqueur ? De l’instituteur de 62 ans pour sa 41ème rentrée devant sa classe d’enfants ? De l’infirmière qui soigne encore à 65 ans ? De ceux pour lesquels le travail est devenu si pénible depuis le report de l’âge de la retraite ?
Le « vrai » travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des emplois saisonniers atypiques, des 3 X 8, des 4 X 8, des intérims et CDD répétés ?
Le « vrai » travail ? Celui des millions de précaires ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires…  pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » (Parisot/Sarkozy)
Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres mal logés qui n’arrivent pas à vivre avec leurs salaires ?
Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?
Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?
Le « vrai »  travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?
Le « vrai » travail ? Celui des Travailleurs Handicapés exclus du dispositif retraite anticipée et pour lesquels les patrons paient plutôt que de les embaucher
Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil bien franchouillards ?
Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 à partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?
Le « vrai » travail ? Celui du partage féroce et forcé du temps de travail entre sur-travail sous-travail et sans-travail, avec des milliards d’heures supplémentaires, trois millions de temps partiels à 60 % subi, trois millions de précaires, cinq millions de chômeurs ?
Le « vrai » travail ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?
Le « vrai » travail ?  Celui  d’exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?
Le « vrai » travail ? Celui des beaufs des cadres casques oranges de chez Bouygues, des contremaitres qui appellent leurs manœuvres de la « viande » ?
Le « vrai » travail ? Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ?
Le « vrai » travail contre le droit du travail ?  Le pauvre exploité apeuré qui sue, souffre  et se tait, la dinde qui vote pour Noël !
Le « vrai » travail.. « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot et… M. Sarkozy
Le « vrai » travail… sans loi ?  Celui sans état de droit dans les entreprises, sans protection des contrats, sans promotion dans les carrières, sans garantie de l’emploi ?
Le « vrai » travail ? Celui des conventions collectives, vieillies, foulées aux pieds par un patronat qui ne les négocient plus ?
Le « vrai » travail sans syndicat ? Sans syndicat il n’y aurait rien, pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de code du travail
Le « vrai » travail  ?  Sans CHSCT, sans hygiène sécurité, sans médecine du travail renforcée et indépendante ?
Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?
Le « vrai » travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, harcèle, casse.
Le « vrai » travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, souffrances, suicides, chantage à l’emploi, management de combat ?
Le « vrai » travail ? Celui sans justice qui remet en cause les élections prud’hommes et taxe de 35 euros ceux qui sont obligés de les saisir pour faire valoir leurs droits
Le « vrai » travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, bâtiment, restauration, nettoyage, transports, entretien, industries
Le « vrai » travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ? Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, et meurent sans retraite.
Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?
Le « vrai » travail ?  Celui soumis au chantage à l’emploi, aux licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusif, boursiers et incontrôlés ?
Le « vrai » travail ? Celui soumis à la spéculation de la finance, des fonds de pension cyniques et rapaces, celui des Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, Freescale, de Lejaby, de Pétroplus, ou des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?
Le «vrai» travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?
Le « vrai» travail ?  Celui des fausses externalisations, de la fausse sous-traitance, du marchandage, du prêt illicite de main d’oeuvre, des marchés truqués  ?
Le «vrai” travail ? Celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des palais dorés, avec des millions aux Iles Caïman ?
Le « vrai » travail ? Celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?
Le « vrai » travail ? Celui de Maurice Levy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés.
Le « vrai » travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ce cul doré de Sarkozy ? N’a jamais passé la serpillière dans une cantine ni poussé un chariot.

Villerupt est à gauche comme Neuilly est à droite

Depuis cinquante-trois ans, Villerupt vote pour la gauche. Pour toutes les gauches. Une fidélité exceptionnelle soudée dans la tradition communiste… et la solidarité des Italiens.
Soixante-cinq pour cent à la présidentielle de 2007, 68 % aux législatives, 70 % aux municipales de 2008, 73 % aux régionales de 2010, 80 % au premier tour des cantonales l’an dernier… Scrutin après scrutin, la ville de Villerupt vote à gauche. Massivement. Et ça dure comme ça depuis 1959, depuis la conquête de la mairie par Armand Sacconi, figure du PCF.
Tradition ouvrière ? Les mines et les usines ont pourtant disparu du paysage, mais quand Longwy a rendu les armes en élisant un maire de droite, quand Freyming-Merlebach s’est laissé séduire par le populisme d’extrême-droite, la gauche villeruptienne résiste encore et toujours.
Tout comme la droite fait partie de la nature à Neuilly-sur-Seine, la gauche, à Villerupt, semble appartenir au patrimoine génétique des électeurs… « Aujourd’hui, le PCF ne passe plus au premier tour, comme au bon vieux temps. Mais c’est un fait : les enfants continuent à voter comme leur père », s’étonne Christiane Witwicki, autre héroïne locale qui, en 1995, arracha la mairie pour treize ans au profit du Parti socialiste. « Je reconnais avoir fait l’erreur d’avoir sous-estimé l’aspiration au rassemblement de la gauche, et la droite en a profité pour éjecter les communistes », reconnaît aujourd’hui Alain Casoni, successeur de Sacconi, qui n’a récupéré l’hôtel de ville qu’en 2008.
« Rital = coco »
Cette longue parenthèse a traumatisé les communistes, détenteurs historiques du pouvoir local. Les anciens se rappellent avec un brin de nostalgie la fraternité scellée dans la chaleur des ateliers, la camaraderie sourcilleuse de la CGT – bien avant l’arrivée des trublions de la CFDT –, les interminables débats au sein des cellules d’entreprise… Tout un univers soudé au sein de la petite Italie.
« Dans ma jeunesse, s’amuse Christiane Witwicki, les Polonais étaient de droite et les Italiens de gauche »… les seconds étant infiniment plus nombreux que les premiers. L’équation est simple : Rital = coco ! On en rit dans les cités de la Butte ou de Cantebonne, mais on n’oublie pas qu’en 1959, les ingénieurs et les commerçants de la ville basse faisaient campagne sur le thème « pas de drapeau italien sur la mairie ».
« À Villerupt, s’enorgueillit Alain Casoni, l’immigration et la citoyenneté sont toujours allées de pair. » Tchèques, Roumains, Algériens ont été intégrés avec la même aisance, assurent en chœur les Villeruptiens.
Dépasser les partis
« Après la fermeture des mines et de l’usine, la vie associative a pris le relais, estime Alain Casoni. Les partis et les syndicats ont moins de poids, c’est vrai, mais on pousse toujours les gens à s’approprier leur quotidien. C’est pour cela qu’en 2008, nous avons créé des comités de quartier très actifs auprès du conseil municipal. »
« Le Parti communiste est toujours bien présent », tente de se rassurer Philippe Marx, secrétaire de la section locale du PCF en délicatesse avec une partie de ses camarades, présents ou passés (lire ci-contre). Mais la section ne compte plus guère qu’une trentaine de militants encartés. Même le maire a repris sa liberté quand Robert Hue dirigeait la maison. Dans l’autre famille de la gauche, Christiane Witwicki, elle aussi, a détruit sa carte du PS à grands coups de ciseaux, à défaut de parvenir à la déchirer, après le désastreux congrès de Reims.
Mais qu’importe ! Avec ou sans carte, tout ce petit monde continue de se retrouver sur les marchés et dans les cours des cités de Cantebonne pour distribuer force tracts, qui pour Mélenchon, qui pour Hollande. « Le Front de Gauche, c’est le seul outil pour retrouver les valeurs de la gauche », tranche Marx. « La dynamique du Front de Gauche va créer un mouvement qui dépassera l’aspect partitaire », lance Casoni en écho, quitte à créer un joli néologisme. Et puis l’avantage, avec le Front de Gauche, c’est justement qu’il comprend le mot « gauche ». Et ça, à Villerupt…

Républicain Lorrain du 17 Avril 2012 – Bernard MAILLARD.

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