Le RSI est sans existence légale et ne peut donc pas vous délivrer de contrainte pour recouvrer vos cotisations ! Le billet du jour….

MOI_pParfois et même très souvent, à la télévision, ce que l’on nous montre n’est pas toujours vrai et objectif. C’est très souvent pour nous bourrer le crâne.
Et puis il y a parfois, malheureusement très peu, des émissions qu’il faut regarder et surtout bien écouter.
C’était le cas sur M6 le dimanche 14 décembre 2014 sur « Zone interdite » dont le sujet était « Quand l’administration nous rend fous ». Un sujet dans lequel on pouvait voir un sous-sujet parlant de la RSI, cette caisse de retraite concernant les petits artisans, les commerçants ainsi que toutes les professions libérales de France. Je me suis permis de télécharger ce sujet afin de ne pas perdre le reportage. Apparemment j'ai bien fait car à ce jour, le lien sur M6 replay n'est plus disponible
c et quand j'ai téléchargé la vidéo que j'ai récupéré sur Dailymoition, on me dit que : le propriétaire de cette vidéo ne souhaite pas la diffuser dans votre pays. Est-ce le propriétaire ? Alors que l'on sait que pour faire ce genre de reportage il faut y mettre des mois. Ou est-ce le RSI qui a demandé ou plutôt exigé qu'elle n'y paraisse plus ? Encore une fois bonjour la démocratie ! En France, la censure existe de plus en plus surtout sur les sujets qui touchent l'administration et le pouvopir en place.
« Le premier employeur de France. » Ce slogan entendu à la télé ou sur les ondes résume bien le poids de l'artisanat dans un pays développé comme le nôtre. Il en est de même pour les commerces de proximité. En additionnant tous les emplois créés par le petit commerce et l’artisanat, cela se chiffre par des millions.
Alors qu’aujourd’hui, notre taux de chômage ne cesse d’augmenter et de s’élever vers des chiffres jamais atteints, le gouvernement aide les grandes entreprises, le MEDEF, sans prendre en compte les problèmes des petites. Or, s’occuper de ces problèmes serait plus judicieux afin de garder les emplois existants, mais surtout de voir augmenter la création d’emploi.
En effet, comment prétendre que le premier employeur de France puisse être traité comme il l’est.
Dans ce reportage, on voit bien la façon dont sont traités les problèmes. D’abord personne n’est capable d’expliquer pourquoi des sommes si extravagantes sont demandées aux petits patrons pour leurs contributions s’agissant des cotisations sociales et surtout de la retraite ? Pourquoi le prélèvement de celles-ci est si rigide au point où cette caisse n’applique que pénalités et appel aux huissiers pour encaisser ces sommes. Ne sommes-nous pas des adultes ? Le dialogue ne pourrait-il pas s’instaurer ?
Prélever de telles sommes qui ne peuvent se justifier clairement est la mort certaine de ces petites entreprises et la disparition de millions d’emplois. Tout le monde le sait, le pouvoir politique le reconnaît et en a fait même une enquête auprès des sénateurs. Enquête qui dénonce des irrégularités, mais aujourd’hui rien n’est encore fait pour enrayer cet obstacle crucial de l’emploi en France.
Je sais de quoi je parle puisque pendant 23 ans j’ai été commerçant, un commerçant de proximité, un commerçant qui a embauché. Pendant ces 23 ans j’ai subi l’autoritarisme du RSI. Alors que le RSI est sans existence légale et ne peut donc pas vous délivrer de contrainte pour recouvrer vos cotisations ! C’est la Cour d’appel de Limoges et le Tribunal de Grande Instance de Nice qui l’ont  jugé en ce sens en octobre et décembre 2014 (
http://rocheblave.com/avocats/rsi-urssaf/).
Enfin un sursaut de réveil !
Néanmoins, le RSI a pratiqué et pratique encore ces façons de faire.
Un exemple vécu puisque je l’ai subi : en 2012 des sommes inaccoutumées m’étaient prélevées mensuellement.
Année de crise signifiant une année difficile et donc des impayés. Bien évidemment des impayés involontaires, des impayés dont je me serais bien passé. Des impayés parce qu’il n’était pas possible de faire autrement. Le salaire de mon employé avant toute chose. Le mien n’existait plus depuis déjà quelque temps. Prévenir, c’est guérir c’est ce que l’on se dit souvent. Alors j’ai prévenu le RSI de mes difficultés avant que la machine des pénalités et la venue des huissiers commence.
Ah ! La personne qui est au téléphone comprend la situation, mais les règles sont les règles et déjà on écope de 10% de plus pour non-paiement.
Puis comme les sommes sont déjà importantes et qu’en plus en ajoute des 10 %, les difficultés sont augmentées et on ne peut encore régler ce qui est exigé. Et là commence l’enfer, le rouleau compresseur se met en route, c’est la venue des huissiers comme si on était des délinquants de service et bien évidemment celui-ci prend sa côte part, et la dette augmente de plus en plus jusqu’au jour où le RSI décide de bloquer les comptes bancaires, dont ce blocage provoque aussi des frais inconsidérés nous empêchant de travailler normalement. Alors nous voilà obligés de négocier pour pouvoir travailler à nouveau et ré ouvrir les comptes bancaires qui occasionnent une nouvelle fois des frais. En fait nous sommes entrés dans la spirale de ce que l’on peut appeler la mort de l’entreprise. Il faut vraiment le vivre pour mesurer ce qui se passe. C’est une honte !
Pire, après ces injustices, quand l’entreprise est fermée, on reçoit un état du RSI où il est fait état qu’il nous doit de l’argent et pas qu’un peu, me concernant il me doit environ 3.000 €. Mais l’avis date du mois de juin 2014 et nous sommes en décembre 2014, six mois qui sépare l'information et le non règlement. Et toujours rien malgré les courriers envoyés. Mais moi, je ne peux pas envoyer de sommations ou pratiquer des pénalités, ni des huissiers d'ailleurs, cela me coûterait encore plus cher.
C’est l’histoire du RSI à laquelle il faut ajouter les frais financiers prélevés pas les banques, le coût de la médecine du travail où la visite médicale coûte plus de 100 € annuellement pour une visite tous les deux ans, visite qui se limite presque toujours par un « ça va ? » et un petit récipient d’urine. Chère la visite médicale, très chère pour ce qu’elle est.
Voilà ce que subissent les artisans, les commerçants de proximité et toutes les professions libérales de France, alors qu’à la télé on lance le slogan concernant l’artisanat « Le premier employeur de France. »
Faut-il en rire ? Ou en pleurer ?
Continuons à aider le MEDEF, les grandes entreprises et les chiffres du chômage ne cesseront pas d’augmenter !
Se mettre à son compte est un choix, et souvent le choix de ne pas rester dans le carcan de Pôle Emploi.
23 ans dans le commerce, 23 ans à payer des sommes in considérables, 23 ans à se « bouffer les nerfs » pour ne toucher qu’une retraite de 231,52 € et une complémentaire de 52,25 €.
Pas belle la vie ?
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Conférence sociale : « aucune justice dans le démantèlement de la retraite à 60 ans »

hollande-conf-socialePeu convaincante, brouillonne et poussive… l'ouverture de  la deuxième conférence sociale par le Président de la République ne restera pas dans les annales. Sa longue allocution s'est résumée à un très malhabile service après-vente des politiques gouvernementales et une justification bancale de sa réforme des retraites.
Pour le Président, allonger la durée de cotisations est la mesure la plus « juste ». Rien de plus faux. Il n'y a aucune justice, aucune égalité, dans la poursuite du démantèlement du droit à la retraite à 60 ans, conquête historique de la gauche. Il y a une erreur stratégique de calendrier et de méthode. Le rapport Moreau ne peut être une base sérieuse de négociation pour assurer l'avenir de la retraite par répartition, tant il ne prend pas en compte une dimension pourtant indispensable : l'emploi. C'est là que le bât blesse, dans la faiblesse des propositions Hollande en matière d'emplois privés et publics, dans ce défaitisme face au chômage, et dans le refus idéologique d'augmenter les salaires et de mettre à contribution les revenus financiers.
Le Président fait le choix d'une réforme à la hussarde, en plein trêve estivale. Nous ne laisserons pas faire. L'avis des principaux intéressés que sont les salariés et les retraités doit primer. D'ores et déjà le Parti communiste français appelle à la plus large mobilisation.

Malgré des profits en hausse, Michelin se prépare à supprimer 700 postes en France

michelin_0Le géant des pneumatiques Michelin s'apprête à supprimer 700 des quelque 930 postes de son usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), principal centre de production de pneus pour poids lourds en Europe, selon des sources syndicales alors que le groupe a généré un résultat d'exploitation en hausse de 24,5 % en 2012.
L'emploi dans le secteur automobile devrait connaître un nouveau coup dur. Le groupe devrait annoncer le 12 juin la suppression de 700 postes sur les 927 que compte son usine de Joué-les-Tours. Ce site, le principal de Michelin en France pour l'activité poids lourds. Ce site "ne conserverait que deux activités" annexes employant 200 personnes, a indiqué à l'AFP Olivier Coûtant, du syndicat Sud. Selon le site lesechos.fr, qui a dévoilé l'information, le détail du plan de sauvegarde de l'emploi sera exposé mercredi 12 juin aux représentants du personnel. Un comité central d'entreprise se tiendra à Clermont-Ferrand, siège du groupe, le 13 juin, a précisé Olivier Coutant.
En novembre dernier, Michelin avait déjà signalé que l'activité poids lourds était surcapacitaire de 50% en France. Les départs en retraite et les CDD n'étaient déjà plus remplacés, déplorait à l'époque Claude Guillon, délégué CGT. L'effectif de l'usine tourangelle avait baissé de 1.150 à 950 personnes entre 2011 et 2012.
Le manufacturier clermontois souhaite éviter les licenciements secs et les départs contraints. Une partie des salariés pourrait bénéficier d'un départ en retraite anticipée. Les autres seront déployés dans d'autres sites en France, notamment à La Roche-sur-Yon (Vendée), où un programme d'investissement de plus de 500 millions d'euros en recherche et développement est envisagé. "Pour les plus jeunes, la clause de mobilité est désormais incluse dans le contrat de travail. Malheureusement, nous estimons qu'environ 300 personnes pourraient être licenciées et ne pourront pas bouger, parce que les conjoints ont un travail dans l'agglomération de Tours", a affirmé samedi le syndicaliste de la CGT Claude Guillon.
Selon le quotidien économique, le groupe engendre les profits au niveau mondial avec un résultat d'exploitation qui a bondi de 24,5 % en 2012, notamment grâce à sa montée
en puissance dans les pays émergents et ses bons résultats en Amérique
du Nord. Déjà en 1999, Michelin avait annoncé dans la même foulée des profits records et la liquidation de milliers d'emplois (7 500).

CCE / Arcelor Mittal : un projet mortifère cautionné par le gouvernement

florange3011_0Hier s'est tenue la réunion du CCE d'Arcelor- Mittal qui va être lourd de conséquences pour l'emploi industriel et la sidérurgie française. En effet, l'ogre financier Mittal a annoncé son projet industriel mortifère pour les prochaines années, s'appuyant sur l'accord obtenu fin 2012 avec le premier ministre et son gouvernement. Fermeture de la phase liquide de Florange, mise au cocon pour 6 ans des hauts fourneaux, redéploiement de l'activité de décapage et de laminage de Basse Indre vers le site Mosellan… Bref Laskhsmi Mittal avec l'accord de Jean Marc Ayrault a donner le coup de grâce à la sidérurgie française, véritable colonne vertébrale de toute l'industrie.
Après le rapport Faure qui épinglait sévèrement les choix financiers de Mittal, le rapport indépendant du cabinet Secafi Alpha souligne les grands risques d'échec du projet Mittal. Se taire, c'est cautionner le plan de casse de Mittal et hypothéquer l'avenir industriel de la France. En effet, nul n'ignore que la demande d'acier ne va pas faiblir à l'avenir et que l'exportation coutera très chère à notre pays.
Monsieur le Premier ministre, la moralisation de la vie politique aux yeux des salariés de la sidérurgie, de Dunkerque à Basse Indre, en passant par Florange c'est réouvrir le dossier de la sidérurgie et retirer la parole donnée par l'Etat à Mittal. Les salariés et leurs organisations syndicales sont porteurs de propositions concrètes et sérieuses. Elles restent plus que jamais d'actualité.

Témoignages: pour eux, l’ANI, c’est déjà maintenant

2013-04-07fonderie-du-poitouTrois salariés des Fonderies du Poitou, de Coop Atlantique et de Safran Snecma témoignent des conséquences de l'adoption par les députés de l'accord national interprofessionnel sur l'emploi. Flexibilité, salariés pressurés et variables d'ajustement pour tout le monde.
«On refuse la flexibilité à outrance»,
Patrice 
Mochon, Fonderie du Poitou Saint-Jean Industries
«À la Fonderie, suite à nos luttes, nous avons repris le travail. La flexibilité s’organise avec le chômage partiel. Mais nous n’accepterons pas la flexibilité à outrance telle que la prévoit l’ANI. Comme tout le monde j’ai voté Hollande, je ne suis pas déçu parce que je n’attendais rien. Cependant, on en arrive presque à ce qu’il fasse pire que Sarkozy. Pourtant, dans notre secteur, l’industrie automobile, l’État, grâce à sa participation dans Renault par exemple, peut imposer qu’une partie de la production soit fabriquée ici. Si les voitures sont chères ce n’est pas dû aux salaires mais aux actionnaires qui s’en mettent de plus en plus dans les poches.»

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Hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, croissance nulle… Et si on changeait de politique ?

chomage_2La dernière livraison de l'INSEE est sans appel. L'économie française a eu une croissance nulle pour 2012 et les prévisions de croissance pour 2013 et 2014 sont tout aussi sombres.
Mais comment pourrait-il en être autrement ? La politique d'austérité et de baisse des coûts salariaux se traduit par une pression sur l'emploi au nom de la compétitivité, qui fait exploser le chômage au point de presque atteindre les records de 1997. Elle contribue à transférer le poids de la fiscalité des entreprises sur celle des ménages (10 milliards d'euros par le CICE) ce qui réduit d'autant leur pouvoir d'achat et pèse sur leur consommation. Elle diminue la dépense publique en ponctionnant les services publics nationaux et locaux, au point de les empêcher de fonctionner, de répondre aux besoins de la population et de financer l'activité locale. Autant de mesures qui enferment de fait la France dans la stagnation.
Hausse du chômage, baisse du pouvoir d'achat, croissance nulle… Et si on changeait de politique ? Demain soir, lors de son intervention télévisuelle, François Hollande ne peut se contenter d'un exercice d'autopromotion d'une orientation économique et sociale qui conduit droit à l'échec. Il est possible et urgent de faire autrement. C'est pourquoi avec ses partenaires du Front de gauche, le PCF veut ouvrir sur l'alternative :

  • Face à la « flexicurité », avançons la lutte pour une sécurisation de l'emploi et de la formation construite sur la conquête de nouveaux pouvoirs des salariés et une expansion de la dépense de formation ;
  • Face à la baisse du « coût du travail », travaillons à la baisse du coût du capital, plutôt que la baisse des « charges sociales » optons pour celle des charges financières du crédit aux entreprises, avec la lutte pour un Pôle financier public et un nouveau crédit sélectif pour les investissements créateurs d'emplois et de formations ;
  • Face au pacte budgétaire (TSCG), opposons la lutte pour le financement d'une relance massive des services publics grâce à la création monétaire de la BCE, via un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen et une réforme radicale de fiscalité ;
  • Face à l'augmentation de la CSG, obtenons une refonte des prélèvements obligatoires notamment par une nouvelle fiscalité incitatives à l'essor de l'emploi, des qualifications, des salaires et pénalisant et placements financiers ;
  • Face aux privatisations, engageons la lutte pour une nouvelle maîtrise sociale des entreprises publiques et la promotion de Pôles publics d'impulsion et de coopération favorisant un redressement des filières industrielles et de service.

Goodyear : ” il faut comprendre aussi que ces hommes, ces femmes sont exaspérés”

La députée PCF de Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet est revenue au micro de RMC sur la confrontation tendue entre des salariés de Goodyear Amiens et les forces de l’ordre qui les empêchaient d’approcher du siège du groupe. Si elle ne cautionne pas la violence, elle a appelé à comprendre l’exaspération des travailleurs qui se battent pour sauver leur emploi et l’industrie française. (vidéo)
"Il faut comprendre qu'au bout d'un moment, lorsqu'on sait que son entreprise va fermer, qu'on va perdre son emploi, dans une région qui est sinistrée, et bien parfois, les nerfs craquent. Et bien moi je vais condamner les salariés. (…) D’autant plus avec la loi d’amnistie qu’on a fait voter au Sénat et qui arrive à l’Assemblée. Ces salariés qui se sont battu pour défendre leur emploi et l’industrie de notre pays, qu’on les traine devant les tribunaux, c’est une injustice.
Quand Bourdin l’accuse de cautionner les travailleurs qui cassent leur outil de travail, la députée PCF s’emporte. "Citez moi un seul conflit où les salariés on cassé leur outil de travail ? Bien au contraire, ils le protègent leur outil de travail. Parce que c’est leur gagne-pain, parce que c’est leur fierté. Prenez l’usine de PSA Aulnay, depuis 3 ans qu’ils sont en conflit, les chaines de production marches, sont entretenues et sont capables de produire la C3 jour après jour."
"Bien sûr, il faut condamner la violence, mais il faut comprendre aussi que ces hommes, ces femmes sont exaspérés", a poursuivi l'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, disant "espérer" que la proposition de loi communiste d'"amnistie sociale", adoptée le 26 février au Sénat, allait "arriver à l'Assemblée nationale". "Je suis désolée" que cette loi "ne fasse pas plaisir à M. Valls, mais il faut savoir pourquoi on a mis la gauche au pouvoir", a-t-elle ironisé, répondant au ministre de l'Intérieur qui s'était dit lundi "sceptique" sur le principe de l'amnistie, lui préférant le "dialogue social qui permet de lutter contre les dérives et pour l'emploi".



 Le projet de fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord menace directement 1173 emplois. Il se tenait au siège du groupe un nouveau comité central d'entreprise (CCE) sur le projet de fermeture du site, des salariés y étaient venus manifester. Un large déploiement de forces de l’ordre les a empêchés d’approcher du siège. 

Rapport Cour des comptes : une offensive générale contre l’emploi !

cour_des_comptesDans un contexte où le chômage atteint en France des records, où le président de la République a fait de l'inversion de la courbe du chômage l'essentiel de son objectif pour 2013, la Cour des comptes vient de rendre public son rapport sur le marché du travail.
Clairement inscrit dans les accords de sécurisation de l'emploi refusés par la CGT et FO, mais entérinés par les organisations patronales, MEDEF en tête, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, le rapport vise à inciter à l'adaptation de cette politique publique de l'emploi aux mesures préconisées dans cet ANI du 11 janvier 2013. Chaque élément clé de cet accord interprofessionnel y est traité, alors même qu'il doit faire l'objet d'une transposition dans la loi et donc faire l'objet d'un débat parlementaire par la représentation nationale. En réalité, la Cour des comptes fournit avec ce rapport une trame très orientée contre les chômeurs et l'emploi aux futures renégociations de la convention Unédic.
Dans le même temps, le rapport s'inquiète de l'explosion du chômage en France, qui rend déjà caduc la promesse de François Hollande sur l'inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année. Et il recherche par tous les moyens à freiner le niveau des dépenses d'indemnisation des chômeurs d'ores et déjà prévisible, au nom de la maitrise des déficits publics. A la grande joie du patronat.
Après les accords de sécurisation de l'emploi, ce rapport ouvre un front supplémentaire dans la grande offensive menée par le patronat contre l'emploi et les chômeurs. On regrette une fois de plus l'appui que lui donne le gouvernement. Les français n'ont pas voté pour cela en mai dernier.

Le billet du jour : Sachons faire la différence entre le petit et le gros patron….

Sur une page Facebook intitulée "Supprimons la réduction Fillon sur les cotisations dites patronales !" On peut lire ceci :
L'abattement Fillon nous coûte chaque année 20 Milliards d'euros.
Supprimons­
le ! L'abattement ou réduction Fillon est ce mécanisme qui permet aux entreprises de réduire les cotisations sociales versées sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC.
Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur profitabilité, en bénéficient. Le manque à gagner pour la Sécurité Sociale est
compensé par l'État.
Cette compensation représente vingt à vingt­deux milliards d'euros par an.

En clair, les contribuables paient une grande partie des cotisations à la place des employeurs.
Supprimons immédiatement l'abattement Fillon pour les entreprises de plus de cinquante salariés ! Supprimons ­le progressivement (d'ici un à deux ans) pour les petites entreprises !

Il y-a-qu’à, ou il y-a-qu’à !
Le monde de l’entreprise ! Le patron !
Mais quelle entreprise ? Quel patron ?
Je constate que dans ce texte, on fait la différence entre les grandes entreprises et les entreprises de moins de 50 salariés. ET c’est bien ! En effet, il faut souligner qu’il y a « patron » et « patron », il faut souligner qu’il y a « entreprise » et « entreprise ».
Je sais de quoi je parle d’autant qu’étant communiste, et petit commerçant, donc chef d’une petite entreprise, donc un de ces partons je considère avec beaucoup de réserve qu’il nous faut aujourd’hui revoir ce système qui veut que les patrons n’ont qu’à payer.
Le patron peut et doit payer !
Je souligne aussi que dans ce texte il est fait état « de quelle que soit leur profitabilité », et oui c’est là que notre combat doit prendre forme, c’est là qu’il faut dénoncer les dysfonctionnements.
Je m’explique, certainement que cela va être trop long pour certains, mais il faut tout prendre en compte, car malheureusement il n’y a pas que les charges, il y a aussi les comportements, les façons de faire, et tout ce qui va autour de cela.
Je suis ce petit commerçant qui évolue dans une ville frontalière, où ici et là, des supermarchés ont vu le jour, et s’ils ont vu le jour c’est parce des élus de gauche PCF, PS et des élus de droite ont donné leur accord à la création de ces supermarchés.
Résultat, beaucoup, beaucoup trop de ces petits commerçants et artisans ont mis la clef sous la porte.
Qui parle de supermarchés, parle de consommation à outrance, mais parle aussi, car cela il faut le souligner de la disparition à court terme des petits commerçants de proximité.
Les villes deviennent des déserts.
Quand on parle de supermarchés, on parle aussi, de flexibilité, de salaires à la limite de l’acceptable, de conditions de travail que nous dénonçons chaque jour. Et pourtant que ce soit de gauche ou de droite, tout le monde a donné leur accord pour la création de ce genre de surfaces commerciales.
Et quand les petits commerçants dénoncent cela, les décideurs, qu’ils soient de gauche ou de droite, répondent tout simplement qu’ils sont contre le fait d’améliorer l’offre à la demande. Qu’ils ont contre le renouveau de leur ville.
Vous me direz que viennent faire ces propos sur une demande d’abrogation de la loi Fillon ? Il me semble aujourd’hui primordial de savoir et de savoir tout, absolument tout. Ce qui expliquera aussi les arguments qui vont suivre aux sujets de ces charges patronales dont on parle beaucoup en ce moment.
D’abord, pourquoi devenir un petit commerçant ? Beaucoup se sont créés lors des fermetures des groupes industriels de notre région, avec leur prime de licenciement ils se sont installés.
D’autres, beaucoup d’autres face au chômage n’ont eu que cette alternative pour pouvoir travailler.
Et tous ces gens, par la force des choses se sont endettés pour pourvoir s’établir, et qui dit endettement, veut également dire garantie pour la banque qui prête et en général c’est l’hypothèque et qui dit hypothèque, dit épée de Damocles sur nos têtes en permanence et de devoir tenir la route.
Tous ces gens qui se sont installés ont bénéficié certes de certaines aides, mais si l’on compare ces aides aux aides accordés aux grands groupes que sont les supermarchés, on peut objectivement dire que ce n’est que poussière. Je parle de supermarchés »s car je suis concerné, mais il y aussi les groupes industriels rappelons nous JVC dans le nord du département du 54.
Après avoir eu les locaux et le terrain pour un euro symbolique, après avoir eu toutes ces aides pour les emplois créés et les abattements fiscaux, cela n’a pas empêché JVC de fermer.
Personnellement, je n’ai bénéficié qu’une aide sur la première embauche.
Désolé de parler ici de mon cas, mais afin de ne pas dire n’importe quoi, et comme je peux prouver ce que je dis, je parlerais souvent de mon cas.
D’abord, puisque l’on parle de charges, venons-en au début.
Quand on embauche une personne, il nous faut obligatoirement passer par une visite médicale. Pour un employé, cela revient chaque année à 120 € de frais, dans ces 120 € il y l’adhésion au service qui est habilité a faire cette visite, et la visite en elle-même. Et quand on sait, car ici tout le monde sait ce qu’est cette visite, on se demande pourquoi 120 € l’année, alors qu’en général, ce n’est qu’un petit pot d’urine, on mesure, on pèse, on demande s’il y a des problèmes médicaux et stop la visite est réalisée. 120 € alors que chez un médecin généraliste, cela revient à 23 €. Et ce médecin prendra le temps de prendre la tension, et de faire une visite générale. Mais lui, n’est pas habilité.
Oui au 120 €, mais alors avec tout ce qui va avec une réelle visite médicale. Ce sont les premières charges qu’un patron doit payer, que ce soit un gros ou un petit patron.
Ensuite arrive la question du salaire. Je disais plus haut, que d’être petit commerçant aujourd’hui, face à tous ces supermarchés était devenu difficile, très difficile, de plus aujourd’hui s’ajoute la crise économique et souvent et croyez-moi je sais à ce niveau de quoi je parle, le petit commerçant que je suis, ne prend pas de salaire ou vraiment un minimum et qui est loin d’être au niveau du SMIC. Mais il paie quand même des charges le concernant et pas des moindres vous pouvez me faire confiance.
Ensuite il y a les charges de ses ou son employé.
Alors je suis pour ces charges, car je considère avec force, qu’un patron sans employé n’est pas un patron, et que cet employé ou ses employés font que la petite entreprise vive, prenne de l’essor, l’un ne va pas sans l’autre.
Bien sûr j’adhère pleinement au salaire socialisé qui permet d'avoir une protection sociale (Sécurité Sociale, Retraite, Chômage, etc ..), une protection familiale socialisée entre l'ensemble des salariés, et bien évidemment je suis pour la solidarité
Par contre, c’est la façon dont elles sont récoltées qui est anormale ou même blessante pour celle et celui qui doit payer ces charges.
Comme tout a chacun, il y a des moments où l’on peut et des moments plus difficiles où l’on a du mal à faire face. Et quand on a du mal à faire face, on prévient les caisses concernées. On fait savoir le pourquoi de nos difficultés, et que croyez-vous que nous avons comme réponse, c’est déjà 10 % de majoration sur ce que tu dois payer, avec un courrier éloquent où l'on nous fait passer pour des brigands.
Après on écrit un courrier pour demander de bien vouloir faire l’impasse sur cette majoration ou pénalité, parfois c’est accordé, et parfois cela ne l’est pas. En attendant, il faut payer avec la majoration.
Bien évidemment, je pense que les grands groupes n’ont pas ce problème, il leur suffit de dire : « si je dois payer je licencie » et le tour est joué, enfin c’est ce que je crois et c’est aussi ce que l’on m’a déjà dit. Mais pas de preuve pour l’affirmer.
Et quand les difficultés sont plus graves, c’est l’huissier dont ces caisses font appel et qui dit huissier, dit frais énormes. Alors qui doit payer, et qui cré du chômage ?
J’ai fait un choix, ce choix de devenir indépendant, mon propre patron et aussi un petit patron, alors vous allez peut être me dire que je dois assumer, et vous aurez raison, néanmoins, je ne me suis pas installé uniquement pour payer et que payer. Je me suis aussi installé pour vivre et croyez-moi quand je dis vivre je ne dis pas devenir un de ces riches, cela ne m’a jamais intéressé. VIVRE DÉCEMMENT DANS LA DIGNITÉ.
Franchement si cela été à refaire, je ne referais pas. Je chercherais un emploi ou je resterais au chômage en attendant une proposition.
Dur, difficile de dire cela en tant que communiste et pourtant, il faut le vivre pour le comprendre.
Aujourd’hui, je vis avec la retraite de mon épouse faute de ne pouvoir me faire un salaire, et je garde mon employée pour ne pas créer une chômeuse de plus, mais aussi parce j’en ai besoin, alors vous comprendrez qu’il faut réellement faire la différence entre les petites entreprises et les grandes, qu’il faut faire cette différence entre les grands et les petits patrons, qu’il faut faire la différence entre celles et ceux qui ont des aides et celles et ceux qui n’ont en pas, et celles et ceux qui ont ce poids de pouvoir faire du chantage.
Une petite anecdote pour que les choses soient encore plus claires dans mes propos.
Fin 2011, il m’était impossible de verser les charges concernant mon troisième trimestre, j’ai averti qui de droit donc les URSSAF qui aujourd’hui récolte également les ASSEDIC et je spécifiai que je verserais le tout avec le 4ème trimestre à savoir le 15 janvier 2012.
Je n’ai aucune réponse écrite, j’ai donc considéré que c’était d’accord.
Le 15 janvier comme je l’avais promis je versais les deux trimestres, mais l’URSSAF avait déjà engrangé une procédure avec un huissier chose que j’ai su que vers la fin janvier de la même année, pour 52 € de majoration j’ai eu deux commandements et deux fois 780 € de frais à payer avec le compta bancaire bloqué en plus. Pour 52 € de majoration, j’ai payé 1 540 € de frais.
J’ai beau eu réclamer, faire intervenir le député, rien à fait que je sois remboursé, j’ai payé un point final.
Alors certes, il faut payer les charges, je suis pour les payer, mais s’il vous plaît, les petits commerçants et artisans que nous sommes ne sont pas tous des bandits.
Malheureusement, les petits commerçants et artisans n’osent pas bouger et pour cause, quand ils réalisent les majorations, les pénalités et les procédures chez les huissiers, beaucoup ont peur de payer encore plus.
Personnellement je suis pour bouger, mais seul que faire ?
Nous sommes des patrons à vos yeux !!!!
Pourtant ne dit-on pas que ce sont les petits artisans et les petits commerçants qui céent le plus d’emplois dans notre pays ?