Marie-George Buffet : “François, arrête d’écouter les patrons, écoute le peuple”

mgb_3_0La députée de Seine-Saint-Denis Marie-George Buffet (PCF) exhorte le président de la République à ne pas donner prise à l’extrême droite par une politique libérale.
Comment réagissez-vous aux incidents qui ont émaillé la cérémonie parisienne du 11 Novembre ?

Marie-George Buffet. Il faut d’abord 
condamner ces quelques individus de 
droite et d’extrême droite qui utilisent 
le 11 Novembre pour conspuer le 
président de la République. Ce sont 
des hommes et des femmes qui 
ne savent pas que la République s’est bâtie sur le don de soi d’hommes 
et de femmes qui se sont battus pour la créer et la défendre. Ma seconde réaction est : où en est-on du discrédit du président de la République 
qui n’a plus le soutien du peuple, au point que la droite extrême semble pouvoir tout se permettre ? J’ai envie 
de dire à François Hollande : arrête 
d’écouter les patrons, écoute le 
peuple qui a envie d’égalité, envie 
de services publics, qui a envie que 
la République joue son rôle. Et si tu 
t’appuies sur ce peuple, les autres, 
on ne les entendra plus. Ce qui me 
frappe le plus, c’est de voir à la une 
des JT une bande de bourgeois 
qui hurlent le long du cortège 
du 11 Novembre, et pas le peuple descendant des poilus.
Pour le peuple de gauche, n’y a-t-il 
pas une inquiétude sourde à voir la droite extrême battre le pavé de plus 
en plus violemment ?
Marie-George Buffet. Posons 
la question au peuple de gauche, 
vous êtes gênés par quoi ? Gênés 
de protester parce que vous avez 
un gouvernement soi-disant de gauche au pouvoir ? Mais même s’il menait une politique de gauche, 
il faudrait manifester pour l’aider face au patronat, pour obtenir 
qu’il aille plus loin dans les réformes démocratiques et sociales. La deuxième question à poser : croyez-vous réellement les discours que tiennent les ministres les uns après les autres, qui serinent que nous serions dans une situation « contrainte », 
le mot que j’entends le plus désormais à l’Assemblée nationale ? Pourquoi ne parle-t-on pas plutôt d’une véritable réforme de la fiscalité ? Je me félicite de la marche du 1er décembre pour une révolution fiscale, comme y a appelé Jean-Luc Mélenchon. Parce qu’il faut faire rentrer dans les caisses de l’État l’argent inutile ; la « contrainte » budgétaire, il faut enlever ça des têtes. On va boucler la discussion budgétaire dans les prochains jours, 
il faut manifester pour que ce 
budget réponde au besoin de droits, au besoin d’État, au lieu d’économies qui ne réduiront pas le déficit public. La troisième chose, c’est cette hésitation à se battre contre ce gouvernement. Manifester serait 
faire revenir la droite au pouvoir, voire l’extrême droite ? C’est au contraire 
si l’on se tait face à une politique 
de plus en plus libérale que la droite apparaîtra comme un recours.

Chez Camaïeu : “Des salariés en CDI qui se retrouvent à toucher le RSA en 2012, mais c’est Germinal !”

Des salariés de l'entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, qui se retrouvent à toucher un complément du RSA en raison de leur trop faible salaire, demandent à rencontrer "au plus vite" le ministre du Travail, Michel sapin, pour dénoncer leur situation salariale.
"Lorsque je suis allé voir mon DRH pour lui demander une augmentation de salaire, il m'a clairement dit: Pourquoi tu veux une augmentation? Tu as le complément du RSA pour ça", a expliqué Cherif Lebgaa, délégué syndical Force ouvrière (FO). "Cette mesure, c'est clairement un effet d'aubaine pour la direction de Camaïeu, qui en profite pour maintenir ses salariés dans la misère. C'est écoeurant d'exploiter les gens ainsi", a ajouté le syndicaliste employé logistique dans les entrepôts roubaisiens de la marque. Il précise qu'après 18 ans d'ancienneté dans l'entreprise, il touche 1.180 euros net de la part de son employeur et 296 euros au titre du RSA.
Selon lui, son cas est "très répandu dans l'entreprise". "Rien que dans l'entrepôt à Roubaix, on est au moins une vingtaine dans le même cas. Je dis au moins une vingtaine, mais c'est sans doute plus, car beaucoup de gens ont honte d'en parler. Toucher le RSA, personne n'aime s'en vanter", a souligné le représentant FO. "Cela fait des années que la direction nous refuse la moindre augmentation. Et pendant ce temps-là, les actionnaires touchent chaque année 500 millions de dividendes. Et en plus de ça, nous n'avons aucun avantage social : pas de tickets resto, pas de chèques vacances, pas de primes, rien!", a dénoncé le syndicaliste. Camaïeu nous maintient sciemment au statut de travailleurs pauvres. Des salariés en CDI qui se retrouvent à toucher le RSA en 2012, mais c'est Germinal ! Si Zola avait été là, il aurait soutenu notre combat, c'est sûr!", a relevé le délégué syndical.
Les salariés de Camaïeu, qui avaient déjà mené une grève de plusieurs semaines en janvier 2011, réclament une augmentation de 100 euros par personne. Après avoir envoyé un courrier au président François Hollande pour dénoncer leur situation, ils réclament d'être reçus "au plus vite" par le ministre du Travail. Un débrayage de deux heures est déjà prévu dans les magasins du groupe le 22 juin.
Créé en 1984, le groupe Camaïeu, majoritairement détenu par le fonds d'investissement Cinven, a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 810 millions d'euros et un bénéfice net de 84,5 millions d'euros. Il possède plus de 1.000 magasins dans le monde (600 en France) et emploie 5.800 personnes, dont 4.000 en France.

Rigueur : retraites, prestations sociales et Sécu dans le collimateur

Fillon vient d’annoncer le deuxième volet de son plan de rigueur. Et ce n’est qu’une petite étape devant rapporter 7 milliards d’euros, dans un plan global de 65 milliards d’ici 2016. Et c’est une nouvelle fois la solidarité qui est attaquée.
Accélération de la réforme des retraites
. L'application du passage de l'âge légal de départ en retraite à 62 ans devrait être avancée d'un an, soit 2017, ce qui a pour but de diminuer de 4,4 milliards d'euros les déficits des caisses retraites entre 2012 et 2016. Les générations nées entre 1952 et 1956 devront travailler quelques mois supplémentaires. Ce devrait être 8 mois de plus pour les salariés nés en 52.
Gel de l’indexation de l’augmentation de prestations sociales. Autrement dit, l’augmentation de certaines prestations sociales ne sera plus indexée sur l’inflation. Ce ne sera que de 1% l'an prochain, soit le niveau de la croissance, ce qui entraînera une nouvelle baisse du pouvoir d’achat. Ce sont les prestations familiales et les aides au logement qui seront touchées. L'augmentation aurait du être de 2,3% au premier janvier.
Un nouveau rabot est annoncé sur les dépenses de santé et de nouvelles niches fiscales seront supprimées. Sept cents millions d'euros d'économies supplémentaires seront réalisées sur les dépenses de santé et les "niches" fiscales seront réduites de 2,6 milliards supplémentaires.
Côté recettes, le taux réduit de la TVA sera porté de 5,5% à 7%, cela concernera la restauration, l'hôtellerie et les travaux du logement, mais non les produits de première nécessité, dont l'alimentation. Le gain estimé serait de 1,8 milliard d'euros. L'impôt sur les sociétés sera quant à lui majoré de 5% pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros. De même, le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sur les dividendes et les intérêts porté de 19% à 24%.
Enfin, mesurette symbolique, Fillon a annoncé le gel du salaire du président de la République et des ministres. Le plafond de remboursement des dépenses de campagnes électorales a également été réduit de 5%.
Voir les réactions à gauche à ces mesures : "le plan Fillon est une véritable provocation sociale"

Libye : Syrte est tombée et Kadhafi est mort, mais comment ?

Mouammar Kadhafi est mort ce jeudi, suite à un bombardement de l'Otan. Le CNT affirme qu'il est décédé des suites de ses blessures, mais plusieurs images laissent croire à un lynchage. La ville de Syrte serait entièrement aux mains du CNT.
"Nous annonçons au monde que Kadhafi est mort aux mains des révolutionnaires", a indiqué au cours d'une conférence de presse du porte-parole officiel du Conseil national de transition (CNT, ex-rébellion) à Benghazi (est), Abdel Hafez Ghoga. Touché aux jambes et à la tête lors d'une attaque aérienne de l'Otan, il a ensuite été pris dans une fusillade opposant ses gardes du corps et forces du CNT. Capturé, il aurait par la suite, selon le CNT, succombé à ses blessures. L'ensemble du gouvernement transitoire confirme et se félicite de la mort de Kadhafi.
Kadhafi lynché ?
Plusieurs images peu ragoutantes du cadavre du dictateur circulent, prises principalement par des téléphones portables. Al Jazeera a également pu filmer la dépouille. Ces images d'ailleurs pourraient montrer que Kadhafi ne serait pas mort tout seul « des suites de ses blessures ». Des images (attention, les vidéos sont violentes) d'Al Jazeera et d'Al Arabia, couplées avec des photos amateurs laissent sérieusement penser que l'ex dictateur, après sa capture, se serait fait lyncher par les forces du CNT.
Sa mort brutale en tout cas permet d'éviter un long procès, qui aurait pu se révéler gênant pour certains pays occidentaux. Et qui aurait entretenu la division du pays.
On a appris également ce jeudi que l'ancien ministre de la Défense, Aboubakr Younès Jaber, a été tué dans les affrontements du jour. Le CNT a aussi annoncé que l'un des fils de Kadhafi, Mouatassim, a été abattu à Syrte en essayant de s'opposer à son arrestation. Le CNT prétend en outre poursuivre Saïf al Islam, le fils Kadhafi le plus engagé auprès de son père.
La fin de la guerre ?

L’État de Palestine au rendez-vous de l’ONU

Semaine cruciale pour la reconnaissance d’un État palestinien devant les Nations unies. La Palestine va-t-elle devenir le 194e membre de l’ONU ? C’est ce que demande, malgré les pressions d’Israël et de ses complices américains et européens, le président palestinien Mahmoud Abbas alors que s’est ouvert la 76e session de l’Assemblée générale.
Lundi 20 septembre s'est ouvert à New York, comme tous les ans, l’Assemblée générale des Nations unies. Un rendez-vous rituel de ce que l’on appelle « la communauté internationale ». Cette année, le rituel va être bousculé par un événement dont la perspective agite depuis des mois les puissants de ce monde : la demande d’admission de l’État de Palestine. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas doit la présenter vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU. Si ce dernier l’accepte, il suffira que l’Assemblée générale approuve et la Palestine sera le 194e membre des Nations unies. Ce scénario de rêve, qui gonfle les cœurs d’espoir, les Palestiniens savent qu’il a peu de chance de se réaliser : les États-Unis s’y opposeront. L’alternative pour les Palestiniens sera de s’adresser directement à l’Assemblée générale. Elle n’a pas le pouvoir d’admettre un nouveau membre contre l’avis du Conseil de sécurité, mais peut accepter un « État non membre » qui participe à ses travaux sans droit de vote.
L’annonce de cette intention palestinienne a provoqué un branle-bas de combat sans précédent. Israël a lancé une campagne intense de lobbying, sonnant l’alarme comme si une guerre lui était déclarée. « Ce serait un tsunami pour Israël ! » déclarait à Washington Ehoud Barack, ministre de la Défense (ex-travailliste) du gouvernement de Netanyahou. Ce dernier menace l’Autorité palestinienne de représailles économiques. Son bras d’extrême droite, Lieberman, agite les foudres de la répression, voire de la déportation, et mobilise des colons armés à travers toute la Cisjordanie.
Mettre fin à une injustice

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